Le commerce de la laine anglaise

 

 

Un commerce national et international basé sur une économie agraire se développe, la laine anglaise devient le poumon économique du pays : l'Angleterre à cette époque est quasi-totalement agricole, les quelques villes qui existent et produisent quelques denrées vivent surtout de l'agriculture. L'Angleterre se suffit également à elle-même pour la majeure partie des produits, toutefois il existe un commerce national où s'échangent les "spécialités" régionales et un commerce international.
Les travaux dans les champs et les ateliers sont réalisés sous la forme de corvées : le serf travail pour son maître en échange d'une protection. A cette époque, les seigneurs locaux possèdent des terres et des ateliers pour réaliser les outils dont ils ont besoin. C'est toujours une économie de subsistance ou d'autoconsommation, la majeure partie des fabrications n'a pas encore un but lucratif.
Au niveau international, le commerce est basé, pour la période avant Guillaume Le Conquérant, sur l'échange de graines avec les pays scandinaves (restes des invasions vikings) contre du poisson et du bois de construction et, pour la période après Guillaume Le Conquérant, l'Angleterre se tourne vers la France et les Low-Countries (Benelux actuel) : elle vend surtout de la laine (la qualité de laine britannique permet aux les anglais de faire monter les prix).
Il faut noter que le savoir-faire de l'Angleterre reste agraire. Autrement dit, les marchands vendent des matières premières et pas encore des produits manufacturiers : le processus de transformation de la laine en vêtements est réalisé par les industries flamandes dont Guillaume tente de faire venir des tisserands en Bretagne.

Les villes se transforment en places marchandes s'extrayant du féodalisme et créent les bases d'une économie de marché en Angleterre, une nouvelle classe sociale est née celle du marchand : le féodalisme ne permet pas aux vendeurs/acheteurs de commercer librement, pour cela il faut des zones "libres" que deviennent les villes. Celles-ci cherchent à s'émanciper du régime féodale et c'est avec l'accord du roi qu'elles y arrivent (le roi a tout à y gagner car il prélève des taxes sur les échanges). Les rois anglais émettent ainsi des "Charters of Freedom" (Chartres de liberté) qu'ils vendent aux villes très chères, en contre-partie les villes ne sont plus sous l'autorité des seigneurs féodaux, peuvent lever leurs propres impôts/taxes et s'auto-contrôler grâce aux assemblées de marchands. Les villes peuvent donc développer leur économie et leur social quasi librement : une nouvelle classe sociale, celle des marchands (la middle-class), est née.

La création de Guilds et de Craft Guilds apparaît aussi. Il s'agit de groupes d'artisans et de commerçants d'une même activité qui se réunissent pour mieux défendre leurs intérêts, aujourd'hui on pourrait comparer ça au Lobby et Trade Unions. Leur pouvoir croit avec le temps et ils prennent une part très importante dans la vie économique du pays.

Les gouvernements s'organisent face aux changement économiques, la chambre des communes est née : au XII° siècle, plus de la moitié des revenus du roi provient de ses terres, un tiers des impôts sur ses vassaux et seulement un septième des taxes. En 1300, la moitié provient des taxes, un tiers des terres royales et seulement un dixième des impôts sur les vassaux.

Les gouvernements ont compris que la richesse ne vient plus des terres et du système féodal mais essentiellement du commerce et des zones marchandes (villes). C'est pour cette raison que la chambre des communes (House of Commons) voit le jour en 1275-

 

 

Palais de Westminster

 . A l'origine, la Chambre des communes avait nettement moins de pouvoir que la Chambre des lords, contrairement à aujourd'hui.  Le nom officiel complet de la Chambre des communes est les honorables communes du Royaume-Uni de Grande Bretagne et d’Irlande du Nord réunies au sein du Parlement. Les deux chambres se réunissent au palais de Westminster, bien qu'elles aient le droit de se réunir ailleurs à la condition que le sceptre royal soit présent.

.Les plus vieux ancêtres de la Chambre des communes furent probablement les conseillers royaux : ce « conseil royal » qui se réunissait régulièrement comprenait des membres du clergé, des nobles et des représentants des différents comtés (appelés « chevaliers des comtés »). Le principal rôle de ce conseil était d'approuver les nouvelles taxes proposées par la Couronne. Toutefois, dans la plupart des cas, le conseil exigeait la satisfaction des doléances du peuple avant de procéder au vote sur les taxes. C'est ainsi que les premiers pouvoirs législatifs virent le jour.

C'est en 1295, dans ce qui fut plus tard appelé le Parlement modèle, que des membres du clergé et de l'aristocratie ainsi que des représentants des divers comtés traditionnels d'Angleterre furent rassemblés par le roi Edward Ier pour la première fois. Sa forme fut le modèle du futur parlement anglais, d’où son nom. Le roi avait simplement besoin de susciter l’adhésion des citoyens du royaume à l'augmentation les taxes pour ses nombreuses guerres, et le parlement modèle ne participa jamais à la création d'aucune loi. D'abord unicaméral, ce parlement fut divisé en deux Chambres au cours du règne d'Edouard III : les chevaliers et les bourgeois formèrent la Chambre des communes ; le clergé et les nobles la Chambre des Lords.

 


 

Bien qu'ils restassent subordonnés à la fois à la Couronne et aux Lords, les parlementaires de la Chambre des communes se mirent à agir avec de plus en plus d'insubordination. Au cours de la session parlementaire du 28 avril au 10 juillet 1376 (appelée Good Parliament, le Bon Parlement), le Speaker de la Chambre des communes, Sir Peter de la Mare se plaignit de taxes trop lourdes, exigea une plus grande lisibilité des dépenses royales et remit en cause la gestion des dépenses militaires du roi. Les parlementaires de la Chambre des communes ont même œuvré dans l'objectif de destituer certains des ministres proposés par le Roi (procédure d'impeachment). Ce Speaker un peu trop audacieux fut emprisonné ; il fut toutefois relâché à la mort d'Edouard III

. Au cours du règne du monarque suivant, Richard II, les parlementaires de la Chambre des communes recommencèrent à essayer de destituer certains ministres. Ils insistèrent pour ne plus contrôler seulement les taux d'imposition mais aussi les dépenses publiques. Bien qu'elle eût progressivement gagné en pouvoir et en autorité, la Chambre des communes restait moins puissante que la Chambre des Lords ou que la Couronne. De plus, la Couronne acquit un pouvoir supplémentaire après les guerres civiles de la fin du XVe siècle qui mirent fin au pouvoir des nobles.

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