Chevaliers de la Table ronde

  

 

 

 

 

 

 

Les chevaliers de la Table ronde constituent, dans la légende arthurienne, un ordre chevaleresque au service du roi Arthur chargé de mener la quête du Graal, et d'assurer la paix du royaume. Bien qu'étant des personnages légendaires, ils sont parfois confondus avec les Templiers, ordre chevaleresque ayant une réalité historique. Rien, au-delà du fait qu'il s'agisse de deux ordres de chevalerie, ne permet d'assimiler les uns aux autres.

 La mythologie celtique est basée sur une tradition orale, historiquement transmise par les bardes, bardesses. Au Moyen Âge, bien après la disparition des mages et des bardes, un certain nombre de monastères entreprirent de coucher les traditions de leurs régions par écrit. C'est cette source qui a alimenté la matière de Bretagne, elle-même inspirant des romans à des auteurs comme Chrétien de Troyes ou des chansons de geste, plus populaires-

 La Table ronde réside dans les légendes arthuriennes à la cour de Camelot du Roi Arthur. Elle fut dressée après que Merlin l'Enchanteur eut révélé à Arthur la nécessité de créer une assemblée faite des chevaliers les plus preux afin de retrouver le Graal. Elle rappelait qu'ils héritaient de leur place uniquement sur leurs mérites, et qu'ils étaient à ce titre tous égaux. Comme la distance par rapport au roi peut réintroduire une hiérarchie, ce siège est choisi au hasard parmi les derniers. Elle symbolise l'égalité et la fraternité entre les chevaliers. Outre l'intérêt de rassembler les meilleurs chevaliers du royaume, cette table était destinée à recevoir le Graal, quand il aurait été retrouvé.

 Tous les chevaliers appelés à s'asseoir à cette Table ont été vite identifiés, sauf un. Quiconque s'asseyait dans le siège vacant sans avoir été élu était englouti par la terre ; c'est pourquoi cette place s'appelait le Siège Périlleux. Il semble que cet ajout où seul le plus pur d'entre eux peut s'asseoir est un rajout chrétien tardif ; en effet dans la légende celtique ce serait Lancelot qui découvre le Graal, mais d'un point de vue chrétien, sa relation adultère avec Guenièvre, l'épouse du roi Arthur, le rend impur. C'est donc Galahad, qui trouvera le Graal, le rapportera à la Table ronde et s'assiera dans le Siège Périlleux. Ce retour du Graal à la Table ronde marque la fin des Temps Aventureux, la fin de la quête. Les chevaliers de la grande table légendaire devaient fidélité à leur roi et au Saint Graal.

 Il existe une version unique et complète racontant l'histoire des chevaliers de la Table ronde. Bien qu'écrites à des siècles de distance par des auteurs de cultures très diverses, toutes les versions sont regroupées sous le terme générique de "légende arthurienne", à cause de la position prépondérante qu'occupe le personnage du roi Arthur. On y retrouve régulièrement les principaux protagonistes : Arthur, Merlin, Lancelot du Lac, Guenièvre, etc. auxquels s'ajoute l'histoire de nombreux personnages : Gauvain, Mordred, la fée Morgane, Viviane, Tristant et Iseut, etc. La combinaison des caractères et des situations permet à chaque auteur d'exprimer sa sensibilité sur un sujet précis.

 Bien qu'étant liée à une époque pré-chrétienne ou en voie de christianisation, l'histoire des chevaliers de la Table ronde a été revisitée par des auteurs chrétiens, tels que Chrétien de Troyes, qui ont introduit des éléments et des symboles chrétiens inconnus dans les versions les plus anciennes, tel le saint Graal.

 Par exemple, dans une des écritures modernes de cette légende nous trouvons le thème suivant : la Bretagne est corrompue par divers pouvoirs maléfiques, et la quête revient autant à défaire un par un les maléfices auxquels sont soumis les sujets de Bretagne, qu'à trouver le Graal. Une fois le Graal emporté en Palestine, les enchantements et maléfices disparaissent, ainsi que les pouvoirs de Merlin et Excalibur, l'épée du roi, est restituée à la Dame du Lac. D'une certaine manière, le dénouement et les actes trompeurs qu'Uther Pendragon a commis pour engendrer Arthur finissent par avoir une conséquence (amoureux d'une femme, il s'était fait passer pour son mari afin de passer une nuit avec elle, d'où est né Arthur). Ceci, en fait, s'inscrit dans l'idée que la magie dissipée, les enchantements et maléfices disparaissent, et que l'homme se retrouve à devoir assumer la responsabilité de ses actes.

 La lutte du bien et du mal est un thème récurrent. Les rôles sont en général bien définis : les chevaliers de la Table ronde se battent pour le bien et la grandeur du Royaume, les chevaliers qui les combattent sont jaloux ou traîtres. Quelques personnages restent "hors norme" : Merlin, à la fois sage conseiller du roi et fils du Malin qui lui donna le pouvoir de voir le passé ; Dieu le racheta du fait de la pureté des actions de sa mère et lui offrit le pouvoir de voir le futur. Ainsi, Merlin est similaire au mythe de Prométhée et d'Épiméthée, les premiers des hommes. De même, Viviane est à la fois une frêle jeune fille aimant Merlin d'un amour pur et une puissante fée qui, en emprisonnant Merlin, favorisera la chute du royaume. Les récits représentent le Mal comme étant bien plus présent que le Bien (la plupart des preux chevaliers finiront par trouver la mort, y compris Arthur). Plutôt que de l'attaquer directement et par là de choisir son camp, Merlin préfère laisser aux hommes le pouvoir de choisir par eux-mêmes leur destin, de même qu'il se laisse définitivement enfermer, en toute connaissance de cause, par Viviane. La magie, dans le contexte de la quête du Graal, bonne ou mauvaise, altère invariablement le jugement et la perception des hommes.

Liste des chevaliers

Le nombre et les noms varient selon les textes. Pour Robert de Boron, chez qui la Table Ronde est une réplique de la table de la Cène, ils sont cinquante. Dans d'autres versions comme par exemple Le Morte d'Arthur de Thomas Malory, ils sont 150 (« Trois fois cinquante » est une expression que l'on trouve souvent dans les textes gallois ou irlandais, qui signifie « un très grand nombre », voire « incommensurable »). Le livre Les blasons des chevaliers de la Table ronde en donne 170, le livre Les chevaliers de la Table ronde : Histoire d’une société imaginaire en recense 239.

* Le fait d'être un bon chevalier ne s'arrête pas à la puissance et au courage, mais compte aussi la courtoisie, autant pour les combats (laisser l'ennemi se relever, combattre à armes égales, etc.) que pour la galanterie envers les dames de la cour. Le mérite et l'ordre du mérite des chevaliers figure sur les articles de personnages (Gauvain, Lancelot, Lamorak, Bohort).

* Ici, les cousins sont cousins germains (ou directs, ou encore simplement du premier degré). Cependant, il n'est pas certifié que cousin ni même frère ne veuille pas simplement signifier ami très cher. De même pour père, fils, oncle et neveu : des liens affectifs et des adoptions peuvent être la cause de ces appellations.

* Bedivere, Gauvain et Keu sont les plus anciens personnages associés à Arthur. C'est pourquoi certains croient en la véracité de leur existence.

* Bien que plus nombreux au début de la quête, seuls les trois chevaliers Perceval, Bohort et Galaad atteignent le château Corbenic dans lequel se trouve le Saint Graal. Perceval est le premier chevalier mentionné dans la chronologie, mais il est voilé par Galaad, mentionné plus tard comme le seul chevalier ayant pu voir l'intérieur du calice, honneur qu'il paie de sa vie. Perceval est connu dans la quête pour ne pas avoir posé la question sur le Graal qui aurait sauvé les vies de Pellès, le roi pêcheur, et d'un autre roi, tout deux gardiens de la fameuse coupe.

* On serait peut-être tenté de faire l'amalgame entre la Table Ronde et ses chevaliers et l'Anneau des Nibelungen et ses protagonistes, dont Siegfried, mais il n'en est rien. Bien que les deux mythes datent du Moyen Âge, Siegfried est un personnage profondément ancré dans la mythologie germanique, alors que les Chevaliers de la Table Ronde sont d'origine celtique, voire bretonne, britannique et française.

Rôles des personnages centraux

 * Merlin est l'enchanteur de la légende. Il crée et donne la Table ronde à Uther. Il donne l'apparence d'autrui à plusieurs personnages : celle de Gorlois à Uther afin qu'il puisse séduire Ygraine, celle de Guenièvre à Ellan afin qu'elle puisse séduire Lancelot. Il emmène Arthur enfant et le confie à Antor. Il donne le pouvoir de retirer l'épée Excalibur de son socle à Arthur et en fait le roi de la Table ronde.

* Uther est avant tout le père d'Arthur. Il le conçoit avec Ygraine après avoir pris l'apparence de Gorlois grâce à l'enchantement de Merlin, en lui promettant de lui donner son enfant (qui sera Arthur).

* Ygraine est mère de Viviane , Élaine, Morgane  et Morgauseavec son mari, le duc de Cornouailles, Gorlois de Tintagel, et involontairement la mère d’Arthur  avec Uther Pendragon (sous l’enchantement de Merlin).

* Viviane a des relations avec Merlin, dont elle serait même la maîtresse, qui lui enseigne la magie. On l’appelle "fée Viviane" ou "la Dame du Lac". Elle transmet son savoir à Morgane et emporte Lancelot du Lac avec elle au plus profond du vaste lac lorsqu’il est encore bébé, à la mort du père de Lancelot, Ban de Bénoïc.

* Morgause est la mère de Mordred avec Arthur. C'est la femme de Lot d’Orcanie et la mère de Gauvain, Gareth (Gaheriet), Gaheris (Guerrehet), Agravain et de Mordred avec Arthur, envoyée par Morgane. Elle élève Mordred dans la haine de son père, le roi Arthur.

* Morgane devient fée après sa grande sœur Viviane. La fée Morgane est souvent considérée comme une fée maléfique, au contraire de son rôle dans le roman Les Brumes d’Avalon de Marion Zimmer Bradley. Elle est la maîtresse d’Accolon et ennemie de son demi-frère Arthur. Elle aurait d’abord été avec son demi-frère Arthur puis son ennemie. Elle fait se battre Accolon avec Arthur. Elle fait une copie d’Excalibur qui appartient à Arthur, donne l’original à Accolon et la copie à Arthur, mais c’est Accolon qui est tué. Avec le roi Urien, elle a Yvain. Si c’est elle qui est la mère de Mordred avec son demi-frère Arthur, Yvain est le demi-frère aîné de Mordred.

* La reine Élaine est l'épouse du roi Ban de Bénoïc, mère de Lancelot, grand-mère de Galahad, sœur d'Evaine qui est la femme du frère de son mari.

 Arbres généalogiques

 De même qu'aucun texte n'évoque la totalité des chevaliers cités ci-dessus, aucun récit ne donne une généalogie complète des protagonistes des légendes arthuriennes. Il s'agit donc d'une construction moderne à partir de différents documents. Cet ensemble d'arbres généalogiques ne s'est inspiré d'aucun autre arbre. Il est incomplet et ne respecte que les légendes les plus connues ; c'est pourquoi il faut le prendre avec précaution. Ces arbres sont le fruit de légendes, pas de documents historiques, même si certains de ces personnages ont des bases historiques. Les liens familiaux ont été pris au premier degré pour père, fils, frère, cousin, oncle et neveu, mais il se peut que ces appellations soient tout simplement dues à des attachement affectifs ainsi qu'à des adoptions, des liens de cœur.

Commentaires (2)

1. Solène 03/03/2011

Au moyen Age, les chevaliers sont des nobles seigneurs qui combattent à cheval.
Pour devenir chevalier, il faut être fils de chevalier, un petit paysan ne le sera jamais.

2. Solène 03/03/2011

Au moyen Age, les chevaliers sont des nobles seigneurs qui combattent à cheval.
Pour devenir chevalier, il faut être fils de chevalier, un petit paysan ne le sera jamais.

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