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Le terme manuscrit signifie littéralement « écrit à la main » pour une période allant du Vème siècle à la Renaissance, soit environ 1000 ans. Les manuscrits représentent une source exceptionnelle pour la connaissance de ce monde appelé à tort Moyen-Age par les humanistes de la Renaissance.
Le Vème siècle est marqué, dans notre civilisation européenne, par deux phénomènes majeurs : la fin de l’Antiquité (le monde romain) due aux invasions dites « barbares », et la montée en puissance du christianisme qui devient religion d’état par un décret de l’Empereur Justinien 1er. Ces deux phénomènes conjugués vont conduire bientôt à l’avènement d’un nouveau système de pensée et de société. Le médiéviste Jacques Le Goff n’hésite pas à parler d’une nouvelle civilisation.
C’est aussi à ce moment là que l’ancien droit romain est codifié, terme se référant au nouveau type de livre, le « codex » qui se lit en tournant des pages et non plus en déroulant le texte (le rouleau) A noter que de nos jours, le support écrit de la Thor ah juive reste le rouleau en peau de veau. Les « codex » ou manuscrits véhiculent les Ecritures Saintes, l’Histoire, la littérature , le Droit, la philosophie, les sciences.
Les manuscrits vont bientôt servir les missionnaires car le christianisme est la religion de la révélation écrite. Alors que les premiers groupes de missionnaires traversent l’Europe du Nord, prêchant dans les tribus païennes, ils offrent l’alphabétisation et une civilisation fondée en Judée et affinée à Rome. Pendant que l’Europe est ravagée par les invasions barbares durant le Haut Moyen-Age, les moines de Northumbrie et d’Irlande produisent de somptueux manuscrits latins dont les célèbres « Evangéliaire de Lindisfarne », « Evangéliaire de Durham » et le « Livre de Kells ». Les quatre évangiles du Livre de Kells, conservé à la bibliothèque du Trinity Collège de Dublin,
sont créés entre la seconde moitié du VIIIème et le début du IXème par trois mains différentes.. La première mention de son existence est un vol effectué en 1006 dans le monastère de Kells en Irlande.
Ces manuscrits d’une beauté inouïe rappellent le travail d’orfèvrerie où excellaient les artistes d’origine celte. La richesse des pigments, les motifs ornementaux abstraits peuplés d’animaux fantastiques, les entrelacs infinis et les figures évangéliques sont le résultat du mélange entre la religion chrétienne et l’art païen.
Plus tard, vers 800, les manuscrits vont devenir instruments de pouvoir. Charlemagne, à la tête d’un empire qui s’étend de la Baltique au nord de l’Italie crée un grand renouveau culturel à l’image de l’ancien empire romain. Les livres deviennent de précieux trésors et sont élaborés dans les scriptoria monastiques comme Saint Germain des Prés, Saint Denis, Corbie, Reims, et surtout Saint Martin de Tours ou l’Abbé Alcuin d’York met au point l’écriture « caroline ». En Europe : Salzburg, Ratisbonne et Vérone.
Vers 1200, la production des manuscrits sort des monastères pour être relayée par le monde de l’éducation. L’essor des universités françaises (Paris, Montpellier….) ouvre la voie à la création de nombreux ouvrages scientifiques dans les ateliers d’artisans. Toute une chaîne de production s’installe : le parcheminier, le copiste, l’enlumineur, le relieur…

Les premiers romans apparaissent : Les légendes du Roi Arthur, de Roland, le roman de la Rose par Jean de Meung. Ces premiers succès littéraires sont prisés par les aristocrates lettrés et raffinés qui les offrent le plus souvent à leur épouse ou leur maîtresse. C’est le temps de l’Amour Courtois et des « cours d’amour » d’Aliénor d’Aquitaine et sa fille Marie de Champagne.
La communauté religieuse elle, lit des bréviaires, missels, graduels, antiennes, psautiers, qui lui sert de support liturgiques souvent de très grande dimension pour un usage collectif.
Le 14ème siècle voit l’apparition d’un nouveau type de manuscrit appelé « livre d’heures » : les livres d’heures sont des séries de prières et de psaumes à usage personnel qui demandent à être récités aux huit heures canoniques de la journée : Matines, Laudes, Prime, Tierce, Sexte, None, Vêpres et Complies. On trouve aujourd’hui de nombreux livres d’heures dans les bibliothèques et musées européens. Car ces livres étaient en même temps des objets précieux et produits en grande quantité surtout en France, Flandres et Pays Bas ; peu en Allemagne et en Grande Bretagne pays ou le catholicisme était déjà menacé par le mouvement réformateur luthérien. La Bibliothèque de Nantes renferme de très beaux exemplaires dont un magnifique « Livre d’Heure à l’Usage de Nantes » avec 12 calendriers mensuels.
En 1455 Gutenberg imprime à Mayence sa première bible ; les premiers incunables apparaissent. A la Renaissance, fin XVème, un mouvement philosophique, culturel et artistique naît dans le Sud de l’Europe, et plus particulièrement en Italie qui redécouvre les classiques antiques. Ce mouvement remonte peu à peu vers les ateliers gothiques parisiens.

Les manuscrits à peinture sont le reflet de leur époque et nous restituent des formidables témoignages de notre Histoire. Ils se sont éteints avec l’avènement des livres imprimés. La peinture a suivi son chemin sur d’autres supports : le bois, la toile avec une nouvelle technique de peintre à huile. Quand à l’écriture, pour être belle et lisible, elle a dû obéir à des règles géométriques, esthétiques et artistiques précises: la calligraphie.
Sources
La Passion du Livre au Moyen-Age
S. CASSAGNES-BROUQUET. Ed. Ouest-France
1. louloutte ! 14/01/2012
en ce moment je travaille sur le roi arthur mais je ne trouve aucune image ;( c'est très ennuyeux ! merci de me contactez si vous trouver des images du roi arthur au moyen age merci beaucoup
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