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L'Héraldique imaginaire est l'étude des armoiries imaginaires. La citation suivante, de Michel Pastoureau ne peut mieux définir ce que sont ces armoiries imaginaires:
On qualifie ainsi les armoiries attribuées à des personnages de fiction, à des héros littéraires, à des créatures mythologiques, à des personnifications (vices et vertus, par exemple), ou bien à des personnages historiques ayant vécu avant la naissance de l'héraldique mais que l'imagination mediévale (ou moderne) a rétroactivement dotés d'armoiries. Le répertoire en est très étendu puisque les personnes divines elles-mêmes ont fini par en recevoir. […]. En fait, partout en Occident, mais plus encore dans les pays germaniques au XVe et XVIe siècles, tout, absolument tout peut être doté d'armoiries, tant est grande la place qu'occupe l'héraldique dans la vie matériele, culturelle et symbolique-
Ce type de création né avec l'heraldique est toujours actif de nos jours.
Selon l'historien Michel Pastoureau, l'héraldique imaginaire est le terrain d'enquête héraldique le plus riche ouvert depuis la seconde moitié du vingtième siècle-
L'héraldique étant un langage symbolique, elle permet son utilisation pour représenter des êtres ou de concepts antérieurs à sa création. Cette représentation symbolique se fait par le biais d'armes ou armoiries imaginaires mais connues et reconnues par le public cultivé. Le fait que des artistes aient représenté symboliquement des personnages par des armes imaginaires ne signifie pas qu'ils aient cru que ces personnages les ont réellement portées.
Les différents types d'armoiries imaginaires au Moyen Âge
Il existe différents types d'armoiries imaginaires. L'historien Michel Pastoureau en a proposé une catégorisation, en ce qui concerne celle produites pendant le Moyen Âge. Son analyse ne concerne pas les productions postérieures, évoluant avec les idéaux des époques concernées.
* Figures historiques véritables de l'Antiquité et du Haut Moyen Âge : rois de Rome, grandes figures grecques et romaines, papes, empereurs et rois du Haut Moyen Âge. Parmi les armoiries les plus souvent représentées, celles d'Alexandre, de Jules César, de Charlemagne, des Neuf Preux, des royaumes de l'Heptarchie anglo-saxonne.
* Personnages de la mythologie gréco-romaine, en particulier les personnages liées à la Guerre de Troie[6] comme Hector ou Ulysse.
* Personnages des mythologies germaniques et scandinaves : les exemples sont moins nombreux que ceux issus de la mythologie gréco-romaine : Odin, Thor, Siegfried et les héros des Nibelungens
* Personnages véritables ou supposés tels ayant vécu ou vivant hors de la Chrétienté : émirs et sultans, Attila, l'empereur de Chine et les princes de son entourage.
* Personnages bibliques, par exemple, Adam, Abraham, Moïse, Josué, les Rois mages-
* Figures du christianisme : la Sainte Trinité (écu chargé d'un pairle) et les personnes divines, Marie et les apôtres, saints historiques et légendaires, Satan et ses créatures.
* Personnages, royaumes et lieux créés par l'imagination médiévale, par exemple : le Prêtre Jean, les Neuf Preuses, les Meilleurs Trois.
* Héros littéraires : Roland et ses compagnons[14], les figures des romans germaniques[15], Arthur et ses compagnons.
* Personnifications diverses : vices et vertus, personnification allégoriques (comme dans le Roman de la Rose), figures animales à caractère humain (comme dans le Roman de Renart), fleuves, vents et parties du monde.
Un autre domaine où fleurit la création d'armes imaginaires concerne le monde musulman. Fanny Caroff produit une analysed'où il ressort la volonté de discréditer l'adversaire - l'infidèle - par des éléments à connotation péjorative :
«L'emploi et l'association de certaines couleurs, qui peuvent être partagés par toutes les catégories de personnages déconsidérés, permettent également de souligner des différences entre les protagonistes. L'or, le sable (noir) et le gueules (rouge) sont les couleurs les plus employées dans les armoiries imaginaires des musulmans : le sable est généralement l'émail retenu pour les meubles, le gueules pour le champ, tandis que l'or sert aux deux. L'association d'un meuble de sable sur fond or est la plus usitée : viennent ensuite les unions sable/gueules et or/gueules. Ce sont, de façon générale, les trois couleurs qui expriment le plus fréquemment le péjoratif dans les armoiries imaginaires. L'imagier peut aussi transgresser la règle du blason relative à la juxtaposition des émaux et des métaux : l'infraction la plus répandue consiste alors à associer le sable et le gueules. II peut encore utiliser deux émaux semblables distingués seulement par une légère différence de gamme chromatique. Ces combinaisons, impossibles dans les armoiries véritables dont les couleurs sont abstraites et absolues, se rencontrent principalement dans les figures géométriques du XIIIe siècle. Une autre formule consiste à appliquer des couleurs n'appartenant pas aux émaux et métaux du blason : c'est ainsi que le rose et le beige (du blanc cassé au marron) apparaissent dans les sources étudiées. De façon générale, près de la moitié des combinaisons retenues par les imagiers constitue des infractions.»
Ce type d'infraction volontaire dévalorisante se retrouve également dans les armes de Satan (il va de soi que ce type d'effraction ne résulte pas systématiquement de cette démarche, il y a de nombreues autres causes).
La création d'armories imaginaire n'a pas cessé pas avec le Moyen Âge mais la forme et le fond evoluent selon les idéaux des époques concernées.
Galerie héraldique imaginaire
Les armes imaginaires ont été reproduites sur des tapisseries, des sculptures, des enluminures.
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