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De la 1re mention de Bruxelles à l'achèvement de Sainte-Gudule.
11e sièc le
* 1015-1020. 1re mention de Bruxelles (qualifié de portus, de port fluvial), dans les Miracula Sancti Veroni.
* 1003. 1re mention de Lambert Ier de Louvain, avoué de l’abbaye de Nivelles et 1er comte de Louvain, peut-être implanté à Bruxelles dès cette époque.
* 1047. Lambert II de Louvain, fils d’Henri, fils de Lambert Ier, fonde à Bruxelles, sur la colline dite plus tard du Treurenberg, une collégiale de 12 chanoines et y transfère les reliques de sainte Gudule en provenance de l’église Saint-Géry.
* 1060-107 0. Mention de Bruxelles dans les Miracula Sancti Ursmari per Flandriam facta : Bruxelles y apparaît comme une étape dans la procession des moines de Lobbes à travers la Flandre (dernières étapes : Gand, Bruxelles puis retour à Lobbes).
* 1072. Incendie de la collégiale Saints-Michel-et-Gudule.
* 1095-1140. Godefroid Ier, fils du comte de Louvain Henri III, fonde l’abbaye bénédictine d’Affligem en 1083-86, devient duc de Basse-Lotharingie en 1106 (étape importante verla formation d u duché de Brabant) et transfert l’abbaye fondée à la fin du 11e siècle à Meerhem par le seigneur flamand Ywain d’Alost, à Forest vers 1106-10.
* 1096. 1re mention d’un châtelain à Bruxelles (Francon Ier, peut-être le fils des seigneurs d’Anderlecht Folcard et Renilde).
12e siècle
* 1121. 1re mention d’un château au Coudenberg (appartenant au duc ou au châtelain ?).
* 1125. 1re mention d’un amman ou villicus de Bruxelles.
* 1127. Fondation de l’hôpital près de Sainte-Gudule, dit de Notre-Dame et des XII Apôtres.
* 1129. 1re mention de l’hôpital Saint-Nicolas.
* 1130. 1re mention du tonlieu de Bruxelles
* 1134. 1re mention d
e l’église de la Chapelle donnée par le duc de Brabant Godefroid Ier à l’abbaye du Saint-Sépulcre de Cambrai pour que celle-ci y installé un prieuré. Le domaine environnant est organisé autour d’un nouvel axe (la rue Haute), loti en parcelles et concédé à des tenanciers provenant vraisemblablement de la région bruxelloise.
* 1134. Bruxelles est qualifié d’oppidum, soit un lieu régi par un droit particulier différent de celui en vigueur dans les campagnes environnantes (même document que précédemment).
* 1135. Mention d’échevins, peut-être la 1re mention des échevins de Bruxelles.
* 1152. Installation à Bruxelles, dans l’église Saint-Nicolas, de la châsse de Notre-Dame de Basse-Wavre.
* 1154. 1re mention sûre des échevins de Bruxelles.
* 1174. Fondation de la Léproserie Saint-Pierre.
* 1174. Acte de confirmation des biens de la collégiale Sainte-Gudule.
* 1179. Mention d’un Renier de Bruxelles (Brosle) à la foire de Magdebourg.
* 1186. Fondation de la Confrérie du Saint-Esprit, futur hôpital Saint-Jean.
* 1197. 1re mention des échevins d’Uccle.
13e siècle
* 1221. 1re mention de la halle aux draps du duc.
* 1228. Testament de Michel Wichmar, bourgeois de Bruxelles et premier marchand de laine connu nominalement.
* 1222. 1re mention des maires et échevins d’Obruxella (Saint-Gilles).
* 1229. Keure de Bruxelles, 1re charte de droit pénal donné aux Bruxelles par le duc de Brabant Henri Ier et 1re mention des jurés de Bruxelles.
* 1235. Le duc de Brabant Henri Ier institue l’annalité des fonctions échevinales.
* Vers 1250. Fondation de l’hospice Terarken et du béguinage de la Vigne à Bruxelles.
* 1282. 1re mention de la gilde drapière.
* 1291. Jean Ier donne à la ville la balance, la grue et les "rentes des portes et des remparts".
* 1295. Jean II autorise les échevins à percevoir l’assise sur la bière au profit de la ville dans le périmètre délimité autour de celle-ci.
* Vers 1300. Construction d’un vallum à l’Ouest de la ville.
14e siècle
* 1301. Les paroissiens de Schaerbeek reçoivent la "liberté" des Bruxellois. Achat de "de Meerte" sur la Grand-Place, 1re maison des échevins.
* 1303-1306. "Premier gouvernement démocratique".
* 1306. 1re mention des sept lignages.
* 1331. Les habitants de Laeken reçoivent la liberté des Bruxellois.
* 1333. Mention des jurés tisserands et foulons.
* 1334. Création du mandat de receveur par les autorités urbaines.
* 1343. Création par les autorités urbaines du tribunal des
Apaiseurs.
* 1353. Début de la construction de la halle au Drap urbaine.
* 1357-1379. Construction de la 2de enceinte.
* 1374. 1re mention par les autorités urbaines du déclin de l’industrie drapière.
* 1375. Suppression de la cooptation des échevins. Enregistrement obligatoire des lignagers dans les livres de la ville.
* 1380. 1re reconstruction de la tour de l’église Saint-Nicolas.
* 1394. Dernier accroissement de la franchise, par concession de la "liberté" des Bruxellois aux habitants d’Anderlecht et de Forest.
15e siècle
* 1401. Début de la construction de l’hôtel de ville, aile orientale.
* 1421. Les représentants des métiers ont le droit de participer au gouvernement urbain.
* 1436. Roger van der Weyden, peintre de la ville. L’économie urbaine en difficultés.
* 1442. Début de la construction de la seconde aile de l’hôtel de ville.
* 1448. Jean van Ruysbroeck signe le contrat de construction de la flèche de l’hôtel de ville.
* 1449. 1re ordonnance enjoignant aux habitants de remplacer le chaume par la tuile.
* 1452-1459. La ville fait effectuer à ses frais des aménagements au palais ducal du Coudenberg par de Voghel.
* 1455. Girouette de Martin van Rode placée sur la flèche de l’hôtel de ville.
* 1461. Limitation par Philippe le Bon du pouvoir des échevins en matière législative ("sentence de Saint-Omer").
* 1467. Avènement de Charles le Téméraire.
* 1473. Transfert de la Chambre des comptes à Malines.
* 1477. Insurrection populaire, suivie d’une abolition temporaire des lignages, puis d’une restauration, suivant un statut de 1421.
* 1484. Achèvement de la Sainte-Gudule dans son état actuel.
* 1487. Bruxelles obtient 2 franches foires annuelles.
Aux alentours de l’an 1000, la Ville de Bruxelles n’existe pas encore. À son emplacement, différents petits hameaux sont disséminés parmi des champs et des prairies. Dans la vallée coule la Senne, une rivière au bord de laquelle un port a été aménagé. Des bateaux y embarquent ou débarquent quotidiennement des marchandises et effectuent des trajets entre cette zone portuaire et la mer du Nord. Ce commerce attire de nombreux artisans et marchands qui viennent s’installer aux abords du port. Dès lors, le nombre d’habitants ne cesse d’augmenter dans la contrée et les petits hameaux d’origine grandissent et finissent par s’assembler.
Une véritable ville est en train de naître : Bruxelles.
Bruxelles devient une ville
La puissance de Bruxelles attire les comtes de Louvain qui règnent alors sur la région qui englobe cette jeune cité, le comté de Louvain. Vers 1100, ceux-ci dressent leur château sur une des collines de la ville. En choisissant de s’installer sur les hauteurs, ils évitent de se mêler à la cohue du port et des marchés de la vallée et se prémunissent des inondations.
Les comtes font également construire, sur une autre colline de la ville, une église. Elle devient la plus importante de Bruxelles, la future cathédrale des Saints-Michel-et-Gudule.
Bruxelles au temps de la construction de la première enceinte
Grâce à l’arrivée des comtes de Louvain et au commerce prospère, la jeune ville s’enrichit progressivement.
Peu après 1200, un haut rempart de pierres est construit à son entour pour la protéger. Il donne à Bruxelles l’image d’une cité riche et puissante.
La croissance de la ville
De la première muraille, appelée «première enceinte», certains vestiges archéologiques sont encore visibles aujourd’hui dans le centre-ville : la tour Noire (derrière l’église Sainte-Catherine), la tour Anneessens (sur le boulevard de l’Empereur, au bout de la rue Haute), la tour du Pléban (derrière la cathédrale des Saints-Michel-et-Gudule ou la tour de Villers (rue de Villers).
La porte de Hal est le seul vestige archéologique important de la seconde enceinte de Bruxelles.
Bruxelles au temps de la construction de la seconde enceinte
Un peu plus d’un siècle après la construction de la première muraille, la riche cité marchande, enserrée dans ses murs, n’est déjà plus suffisamment grande pour abriter tous les Bruxellois. Beaucoup d’entre eux habitent dans la zone non protégée, en dehors du rempart. Il est donc décidé, vers 1350, d’édifier une seconde enceinte, faite de briques et de pierres, plus haute, plus efficace et beaucoup plus longue.
Elle est pourvue d’une série de tours qui renforcent sa défense.
Elle est aussi percée de sept portes, de hauts bâtiments traversés par un passage qui permet d’entrer dans la ville ou d’en sortir.
Chacune des portes reçoit un nom : porte de Namur, de Louvain, de Schaerbeek, de Laeken, de Flandre, d’Anderlecht et de Hal.
À l’intérieur de cette muraille, on ne trouve pas seulement des habitations et des rues, mais également des champs et des prairies.
Bruxelles au temps de l’aménagement des boulevards
À partir du XVIIIe siècle, les techniques de guerre évoluent. Les villes ne se battent plus l’une contre l’autre, comme au Moyen Âge. La muraille bruxelloise n’a plus aucune utilité défensive et on décide donc de la démolir en 1782. La ville est ainsi modernisée et peut s’ouvrir plus facilement au monde extérieur.
De grands boulevards sont aménagés à la place de l’enceinte disparue. Aujourd’hui, ils existent toujours et portent le nom de « Petite ceinture » parce qu’ils entourent la ville comme la muraille d’autrefois. Ils sont chaque jour parcourus par des milliers de voitures.
Aux alentours de l’an 1000, la Belgique n’existe, bien entendu, pas encore. À son emplacement, on trouve une série de territoires plus ou moins grands dirigés par des hommes puissants appelés « seigneurs » ou « princes ». Ils sont riches et disposent des pleins pouvoirs sur leur terre et les gens qui y vivent.
Un seigneur règne alors sur Bruxelles, mais on sait très peu de choses à son sujet. Par contre, vers l’an 1000, la ville est acquise par le puissant comte de Louvain, prince qui règne sur le comté de Louvain.
Bruxelles fait donc désormais partie de ce territoire et son seigneur devient le vassal du comte.
À peine deux siècles plus tard, les comtes de Louvain agrandissent leur domaine et prennent la tête de tout le Brabant. Ils portent désormais le titre encore plus prestigieux de ducs de Brabant et Bruxelles fait donc partie de ce très vaste duché.
Á partir des années 1200, la ville de Bruxelles se libère progressivement du duché de Brabant. Elle commence à avoir ses propres lois. Les habitants sont ainsi libérés de la tutelle du duc qui n’a plus les pleins pouvoirs sur eux. Mais il n’est pas éliminé pour autant ! Bien au contraire, il reste un personnage très influent qui prend encore certaines décisions importantes.
Qui détient le pouvoir à Bruxelles ?
En 1356, c’est d’ailleurs le duc de Brabant, Wenceslas, qui autorise la construction du rempart de Bruxelles (la seconde enceinte). Mais, une fois cette décision prise, c’est la ville de Bruxelles qui organise et paye le chantier.
Au Moyen Âge, tous les hommes qui travaillent font partie de ce qu’on appelle une corporation ou une guilde. C’est un groupe auquel ils appartiennent en fonction du métier qu’ils exercent. Et tous les membres de ce groupe, de cette guilde, se soutiennent mutuellement. On est toujours plus fort en groupe que seul…
Prenons l’exemple des boulangers. Ils font tous partie de la corporation (ou guilde) des boulangers.
Régulièrement, les chefs de toutes les boulangeries (appelés les maîtres boulangers) se réunissent pour prendre des décisions pour la corporation (sur le prix du pain, par exemple). Ils peuvent aussi soutenir leurs membres lorsque ceux-ci sont malades ou retraités. Ce sont également eux qui organisent la fête annuelle de la guilde.
Ces guildes sont très importantes dans la vie des gens de l’époque. Ceux qui ne font pas partie d’une corporation ne peuvent pas exercer un travail et sont réellement en marge de la société.
Les corporations ont aussi leur mot à dire dans la gestion de la Ville. Elles sont, par exemple, en partie responsables de l’ouverture et de la fermeture des portes de l’enceinte. En effet, chaque porte possède deux serrures. Les guildes de métier sont responsables d’une des deux clés.
Deux corporations en particulier ont, en outre, la mission de protéger la ville et son rempart : celle des archers et celle des arbalétriers. Ce sont eux qui assurent la garde du haut du chemin de ronde de la muraille. Mais, en cas de réelle menace de guerre, les membres de toutes les corporations doivent monter sur le rempart pour participer au combat.
Les corporations de métier
Sur la Grand-Place de Bruxelles, on peut observer les anciennes maisons dans lesquelles les corporations organisaient leurs réunions. On y trouve, par exemple, la maison des boulangers, celle des brasseurs ou, encore, celle des archers.
Pour pouvoir exercer son métier, le menuisier doit appartenir à la corporation des menuisiers.
La première pierre de la porte de Hal est posée vers 1360. Sa construction dure plus de 20 ans. Comme ses six soeurs (les portes d’Anderlecht, de Flandre, de Laeken, de Schaerbeek, de Louvain et de Namur), la porte de Hal permet à la population, durant le Moyen Âge, d’entrer et de sortir de la ville. Elle est, en effet, percée d’un large passage permettant les allées et venues des hommes, des animaux et même des charrettes.
La porte de Hal, comme toutes les autres portes de ville, est un très grand édifice en pierre. À l’époque de sa construction, les tours de bureaux et les immeubles à appartements n’existent évidemment pas. La grande majorité des maisons sont hautes d’à peine un ou
deux étages et construites en bois et en torchis. Dans les années 1300, même les maisons de la Grand-Place sont encore toutes en bois ! Seuls quelques bâtiments, comme les églises et les habitations des gens très riches sont en pierre (Les Steen). À l’époque, dans ce paysage de bois, la porte de Hal fait donc grande impression, autant pour les habitants de Bruxelles que pour les étrangers qui se rendent en ville.
L’histoire de la porte de Hal
La porte de Hal assure, alors, la défense de la ville. Elle doit donc être invincible. Chaque nuit, le passage charretier est fermé, comme la porte d’un château fort, par un pont-levis, par une grille (la herse) et également par une lourde double porte en bois. Il n’est dès lors plus
possible d’entrer dans la ville, ni d’en sortir. Les visiteurs arrivés après l’heure de fermeture doivent passer la nuit à l’extérieur de la muraille, dans les auberges des villages environnants.
Pour surveiller les menaces qui peuvent venir de la campagne, des guetteurs montent la garde du haut du bâtiment et sonnent de la trompe en cas d’alerte.
D’autres hommes sont également postés derrière les archères. Ils pointent leur arbalète ou leur arc à flèches vers l’intérieur du passage central ou la campagne extérieure.
Les murs de la porte de Hal sont épais de trois mètres.
Ils peuvent ainsi résister aux lourds boulets lancés par les puissantes catapultes et par les premiers canons qui apparaissent à cette époque. Très rapidement, les tours et les portes des remparts bruxellois sont d’ailleurs équipées d’une lourde artillerie pointée vers la
campagne environnante.
Source
DUMONT Georges et UYTTERBROUCK André (dir.), Bruxelles. Mille ans de vie quotidienne, La Renaissance du Livre, 1979.
-DUMONT, Georges-Henri, Histoire de Bruxelles. Biographie d’une capitale , Le Cri édition, 1997.
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