carte des territoires de la dynastie Sui
La dynastie Sui succède aux dynasties du Nord et du Sud et précède la dynastie Tang, en Chine. La dynastie Sui est une dynastie pivot dans l'histoire de la Chine dans la mesure où elle met fin à quatre siècles de division, et impose par ses réformes et ses grands travaux une unité qui sera à partir d'elle vue comme naturelle.
La dynastie Sui est fondée par Yang Jian, le puissant général semi-barbare des Zhou du Nord. Devenant dès lors l'empereur Wendi des Sui, il soumet la Chine du sud, puis impose comme capitale Daxing ( plus tard renommée Chang'an, actuelle Xi'an). En dépit de sa faible durée de vie, cette dynastie se caractérise par l'importante réunification du Nord et du Sud, par les immenses tâches de construction du Grand Canal et de reconstruction-expansion de la Grande Muraille de Chine. Les empereurs Wendi et Yangdi formulent de nombreuses et importantes réformes : le système de répartition égale des terres agricoles, dans le but de réduire le fossé riches/pauvres et aboutissant à l'augmentation de la production agricole; le pouvoir de gouvernance est centralisé et le système des Trois départements et six ministères est officiellement institué; les pièces de monnaie sont standardisées pour tout l'Empire ; la défense des marges est améliorée, et la Grande Muraille est étendue. Le Bouddhisme se diffuse avec le soutien du gouvernement; cette facilité nouvelle des échanges et cette diffusion d'une religion et d'usages communs est un pas majeur dans le travail artificiel d'unification de la multitude de peuples et de cultures alors présents en Chine.
Cette dynastie fut souvent comparée à la dynastie Qin du fait de leurs brèves durées de vie, de leur sévérité excessive, et de leurs accomplissements décisifs. Les premières insurrections furent considérées comme étant la conséquence des demandes tyranniques du gouvernement envers son peuple, qui porta le poids d'énormes taxes et travaux obligatoires. Les ressources humaines furent surexploitées par les excès Sui, notamment dans leur impétueux engagement dans de gigantesques travaux tels que le Grand Canal -un monumental exploit d'ingénierie- et dans d'autres projets de construction (reconstruction de la Grande Muraille et plusieurs palais gigantesques). Affaiblie et discréditée par les coûteuses et désastreuses campagnes militaires contre Goguryeo du début du viie siècle, ayant épuisé le peuple, répandu l'insatisfaction, et entraîné la mort de tant de paysans conscrits, la dynastie s'effondre finalement dans une combinaison de révoltes populaires, de trahisons, et d'assassinats (~611-618).
Wendi et la fondation de la dynastie Sui
Lorsque le puissant général Yang Jian des Zhou du Nord défait le déclinant Royaume des Qi du Nord en 577, la Chine du Nord se trouve dans un moment clef d'avantage militaire face à la Chine du Sud. Les dynasties du Sud, alors humainement moins puissantes que la Chine du Nord (Henan, Hebei, etc.), avaient perdu tout espoir de réunifier la Chine sous leur nom, tandis qu'une large conquête du Sud par le Nord ne fut annulée que du fait d'une guerre civile au Nord (523-5342).
La dynastie Sui se dessine lorsque la fille du puissant Yang Jian devient impératrice douairière des Zhou du Nord, avec son beau-fils occupant le trône. Après avoir écrasé une insurrection militaire dans les provinces orientales, le premier ministre des Zhou, Yang Jian, dépose l'empereur-enfant et s'intronise empereur Wendi des Sui. Lors de la purge associée, Wendi fait exécuter pas moins de 59 princes de la maison royale des Zhou tandis qu'il parvient, par ses vertus confucianistes, à être finalement nommé, à titre posthume, « l'Empereur cultivé » ( wéndi, son nom de temple) (581 - 604 AD). À contrepied de certaines volontés de l'élite pro-Xianbei du Nord-Est, il abolit les dernières politiques anti-Han des Zhou, et réimpose la domination de son nom de famille chinois « Yang » dans un effort clair de sinisation de son gouvernement. Gagnant par de telles mesures le soutien de l'élite confucianiste ayant soutenu et fait vivre les précédentes dynasties chinoises et abandonnant le népotisme et la corruption systématique du Système des neuf-rangs, Wendi est à l'origine d'une série de réformes radicales dans le but de renforcer son empire afin de faciliter la réunification prévue.
Pour sa campagne militaire face l'Empire Chen (Sud de la Chine), Wendi rassemble des milliers de navires afin de vaincre les forces navales de la dynastie Chen sur le Yangtze4. Dans cette campagne, il emploie comme par le passé les efficaces soldats et cavaliers Xianbei ainsi que des soldats d'origine plus chinoise, mais aussi des populations du Sichuan qu'il vient de soumettre.
En 588, Sui Wendi amasse 518 000 soldats5 le long des berges Nord du Yangtze, du Sichuan à l'océan Pacifique6, tandis que des agitateurs sont envoyés dans l'« empire » chinois des Chen, faisant de l'empereur des Chen un débauché luxurieux afin d'affaiblir la fidélité des militaires et du peuple. Aussi, le Royaume Chen est déjà en train de s'émietter et ne peut résister à l'assaut Sui. En 589, les troupes Sui entrent à Jiankang (actuelle Nankin) tandis que Chen Shubao ( Chén Shúbǎo, ou Empereur Hòuzhǔ des Chén), le dernier empereur Chen, se rend. La cité est rasée tandis que les troupes Sui escortent la noblesse Chen vers le nord, où les nobles aristocrates du Nord s'émerveillent fascinés par les subtilités intellectuelles et artistiques du Sud plus purement chinois.
Aussi, bien que Wendi soit fameux pour la vampirisation systématique et totale du budget de l'État par ses guerres et grands travaux, son règne accumule les victoires et les améliorations infrastructurelles majeures. Il s'emploie par exemple à une construction systématique de greniers à grain afin de stocker les surplus du moment, d'éviter le pourrissement ou le gaspillage des grains, et de réguler les prix du marché , tout comme l'avait fait plus tôt la dynastie Han.
Flânerie sur le printemps, par Zhan Ziqian, période Sui.
Le bouddhisme était déjà populaire durant les Six Dynasties (au Sud) avant l'arrivée des Sui, s'étant répandu de Kushan (Afghanistan) vers la Chine dès la fin de la dynastie Han (-220 ; +208). Le Bouddhisme ayant gagné en popularité dans cette période de divisions, remplaçant en certains temps l'autorité gouvernementale, lorsque le pouvoir gouvernemental était faible. Le bouddhisme devient aussi une force d'unification culturelle, qui facilita le passage à la période Sui. À bien des égards, le bouddhisme était responsable de la renaissance culturelle sous la dynastie Sui.
Aussi, l'empereur Wendi et l'impératrice se sont convertis au bouddhisme afin de facilité leur prise de pouvoir sur l'ensemble chinois et notamment sur le domaine de l'ex-Empire Chen. Wendi se présente lui-même comme un roi Cakravartin, un monarque bouddhiste prêt à user de sa force militaire pour défendre la religion bouddhiste, concept en soit très similaire à la notion islamique de djihad.En 601, l'empereur Wendi fait distribuer des reliques de Bouddha à divers temples à travers la Chine, accompagnés d'édits impériaux qui expliquent sa volonté :
"Tout le peuple entouré par les quatre mers peut, sans exception, développer l'éveil [à la croyance bouddhique] et cultiver ensemble un karma favorable Passant ainsi, l'existence présente mènera à d'heureuses vies futures Aussi, la logique divine nous portera chacun et tous vers la merveilleuse illumination".
En fait, cette action était copiée de l'ancien empereur indien Mauryan Ashoka
Yangdi
Fiole en grès d'un pèlerin de la dynastie Sui.
Sui Yangdi monte sur le trône suite à la mort de son père en 604. Il poursuit l'extension de l'Empire, mais, à la différence de son père, il ne recherche plus l'appui de l'aristocratie Sino-Xianbei nomade. Au contraire, il restaure l'éducation confucianiste et le système de sélection des serviteurs civils par le biais d'examen impériaux basés sur le corpus confucianiste. En supportant ces réformes, il gagne le support des élites chinoises du Sud, mais perd les faveurs des puissants nomades du nord. Il lance également de nombreux projets tout aussi monumentaux que coûteux, tel que le décisif Grand Canal de Chine. Combinées avec ses désastreuses invasions en Corée (avec une perte totale d'environs 2 millions d'hommes !), les invasions des tribus nomades turques au nord, sa marche personnelle vers une vie de plus en plus luxueuse et luxurieuse aux dépens de la paysannerie, il perd le soutien du peuple, et est bientôt assassiné par ses propres ministres.
Wendi et Yangdi envoient tous deux des expéditions militaires vers l'actuel Vietnam, souhaitant ainsi suivre les pas de dynastie Han (202 BC - 220 AD) qui avait vaincu et intégré la région Nord-Vietnam à l'empire 600 ans plutôt. Cependant, le Royaume de Champā du Vietnam du Sud s'oppose vigoureusement à l'invasion chinoise (ce qui le fait marcher vers le nord avec l'excuse d'être là pour affronter les Chinois). Cette invasion chinoise est aujourd'hui connue sous le nom de la campagne Linyi-Champa (602-605 AD). Selon Ebrey, Walthall, et Palais :
«La région de Hanoï [que les dynasties Han et les Jin avaient contrôlée] fut facilement reprise des petits gouvernements locaux dès 602, et quelques années plus tard, la dynastie Sui fut poussée plus au Sud. L'armée Sui est alors attaquée par des troupes disposant d'éléphants de guerre provenant du Royaume de Champa (au sud du Vietnam). Les troupes Sui feignent une retraite et creusent des pièges pour se débarrasser des éléphants. L'armée Sui encourage les troupes Champan à attaquer, puis fait usage d'arbalètes contre les éléphants, leur faisant faire demi-tour et piétiner leur propre armée. Bien que les troupes Sui furent victorieuses, de nombreux soldats succombent de maladies, les soldats Sui venant du nord n'ayant pas d'immunité contre les maladies tropicales tel que le paludisme.
Guerres Goguryeo-Sui
Assurément, le principal facteur ayant mené à la chute des Sui est la série de larges campagnes militaires contre la péninsule Coréenne dans le but de soumettre l'État semi-barbare de Goguryeo, l'un des Trois Royaumes de Corée. L'expédition conscrit le plus grand nombre de soldats jamais menés par Sui Yangdi. L'armée était si importante que les sources de l'époque annonçaient qu'il nécessita 30 jours pour que l'ensemble de l'armée quitte son dernier point de ralliement près de Shanhaiguan, juste avant les territoires coréens. Il est fait mention de 3 000 navires de guerres, 1,12 million de fantassins, 50 000 cavaliers, 5 000 pièces d'artillerie, etc., comportant les soldats payés et les conscrits (nourris, logés, devenant soldats en échange d'avantages pour leurs foyers). Il y avait tout pour le soutien logistique (nourriture, réparations, etc.), avec un exorbitant budget afin de fournir les immenses quantités d'équipement et de rations nécessaires aux armées (la plupart n'arrivant jamais à l'avant-garde chinoise, étant interceptées par des troupes très informées de Koguryŏ). L'armée s'étend sur "1000 lis (soit environ 410 km12, traversant rivières et vallées, montagnes et collines."
Dans chacune des quatre campagnes majeures, la marche militaire finit en cuisants échecs. La quasi-totalité des offensives furent défaites par l'extraordinaire Général Eulji Mundeok de Goguryeo, depuis érigé au rang de meilleur stratège de l'histoire de la Corée. Lors d'une expédition composée de 305 000 soldats chinois, seuls 2 700 rentrent en Chine selon le Livre des Tang , puisque nombreux étaient morts de faim et de froid face aux rudes hivers de Mandchourie et de Goguryeo.
Chute des Sui
Finalement, le mécontentement face à l'empereur et les guerres, révoltes populaires, trahisons d'officiers majeurs et assassinats mènent à la chute de la dynastie Sui. Ses accomplissements restent la reconstruction-expansion de la Grande Muraille qui, avec les autres grands projets, étouffent l'économie de l'Empire et mène à la révolte les forces humaines impliquées. Durant les dernières années de la dynastie Sui, les rebellions demandent encore de nouvelles levées d'hommes valides pourtant nécessaires au travail agricole et aux autres besoins locaux des communautés rurales, affaiblissant encore davantage la population rurale et son économie13. Par peur d'être envoyés vers Goguryeo ou face aux troupes rebelles, les hommes valides se briseront volontairement un membre dans le but d'éviter la conscription militaire, bientôt surnommée pratique de la "patte de bonne augure" ou de "pied chanceux." Plus tard, en 642, l'Empereur Taizong des Tang devra émettre un décret annonçant des peines plus sévères dans le but d'éradiquer la pratique des mutilations délibérées.
Empereurs de la dynastie Sui
Le Grand canal de Chine
Egalement connu sous le nom de Grand canal Pékin-Hangzhou ,ce canal est le plus grand canal ancien ou rivière artificielle du monde. Les parties les plus anciennes remontent au ve siècle av. J.-C.
Le Grand Canal à Wuxi
Le projet d'une voie d'eau à travers la Chine fut initié à la fin de la période des Printemps et des Automnes (722-481 av. J.-C.), lorsque Fu Chai, le souverain de l'État de Wu (de nos jours le Suzhou), effectua des voyages de conquête vers les royaumes du Nord. Il ordonna la construction d'un canal, appelé Han Gou, pour les transports militaires. Le canal fut creusé à partir de Yangzhou au Jiangsu, détournant des eaux du Yangzi Jiang (Yang Tse Kiang) vers le Nord.
Le canal fut allongé sous la dynastie Sui (581-618) et plus tard sous la dynastie Yuan (1206-1368), pour devenir connu sous le nom de Grand Canal. En l'année 604, l'empereur Sui Yangdi de la dynastie Sui quitta la ville de Dacheng (actuelle Xi'an), la capitale, et s'installa à Luoyang. En 605, l'empereur donna des ordres pour deux projets de construction : transférer la capitale de Chang'an à Luoyang et réaliser la liaison entre Pékin et Hangzhou par un Grand Canal. Cinq à six années1 furent nécessaires pour réaliser ces liaisons avec le Grand Canal, connectant les cinq rivières suivantes : le Hai He, le Huang He, le Huai He, le Qiantang Jiang et le Yangzi Jiang. Le Grand Canal débute au nord par Pékin et se termine au sud à Hangzhou au Zhejiang, avec une longueur totale de 1 794 km. Il passe notamment dans les villes de Pékin, Tianjin, et traverse les provinces du Hebei, du Shandong, du Jiangsu et du Zhejiang.
Durant les dynasties Yuan, Ming (1368-1644) et Qing (1644-1911), le Grand Canal fut l'artère principale entre le nord et le sud de la Chine, et était essentiel pour l'approvisionnement de Pékin en céréales. Bien que le Grand Canal fût essentiellement dévolu à ce type de transport, il était utilisé pour d'autres usages. Les différentes zones drainées par le canal bénéficiaient de son importance économique. Les archives mentionnent que chaque années plus de huit mille navires transportaient quatre à six millions de dans (deux cent mille à trois cent mille tonnes) de céréales vers Pékin. Le canal permettait également aux dirigeants de la Chine de parcourir régulièrement leur empire vers le Sud. Sous la dynastie Qing, les empereurs Kangxi et Qianlong firent douze voyages vers le Sud, généralement jusqu'au terme de Hangzhou.
Le Grand Canal permit aussi des échanges culturels entre le nord et le sud de la Chine. Le canal fit forte impression aux premiers visiteurs de l'empire. Marco Polo mentionna les ponts avec arches du Grand Canal, ainsi que ses importants entrepôts et le commerce qu'engendrait le canal au xiiie siècle. Le missionnaire catholique romain Matteo Ricci voyagea de Nankin à Pékin par le canal à la fin du xvie siècle.
Vers le milieu du xixe siècle cependant, le développement du transport maritime et l'ouverture des voies de chemin de fer Tianjin-Pukou et Pékin-Hankou réduisirent grandement le rôle du canal comme artère majeure de transport en Chine. D'importantes parties cessèrent d'être entretenues, s'envasant rapidement. Avec l'avènement de la République populaire de Chine en 1949, d'importants travaux de réhabilitation furent engagés sur le Grand Canal pour redonner son importance économique première.
Dimensions
Selon les documents publiés par le père Gandar, la longueur totale du canal est de 3 630 lis, soit environ 1 930 km. Une mesure approximative, ne reprenant que le cours principal du canal, donne une longueur de 850 miles. Après avoir quitté Hangzhou, le canal passe aux environs de la limite orientale du Tai Hu, passe près de la ville de Suzhou et prend une direction générale nord-ouest en direction du district fertile de Jiangsu jusqu'au Jingjiang sur le Yangzi Jiang. En cette partie méridionale, le courant est doux et l'eau relativement profonde (2,1 mètres en cas de basse eaux, 3,4 mètre en eaux hautes, voire 4 mètres en crues). Entre Suzhou et Jingjiang, le canal dépasse régulièrement les trente mètres de largeur, avec des berges empierrées en de nombreux endroits. Le canal est traversé de nombreux ponts de pierre sculptés, et il abrite sur ses berges de nombreux temples et pagodes délicates.
Cours
Cours du grand Canal
La partie centrale du Grand Canal, située entre Jingjiang et Qingjiangpu, section qui croise notamment le cours asséché qu'empruntait avant 1852 le Huang He, le courant est puissant et la remontée vers le Nord est difficile. Cette partie du canal traverse différents lacs et est alimenté par le Huai He issu du lac Xingzuo. Le terrain situé à l'ouest du canal est plus haut que le canal, et la partie situé à l'est plus basse. Les deux étendues sont connues respectivement sous les noms de Shanghe (littéralement « au-dessus de la rivière ») et Xiahe (« en dessous de la rivière »). Des canaux d'irrigation vers Xiahe (une des grandes régions productrice de riz en Chine) permettent d'évacuer le surplus d'eau en période de crues.
La section nord, qui est aussi la plus longue, part de l'ancien cours du Huang He jusque Tianjin. Il emprunte pour grande part le cours de cours d'eau existants. Entre Xingjiangpu et le cours actuel du Fleuve jaune, le canal prend une direction nord-nord-ouest, à proximité des hautes terres du Shandong. En cette région, il passe à travers une série de lagons, qui forment un seul lac en été, le Zhouyang. Au nord de ce lac, sur la rive orientale, se trouve la ville de Ziningzhou. À environ quarante kilomètres au nord de cette ville, le canal atteint son point haut à la ville de Nanwang. La rivière Hen pénètre à cet endroit dans le canal et environ cinquante kilomètres plus au nord, le Huang He est atteint. À l'ouest du canal, au point de jonction avec le Huang He, se trouve un cours à sec qui aurait, selon des cartes du xviiie siècle, été emprunté par le Huang He avant son abandon en 1851-1853.
Le passage du Huang He vers la section nord est difficile et ne peut être effectué qu'à certaines période de l'année où le courant du Huang He est acceptable, et le niveau d'eau ni trop haut ni trop bas pour permettre le passage. Au-delà, le canal passe par une région vallonnée et forestière, à l'ouest de Dongpingzhou et à l'est de Dongchangfu. À Linjingzhou, le canal croise le Wei He au centre de la ville. À partir d'ici, de Qingjiangbu à Linjingzhou, sur une distance de près de cinq cents kilomètres, la navigation est difficile et le canal difficilement alimenté en eau. Les différences de niveau entre les biefs, de sept à dix mètres, sont marquées par des barrages, que les bateaux remontent éventuellement après avoir déchargé leur cargaison. Au-delà de la jonction avec le Wei He, le canal emprunte la rivière et redevient facilement navigable. En pénétrant vers l'ouest dans le Hebei, entre Dezhou et Zangzhou, le canal croise le Hai He à Tianjin, après avoir reçu les eaux de la rivière Geduo aux environs de Qingxian.
La plus ancienne partie du canal est celle située entre le Yangzi Jiang et le Huai He. On pense généralement qu'elle date, d'après un extrait d'un livre de Confucius, de l'année -486. Elle fut réparée et élargie au iiie siècle. Sa partie sud, entre le Yangzi Jiang et Hangzhou, fut construite au début du viie siècle (initialement dénommé Jiang Nan He, ). La partie septentrionale fut construite entre 1280 et 1283. Le canal fut entièrement reconstruit entre 1411 et 1415, au cours de la dynastie Ming, par l'empereur Yongle. La partie nord du canal est maintenant moins utilisée. Elle est de mauvaise facture, négligée et chargée des eaux boueuses du Huang He. Les parties sud et centrale sont davantage utilisées.
Source : Wikipédia
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