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| histoire |
Course de chars
* 13 janvier 532. Émeute à Constantinople après l’annulation des courses du jour à l’hippodrome. Les supporters des deux écuries traditionnellement rivales (Verts et Bleus) manifestèrent en effet unanimement leur hostilité envers l’empereur Justinien dès son arrivée en tribune ! Ce mouvement d’humeur était en fait téléguidé par des raisons politiques. Les supporters mirent la ville à sac pendant cinq jours tandis que l’empereur préparait sa fuite… Justinien renonça finalement à fuir et ordonna le massacre des mécontents ; 40 000 morts, dont plus de 35000 hommes et plusieurs centaines de femmes. Cette tragédie est connue sous le nom « d’épisode de Nika » en raison du cri « Nika ! Nika ! » (« Gagne ! gagne ! ») que scandaient les supporters de courses de chars. La faction des Verts est anéantie, mais se reforme bien vite…
Football (soule)
* 1066. Guillaume le Conquérant prend pied en Angleterre. Introduction probable de la soule française (sans doute normando-picarde) outre-Manche.
* 1147. Première mention écrite de la soule en France. Le jeu oppose deux équipes qui se disputent un ballon qu’il faut déposer dans un but. C’était certes viril, très viril même, mais tous les coups n’étaient pas permis, comme on le croit trop souvent. La soule, qui passe aujourd’hui pour brouillonne et violente, était en fait très codifiée et pas si barbare que les fameuses « lettres de rémission » le laissent entendre. Les cas évoqués par ces sources sont tous, par définition, des affaires judiciaires, avec leurs cohortes de blessés et même de morts donnant, à tort, l’image d’une mêlée ultra violente. Comme le signalent ainsi nombre de plaignants, « ce n’est comme cela qu’on pratique la Soule ».
* 1174. Publication en Angleterre de La Vie de saint Thomas Becket de William Fitzstephen qui mentionne la pratique courante des jeux de ballons outre-Manche (soule / football).
Gladiature
* 439. Derniers combats de gladiateurs à Rome, soit deux siècles après les premiers interdits de l’empereur Constantin.
Joutes nautiques
* 426. L’empereur romain d’Orient Théodose II fait incendier les installations d’Olympie. Byzance, la « Nouvelle Rome », n’abandonne toutefois pas les courses de chars qui suscitent toujours une ferveur très romaine. En Occident, en revanche, les courses de chars meurent lentement.
* 469. La chrétienté d’occident rejette tous les sports, mais Sidoine Apollinaire, futur évêque de Clermont, concède un penchant pour la pratique des jeux de ballons.
* 802. Le Capitulare missorum generale carolingien interdit aux clercs la pratique des « jeux vains », c’est-à-dire le sport. Depuis l’Antiquité, la pratique sportive populaire n’a pas disparu, et malgré l’interdit religieux, les clercs eux-mêmes pratiquaient ses activités.
Sport précolombien
* 600-950. Apogée de la civilisation Maya ; jeux sacrificiels dans l’arène. L’archéologie a révélé un nombre important d’aires de jeu. Au moins deux jeux de balle existaient et on s’interroge sur le sort des joueurs après les matches ; certains étaient-ils sacrifiés ?
Sumo
* 642. Début du premier règne de l’impératrice japonaise Kōgyoku (642-645). Cette dernière assiste à un combat de sumo.
* 724. au Début du règne de l’empereur japonais Shōmu (724-749) marqué par la multiplication des tournois de sumo. Le grand tournoi annuel est le Sechie (?) qui se tient le ? . Il réunit les meilleurs combattants du pays.
Tournoi
* 842. Première mention de tournoi. Cet authentique art martial consiste à livrer une véritable bataille, mais « sans haine ». Les combats se pratiquaient à armes réelles provoquant de très nombreux accidents mortels. Préparation militaire très efficace, ces Conflictus Gallici auraient pris naissance en Gaule durant l’Antiquité tardive pour s’exporter ensuite avec succès… Nombre de chevaliers sont adoubés à l’issue de tournois. La violence « sans haine » des tournois est souvent plus importante qu’à la guerre où le but du jeu est plutôt de faire des prisonniers afin d’obtenir des rançons.
* Mars 1000. À l’occasion de la Pâques, un grand tournoi rassemble la fine fleur de la chevalerie champenoise à Troyes. Nombreux morts et blessés.
* 1130. Au concile de Clermont, le pape Innocent II interdit énergiquement la pratique du tournoi. La chevalerie française ne tient aucun compte de cette interdiction …
* 1179. Au concile de Latran, le pape Alexandre III condamne la pratique du tournoi. Malgré la multiplication de ces interdits, le tournoi reste l’activité la plus prisée par les chevaliers qui peuvent y montrer leur force et leur endurance. La chevalerie française, qui truste les victoires en tournoi comme sur les champs de bataille ne conçoit pas de mettre un terme à cet « art de vivre ».
* 19 août 1186. Le duc de Bretagne Geoffroy II Plantagenêt trouve la mort dans un tournoi à Paris.
Course de chars
* 12 avril 1204. Lors de la quatrième croisade, Constantinople tombe aux mains des Latins ; c’est la fin des courses de chars… Les Latins pillent la ville et Venise fait notamment main basse sur le fameux quadrige de bronze doré de l’hippodrome de Constantinople qui orne depuis la place Saint-Marc. Ces courses étaient en déclin depuis un demi-siècle à Constantinople. L’Hippodrome, mal entretenu, est même partiellement détruit dans un grand incendie.
* 1261. Constantinople est reprise par les Grecs, mais l’Hippodrome, à moitié détruit, ne permet pas la reprise des courses de chars. La fin des fastueux programmes sportifs et la mise sous siège incessante de la ville jusqu’à la prise par les Turcs donnent aux Byzantins, désormais « peuple sans divertissements », une humeur austère et une tristesse profonde.
Jeu de paume
* 1292. 13 artisans spécialisés dans la confection des balles de jeu de paume sont recensés à Paris qui compte environ 200 000 habitants ! Ce nombre important (8 libraires seulement à Paris) de paumiers implique à l’évidence une pratique importante du jeu. Le Livre de Taille de 1292 nous signale également 7 escrimeurs (maître d’armes) et 1 billardier (fabricant de billards). La paume se pratiquait en individuel (1 contre 1) ou en double (2 contre 2), mais aussi à 3 contre 3 ou 4 contre 4. La façon de compter les points (15, 30, 40 et jeu) est toujours utilisé au tennis. L’origine de cette forme de comptage n’est pas clairement établie. Le port d’un gant de cuir afin de protéger la main qui frappe la balle se généralise en cette fin du XIIIe siècle. La paume se pratique à l’origine en plein air, mais dès le XIVe siècle les terrains de jeu sont couverts d’un toit donnant naissance aux salles de Jeu de paume, aussi appelés « tripots ».
Joutes nautiques
* 1270. À Aigues-Mortes, en attendant l’embarquement pour la Terre Sainte, les Croisés s’affrontent en tournoi de joutes nautiques sur des barques légères.
Omnisports
* 1229-1231. Grève à l’Université de Paris des étudiants et des professeurs dont beaucoup rejoignent l’Angleterre. À l’occasion du Carnaval, une activité sportive est très brutalement interrompue par les prévôts du Roi… Le cas n’est pas isolé ; il se reproduit en 1253…
* Juin 1260. Jean de Chatillon, comte de Blois, accorde à la paroisse de Chouzy le droit d’organiser un match de soule à l’occasion de la Pentecôte. Ce texte de 1260 reste en usage pendant plus de cinq siècles. À l’image de Chouzy, les paroisses de France obtiennent de leurs seigneurs des jours dédiés aux jeux sportifs, tandis que dans les villes franches, ce sont les édiles qui organisent les jeux. Ces matches constituent une forme de calendrier « officiel », tandis que les parties disputées à la fin de la journée de travail (ou parfois pendant celles-ci…) sont considérées comme des entraînements ou des matches « officieux ». Certaines parties « officielles » drainent des joueurs ou des équipes parfois géographiquement très éloignées ; dans ces cas, les frais de déplacement et d’hébergement sont parfois pris en charge par les organisateurs. La soule, mais aussi la paume ou les barres, la crosse ou les quilles sont ici concernés par cette organisation. Ainsi, pendant plus de quatre siècles, le sport connaît en France une explosion sans équivalent dans son histoire malgré les interdits religieux et royaux, sans grands effets, qui perdurent. Ces derniers sont toutefois bien moins virulents qu’outre-Manche…
Tournoi
* 1219 : Décès de Guillaume le Maréchal, célèbre chevalier qui excellait en Tournoi.
* 1240. Soixante morts lors d’un tournoi à Neuss.
* Juin 1245. Le concile de Lyon condamne la pratique du tournoi.
* 1260. Le roi de France Saint Louis interdit la pratique du tournoi.
Aviron (sport)
* 1315. Première trace de régates d’aviron. La course a lieu à Venise.
Football (soule)
* 13 avril 1314. Le maire de Londres proclame l’interdiction de la pratique du football (soule) « en raison des grands désordres causés dans la Cité ».
* 1331. Le roi d’Angleterre Édouard III interdit la pratique du football (soule) et recommande à ses sujets la pratique exclusive du tir à l’arc.
* 12 juin 1365. Ordonnance du roi d’Angleterre Édouard III qui interdit la pratique du football (soule)… sans grands effets!
Jeu de paume
* 5 juin 1316. Décès du roi de France Louis X après une partie de jeu de paume : il a pris froid après un match.
* 1392. On dénombre huit salles de jeu de paume à Paris. Le nombre d'espaces de jeu en plein air est considérable, car chaque mètre carré de rue peut-être colonisé par les joueurs…
* 22 janvier 1397. Ordonnance du prévôt de Paris qui rappelle l’interdiction de la pratique du jeu de paume notamment. Les joueurs ne tiennent évidemment aucun compte de cet interdit…
* 22 juin 1397. Le prévot de Paris interdit la pratique du jeu de paume tous les jours, sauf le dimanche « parce que plusieurs gens de métier et autres du petit peuple quittaient leur ouvrage et leur famille pendant les jours ouvrables, ce qui était fort préjudiciable pour le bon ordre public ». Encore une fois, les joueurs ne tiennent aucun compte de cet interdit et des parties ont lieu tous les jours, au grand désespoir des autorités municipales…
Jeu de quilles
* 1317. Première mention en France du jeu de quilles.
Joute équestre
* Mai 1389. Le roi de France Charles VI se distingue lors d’une joute équestre. Froissart, qui nous rapporte ce fait, est peut-être complaisant ; Charles VI n’en n’est pas moins un authentique passionné et un jouteur plutôt solide. Il transmet le virus à sa descendance. La joute équestre est une version individuelle du tournoi mettant face à face les chevaliers qui se chargent. Ce nouveau sport à la mode nécessite bien des adaptations, tant au niveau des armures qu’au niveau des lances, bien plus courtes que celles utilisées à la guerre. Apparition d’une barrière, la lice, le long de laquelle galopent les chevaliers en sens inverses, dont l’usage se généralise seulement au XVe siècle.
* Mai 1390. Joutes équestres à Saint-Inglevert qui durent tout le mois.
Joutes nautiques
* 10 avril 1349. Tournoi de joutes nautiques à Marseille.
Hurling
* 1366. Ordonnance municipale de Kilkenny interdisant la pratique du Hurling (forme du jeu français de la crosse).
Lutte
* 1337. Bertrand Du Guesclin (1320-1380), alors âgé de 17 ans, gagne un tournoi de lutte bretonne (Gouren). Le futur connétable de France remporte plus tard d’autres tournois de lutte bretonne et pratique également la soule.
Omnisports
* 1319. Le roi de France Philippe V interdit la pratique des jeux et recommande à ses sujets celle du tir à l’arc. Il faut en effet pratiquer quasi quotidiennement pour pouvoir bander efficacement les longs arcs militaires de cette époque. Les Français ne tiennent aucun compte de cet interdit royal …
* 1337. Le roi d’Angleterre Édouard III interdit à ses sujets la pratique de tous jeux, ordonnant la pratique intensive du tir à l’arc. Les Anglais ne tiennent aucun compte de cet interdit royal …
* 3 avril 1369. Le roi de France Charles V interdit la pratique des jeux (dés, soule, paume, etc.) sous peine d’amende et recommande la pratique du tir à l’arc. Malgré l'interdit royal, la pratique perdure au grand jour!
* 1378. Naissance de Vittorino de Rambaldoni, pédagogue italien qui passe pour être l’un des pères de l’éducation physique moderne.
Tir à l'arc
* 1369. Ordonnance du roi de France Charles V qui officialise les compétitions de tir à l’arc et à l’arbalète. De telles compétitions sont attestées en France dès le siècle précédent, mais leurs caractéristiques nous sont inconnues.
Tournoi
* 1307-1327. Règne d’Édouard II, roi d’Angleterre, qui promulgue en 20 ans pas moins de 40 interdictions de tournois et de joutes.
* 1394. Se moquant ouvertement des interdits religieux, des chevaliers français s’affrontent en tournoi déguisés en clercs !
Calcio florentin
* Janvier 1491. Première trace d’une partie de Calcio florentin, mais cette version italienne de la soule se pratique depuis au moins plusieurs décennies. Des poèmes évoquent en effet le jeu dès le milieu du XVe siècle.
Cricket
* 1478. Première mention du « criquet » (cricket) en France (Saint-Omer). C’était le nom donné au bâton (wicket) qui servait de but. Ce sport est très pratiqué en France jusqu’au XVIIIe siècle.
Football (soule)
* 1414. Un an avant la fameuse bataille d'Azincourt qui marque le triomphe définitif des archers (Anglais) sur la cavalerie lourde formée dans les tournois (Français), le roi d’Angleterre rappelle l’interdiction de la pratique du football (soule) et ordonne à ses sujets de pratiquer le tir à l’arc.
* 1422. Interdiction par les autorités municipales d’Arras, alors sous occupation anglaise, de la pratique de la soule.
* 1440. Raoul, évêque du Trégor, interdit la pratique de la soule dans son diocèse… Le texte de Raoul précise que ce jeu était pratiqué depuis longtemps en Bretagne.
Golf
* 1457. Première mention du golf en Écosse. C’est un décret royal en interdisant la pratique… Le roi d’Angleterre renouvelle son interdiction du football (soule) mais cite également le golf comme « jeu interdit ».
Jeu de paume
* 1415. Conséquence de la bataille d’Azincourt, le duc d’Orléans est emprisonné pendant deux décennies en Angleterre. À l’occasion de cette captivité à Winfield dans le Norfolk, le duc introduit le jeu de Paume en Angleterre qu’il pratique quasi quotidiennement. Quatre siècles plus tard, le descendant du chatelain de Winfield, Walter Clopton Winfield, invente le tennis…
* 1427. Sensation à Paris alors sous occupation anglaise : une femme nommée Margot la Hennuyère se distingue en battant les meilleurs spécialistes parisiens du jeu de paume ! Elle s’incline toutefois face aux joueurs les plus physiques.
* 1459. Première mention d’une salle de jeu de paume à Londres.
* 1485. Concile de Sens qui rappelle l’interdiction de la pratique du jeu de paume pour les religieux. C'est loin d'être le premier texte du genre car les ecclésiastiques pratiquent assidûment le jeu de paume, parfois même dans des églises qui ne sont pas encore équipée de chaises et offre une superbe surface de jeu en cas d'intempéries ! La hiérarchie religieuse voit évidemment d'un très mauvais œil ces pratiques mais apparait incapable d'y mettre fin.
Omnisports
* 1477. Le roi d’Angleterre Édouard IV rappelle que la loi anglaise proscrit la pratique des « jeux interdits » comme le football (soule) ou les dés, ajoutant que la pratique du tir à l’arc était pour toute personne robuste un devoir national.
Pas d'armes
* 1440-1468. Age d’or du pas d’armes, forme épurée du tournoi. Ce jeu martial consiste pour un chevalier ou un groupe de chevaliers à tenir une position face à des assaillants en surnombre. On pouvait ainsi assister à des confrontation à 1 contre 10, voir bien plus. Certaines parties auraient même mis aux prises un chevalier face à une centaine d’assaillants !
Pêche sportive
* 1425. Dans un article intitulé « Traité de pêche », Dame Julyana Berner, prieure du couvent de Bénédictines de Sopwell (Angleterre) rédige les bases d'une pêche sportive réservée aux nobles et aux gentilshommes.
* 1496. Imprimé (et non recopié à la main) pour la première fois, le « Book of St Alban » traite des « grands arts » de l'époque réservés à la classe dominante (chasse et héraldique), et intègre le traité de Dame Berner sur la pêche sportive.
Tournoi
* 1468. Charles le Téméraire est contraint de menacer de mort les participants d’un tournoi pour qu’ils cessent la partie donnée en l’honneur de son mariage… Les amateurs de tournois, activité ultra-violente qui cadre mal avec l’air du temps, devront désormais se contenter des joutes.
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