Histoire de la Wallonie médiévale

 

 

En 57 avant Jésus-Christ, Jules César conquiert la Gaule et en particulier les régions du Nord-Est de celle-ci correspondant à l'actuelle Wallonie (ou Région wallonne). Ces régions sont à certains égards en avance, technologiquement (comme le reste de la Gaule), sur le monde romain. Les terres agricoles sont plus riches en Wallonie. Avant la conquête romaine, il existait déjà des manières rigoureuses de mesurer la terre, notamment en Hesbaye. À titre d'exemple, le musée archéologique d' Arlon a gardé une image de la moissonneuse particulièrement perfectionnée dite des Trévires (trait généralisé à la Gaule plus avancée techniquement que le monde romain en certains domaines). Sur ces terres riches correspondant au territoire wallon vivait une population assez nombreuse. Par contre, le territoire adjacent, correspondant à la Flandre actuelle, était moins fertile, et la population y fut relativement moins nombreuse.

 

L'excroissance latine au N-E de la Gaule

 

Langues régionales en France et Wallonie : on voit se dessiner au nord de la Gaule et de la France actuelle, la Wallonie d'aujourd'hui comme une avancée latine au cœur d'un domaine où dominent flamand, francique, alsacien...

 

 


 

Quand les invasions germaniques de l' Empire romain vont commencer, les tribus à l'est du Rhin rencontreront une population moins nombreuse en Flandre qu'en Wallonie et ils l'assimileront. En Wallonie, c'est le contraire qui se produit: les envahisseurs germaniques seront assimilés. Fernand Braudel donne d'ailleurs cet exemple pour illustrer sa conception de l' événement de longue durée. À ce facteur démographique s'en ajoute un autre : l'Église s'implante d'abord en Wallonie et cette implantatation signifie toujours alors une romanisation. En outre, l'Église, Intéressée par les populations plus nombreuses à évangéliser, renforce la romanisation de la Wallonie et l'étend. Vers la fin du premier millénaire, la frontière entre les parlers germaniques et les territoires romans se stabilise. Elle continuera à évoluer au bénéfice du roman (langue) (des langues régionales wallonnes, du français) jusqu'à aujourd'hui.

L'excroissance latine est donc formée. Si la frontière des parlers germaniques et latins de Dunkerque à Bâle forme un arc de cercle presque parfait, la Wallonie crève la ligne de cet arc de cercle et devient une avancée latine au cœur des pays des langues germaniques. Les Germains parlaient des walhaz pour désigner les gens au-delà de la frontière. L'excroissance "wallonne" (et picarde), au N-E de la gaule (ou de la France actuelle), est parfaitement lisible sur la carte qui iillustre ce paragraphe: le wallon (langue régionale en vert foncé), forme l'enclave de concert avec une part du picard (à l'ouest de son aire) et une parcelle du lorrain (au sud) en vert plus clair.

Les Wallons sont peu à peu nommés aussi en roman après l'avoir été en latin et dans les langues germaniques: le terme désigne une population linguistique, un peuple, un territoire (Pays wallon). Il a vécu longtemps ailleurs qu'en roman toujours pour désigner, dans le monde germanique, les autres, les étrangers, soit latins, soit celtes (dans l'île de Grande-Bretagne - Wales- ou en Roumanie - la Valachie). Étranger (aux yeux d'un Germain), est une signification possible du mot wallon2. Mais à partir du xve siècle le mot s'impose en roman et français et tend à désigner le même peuple que les Wallons d'aujourd'hui, d'où la facilité avec laquelle par exemple les Wallons de Suède se sont désignés sous ce vocable auprès des populations d'une Suède relativement lointaine au XVIIe siècle où ils émigraient pour exporter leur savoir-faire industriel, la deuxième continuité de l'histoire de la Wallonie. Savoir-faire lié à leur connaissance des sciences et des techniques.

 

Le Pays mosan : sciences, techniques, industrie, arts et lettres

L’arrivée de la science arabe supprime le cosmos symbolique du haut Moyen Âge et le remplace par Aristote, Galien et Ptolémée. L’essor des sciences aux xvie et xviie siècles, fait advenir l’héliocentrisme et la physique de Newton. Aux xixe et xxe siècles, c’est la relativité, la mécanique quantique, la génétique. La Wallonie est chaque fois mêlée à ces courants.

L'arrivée de la science arabe
Elle n’est pas brutale. Il y a eu d’abord des infiltrations-Les historiens des sciences distinguent cette première phase résultatnt d’une osmose lente entre monde arabe et européen (xe-xie siècles) avec Gerbert - le futur pape Sylvestre II - et de Constantin l'Africain (+ 1085); une de transmissions intensives (xiie siècle) une dernière vague surtout en Italie. Pendant la première phase (xe et xie siècles), il y a en Wallonie une importante école mathématique avec Liège et Lobbes.


Recherches mathématiques
Ces mathématiciens sont liés à Reims, où enseigne Gerbert : il semble que Notger (972-1008) soit l'auteur d'un commentaire à la grande ‘’Arithmétique’’ de Boèce. Heriger de Lobbes, abbé de Lobbes (avant 950-1007) écrit des règles de calcul de l'abaque. Adelbold, élève de Lobbes et de Liège, évêque d'Utrecht (1010-1027) correspond avec Gerbert sur l'aire du triangle équilatéral et sur le volume de la sphère, et commente un passage arithmétique de la ‘’Consolation philosophique’’ de Boèce.
Puis d’autres sont formés à Chartres par Fulbert. Une célèbre correspondance s’échange (1020-1027) entre Radulphe, professeur de Liège et Ragimbold, de Cologne. Francon écrit La Quadrature du cercle avec Falchalin, écolâtre de Saint-Laurent. Wazon, Adelman et Razechin ont traité de mathématique.
Ces travaux couvrent la Lotharingie: Notger vient de Saint-Gall, Adelbold émigre à Utrecht, Adelman en Allemagne, Radulphe correspond avec Raginbold à Cologne, Francon dédie son ‘’’De quadratura’’’ à Hermann de Cologne qui le contrefait. C'est dans cette texture que vont cheminer de proche en proche les premiers éléments de la science arabe.
L'influence arabe est nulle en géométrie. Les problèmes relatifs au cercle et à la sphère occupent Adelbold, Gerbert et Francon. ‘’Pour démontrer qu'une sphère au diamètre double aura un volume octuple, Adelbold calcule la circonférence = 227 D, puis la surface du cercle = D2 x C2, puis le volume comme égal aux 1121 du cube construit sur le diamètre. Il en ressort pour π la valeur 227 . Francon procède de la même manière pour construire un cercle de diamètre 14 dont la surface, 154, n'est pas un carré.’’ ’ Ce sont des réminiscences des arpenteurs romains, recettes, purement empiriques, pour le mesurage des champs. Euclide est oublié.
En arithmétique, Heriger de Lobbes (vers 950-1008) écrit des ‘’’Règles des nombres sur le calcul de l'abaque’’’’ avec des chiffres romains mais où il se sert indirectement du zéro, invention indienne, transmise par les savants arabes Sur l'abaque d'Heriger les chiffres sont romains, mais chaque groupe de trois colonnes est numéroté en chiffres arabes.


Musique, théologie
Rupert de Deutz 

Rupert de Deutz (autres noms : Rupertus Tuitiensis, Rupert de Tuy, Rupert von Lüttich, Rupert de Liège, Rupert de Saint-Laurent) (ca 1075, Liège, Belgique – 4 mars 1129, Deutz (Cologne), Allemagne) est un théologien liégeois, issu d'une famille thioise et entré dans son adolescence au monastère de Saint-Laurent où il reçut une formation littéraire. Son écrit De voluntate Dei provoqua une grave controverse à Liège et il fut obligé de s'enfuir à Siegbourg. Il y écrivit sa défense dans De omnipotentia Dei (1117). Il devint abbé de Deutz, et il y mourut le 4 mars 1129. Son oeuvre fut connue à Cologne, en Allemagne du Sud et en Autriche, ainsi que dans le Nord de la France et en Wallonie où les très célèbres Fonts baptismaux de Saint-Barthélemy, chef d'oeuvre de l'Art mosan et ceux de Furnaux (dans la Province de Namur) sont inspirés de sa théologie. Il a influencé Honorius Augustodunensis (Honoré d'Autun). Son œuvre a rayonné à Cologne, en Allemagne du Sud et en Autriche, ainsi que dans le Nord de la France et dans la Principauté de Liège où les très célèbres Fonts baptismaux de Saint-Barthélemy, chefs-d’œuvre de l'Art mosan et ceux de Furnaux sont inspirés de sa théologie. Son œuvre a inspiré l'iconographie de l'église de Schwarzrheindorf, près de Bonn, construite par l'archevêque de Cologne, Arnold de Wied.


Astronomie et médecine
En astronomie aussi, la nouveauté se révèle lorsque Radulphe écrit à Ragimbold "Je vous aurais envoyé un astrolabe pour que vous l'examiniez, mais nous avons besoin du nôtre pour en construire une copie. Si vous souhaitez vous en informer, venez à la messe de Saint-Lambert. Car il ne suffit pas de voir simplement un astrolabe". Sa principale utilité est de mesurer la distance angulaires entre deux éléments, par exemple la hauteur des corps célestes. C’est une invention grecque, perfectionnée par les Arabes. C’est par le monastère catalan de Ripoll qu'il pénètre en Occident par Gerbert. Il est à Chartres sous Fulbert, à Fleury sur Loire avec Abbon. L'astrolabe de Liège semble d'origine arabe. Il se trouvait à la messe de Saint-Lambert, peut-être parce qu'il servait à en déterminer l'heure. Il est associé à une réorganisation monastique.
La médecine arabe pénètre par Salerne en Italie du sud, que Wibald de Stavelot, abbé de Stavelot, visite en 1137.
Au xiie siècle, les œuvres arabes arrivent en masse mais la capacité d'absorption et de valorisation de nos régions, comme de toute la Lotharingie, s’essouffle. En France, au contraire, la science s'épanouit après 1200. La Wallonie ne parvient pas à se doter d’une université qui aurait donné une base structurée à ce savoir. Elle rate sa première révolution scientifique alors que Paris, Bologne, Oxford, Naples naissent comme universités.


Rayonnement européen
En cette période de son histoire, grâce aux écoles de Liège, la wallonie a rayonné sur l'Europe -

 

Rayonnement de l’Université de Paris

 


« L’Universitas magistrorum et scholarum est, en somme, la corporation parisienne des gens d’étude. » Siger de Brabant, né vers 1240, maître ès arts entre 1260 et 1265, chanoine de Saint-Paul à Liège, et ses deux collègues, Gossuin de la Chapelle, chanoine de Saint-Martin à Liège, et Bernier de Nivelles, chanoine de Tongres, vont alors à Paris. Leur théorie de la ‘’double vérité’’ (on peut trouver quelque chose de vrai au point de vue théologique mais qui soit faux au point de vue philosophique, ou l’inverse), leur vaut d’être attaqués par Bonaventure (sur le plan religieux) en 1267-1268 et par Thomas d'Aquin en 1270 (sur le plan proprement philosophique : il ne peut y avoir deux vérités). L’évêque de Paris censure leurs propositions. Le Tribunal de l'Inquisition de France les poursuit et ils fuient Paris.
Godefroid de Fontaines, né près de Horion-Hozémont (mort après 1303), admirateur de Thomas d'Aquin, introduit la politique d'Aristote qui influencera le chapitre de Saint-Lambert dans les luttes politiques du xiiie siècle8. Gilles de Lessines s'attache à l'optique, à l'astronomie dans la tradition d'Alhazen, ainsi qu'à la théorie des comètes. Henri Bate de Malines, chantre de Saint-Lambert, observe des comètes, construit des astrolabes, dresse des tables astronomiques. Il traduit des livres arabes d'astrologie pour la cour pontificale
Les grands scolastiques wallons restent liés à leur terre d'origine. Les bibliothèques s'y enrichissent des classiques scolastiques : bibliothèque bénédictine de Saint-Jacques à Liège, enrichie du xie siècle au xve siècles, par souci de suivre l'actualité, notamment médicale. Pétrarque y retrouve un manuscrit de Cicéron. Ou encore les observatoires des croisiers à Namur, Huy et Liège, où sont copiés les grands classiques de l'astronomie : albums d'astres, perspective, questions sur la sphère, tables alphonsines, traités de l'astrolabe, tables de l'astronome picard Jean de Linières (mort vers 1350-1355). L'activité se maintient jusqu'au xvie siècle : L'astronomie qui s'en dégage est celle de Ptolémée retouchée par les scolastiques : géocentrisme amélioré avec son jeu compliqué d'épicycles et d'excentriques.

 


La Révolution scientifique

Avant le xixe siècle, les sciences et les techniques sont deux choses différentes ; il y a peu d’interaction ou synchronisation. Le système technique de l'Antiquité et du haut Moyen Âge repose sur les métaux non ferreux, le fer au procédé direct, le bois, la force de l'homme et des animaux. Au Moyen Âge, un autre système se met en place avec l'énergie hydraulique et la fonte produite au charbon de bois. L’énergie hydraulique est détrônée par la vapeur lors de la Révolution industrielle, la fonte est fabriquée au coke, puis par un système acier-électricité, la chimie. La Wallonie a été à l'avant-garde de cette aventure humaine.
Chaque système se met en place à l'intérieur de l'ancien, débute avec des performances plus modestes, supplante graduellement le précédent, puis atteint à son tour la saturation.

 

Fer plus fort que fer

Les Liégeois (et les Wallons) se vantaient de posséder fer plus fort que fer, feu plus chaud que feu, pain meilleur que pain, l'acier, la houille, le seigle. Les minéraux, épuisés depuis quelques siècles parfois, furent jadis abondants. Au XVe siècle, le Grec Nicandre visitant la Wallonie, écrit que l'on y trouve les sept grands métaux : or, argent, cuivre, étain, fer, plomb et même mercure. Il exagère. Mais c’est vrai que depuis l'époque romaine, on exploite le fer dans l'Entre Sambre et Meuse, et la calamine (carbonate de zinc) dans la région de, précisément, La Calamine. L'exploitation de la houille remonte à la même période, puisqu'on en a retrouvé sous la place Saint-Lambert. Les textes l’attestent au XIIe siècle. Il existe de petits gisements de blende, de pyrite et de galène qui ont fourni du plomb, et même un peu d'argent. On exploitera aussi l'alun pour la teinturerie, le soufre pour la poudre à canon, divers sulfates pour l'industrie chimique à ses débuts à partir de la Renaissance. Dans les Fagnes, l’or a été recherché depuis longtemps.


Les techniques les plus anciennes

Les artisans exploitent les ressources du premier système technique : fer produit au procédé direct, métaux non ferreux, le fer au bas fourneau.


Le bas fourneau
Le bas fourneau est un trou dans le sol où minerai, charbon de bois et fondants sont mélangés. On obtenait une loupe de fer, spongieuse à cingler avec vigueur. Avant l'an 1000, on passe au four à masse, construit en hauteur et on a des loupes de 100 à 300 kg. Le fer chauffé en présence de matières riches en carbone se transforme par cémentation et trempe à l'eau. On a de l’acier pour l’armurerie.


Le travail du laiton

Le travail du laiton est une spécialité wallonne dès le Moyen Âge. Le cuivre est importé d'Allemagne et réduit en feuilles. On le chauffe en creuset fermé, avec du charbon de bois et de la calamine calcinée dont le zinc s'allie au cuivre pour produire du laiton directement. Les Fonts baptismaux de Saint-Barthélemy, chef d'œuvre de l'Art mosan témoignent de cette expertise dans l'alliage et dans la coulée à cire perdue. Le repoussage du métal, la batterie du laiton, la dinanderie a rendu Dinant célèbre. Les batteurs de cuivre dinantais s'établissent au XVe siècle dans le district de Stolberg riche en zinc. Au XIIe siècle, dans la Description des divers arts du prêtre Théophile l'état des arts et métiers wallons est bien reflété : Roger de Helmarshausen (OSB), avait été formé à Stavelot. Il consacre ses trois livres au vitrail, aux pigments et colorants et à la métallurgie.


La révolution industrielle du Moyen Âge

Jean Gimpel parle d’une révolution industrielle au Moyen Âge. Un nouveau système se met en place, fondé sur l'énergie hydraulique. On peut superposer le réseau hydrographique en Wallonie et le développement industriel.


Réseau hydrographique et développement industriel
Des rivières à cours rapide font tourner les roues des moulins Cette invention romaine du moulin à eau se réintroduit à partir du IXe siècle, se développe aux XIIe et XIIIe siècles. L'arbre à cames transforme le mouvement rotatif en mouvement alternatif, et met en œuvre les marteaux à fouler, les bocards à concasser le minerai, les martinets et les soufflets de forges.


Introduction du haut fourneau
La soufflerie hydraulique, appliquée au four à masse, en augmente la température, la production. C’est une étape vers le haut-fourneau. Au XVe siècle, le haut-fourneau wallon existe, il est peint notamment par Bruegel, mais aussi Henri Blès5, avec le marteau, le gueulard, la roue hydraulique, les chevaux, etc. On le lie à une colline : minerai, charbon de bois et fondant sont enfournés par le gueulard.


Fonctionnement du haut fourneau au XVe siècle

La charge descend par la cuve, le ventre, les étalages, l'ouvrage où aboutissent les tuyères, jusqu'au creuset en poudingue où se rassemblent le laitier et la fonte. À la base du fourneau, le fer coule. Car ce n'est plus de loupes qu'il s'agit mais d'un matériau nouveau, la fonte, c'est-à-dire du fer contenant beaucoup de carbone. Par sa coulabilité, la fonte se prête à être moulée en ustensiles de cuisine, taques de foyer, canons, boulets, tuyauteries et œuvres d'art. C'est le bronze du pauvre. Cassante, elle nécessite d'être décarburée pour être convertie en fer malléable. La méthode wallonne d'affinage qui est répandue dès la fin du XVe siècle consiste à réchauffer les gueuses de fonte dans un foyer à charbon de bois, dans l'atmosphère oxydante créée par le vent des soufflets. Le fer fondait goutte à goutte en se décarburant et formait une loupe qui pouvait être martelée au martinet hydraulique, ou aplatie au laminoir dont un ingénieur normand travaillant dans nos régions, Salomon de Caus, donne la première description en 1615. Dans les fenderies, des cylindres cannelés débitaient le fer en verges que les cloutiers transformaient en clous, tandis que dans les platineries, la tôle était martelée en ustensiles de quincaillerie

 

 

 

Le Pays mosan, soit la Meuse moyenne de Givet à Liège et le bassin versant de la Meuse en cet endroit, plus quelques régions limitrophes, connaît une activité scientifique et technique exceptionnelle du Moyen Âge au xixe siècle avant d'entrer avec le reste de la Wallonie dans la Révolution industrielle contemporaine.

Quant à l'Art mosan c'est l'art du même pays, de la partie romane du Diocèse de Liège (avant 1559) dont les limites en cette partie romane déterminent aussi celles du wallon langue régionale principale de la Wallonie. Si on l'élargit à la dimension d'une petite civilisation (au sens de Braudel), comme le faisait Léopold Genicot, il recouvre aussi, avec l'activité scientifique et technique dont nous venons de parler:

 - un rayonnement intellectuel au sens le plus large du début du Moyen Âge aux XIe et XIIe siècles).

 - l'architecture... la Rome ancienne passée au filtre de Byzance et de la culture ottonienne,

 - la littérature romane de Wallonie (de la Cantilène de sainte Eulalie en 880 – premier texte littéraire français - à Jean d'Outremeuse en passant par le Roman de Renart en sa version wallonne), la musique (d'Étienne de Liège à Dufay), le wallon.

 


 

 - le travail du bois, de l'ivoire: ce sont les statues du Christ de Rausa, la Vierge d'Évegnée, les Vierges en Majesté telles qu'on peut les admirer au musée d'art mosan de Liège, ou en l'Église Saint-Jean

 - le travail de la pierre ce sont notamment les Fonts Baptismaux du petit village de Furnaux

 

Source

Robert Halleux, L’apport scientifique jusqu’à la fin du xve siècle dans La Wallonie, le pays et les hommes (Dir. J.Stiennon, R.lejeune), La Renaissance du libre, Bruxelles,

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