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L'Astrologie a toujours été perçue, acceptée, pratiquée différemment.
Certes, depuis Babylone, elle a évolué, suivant le cours du progrès humain, profitant des nouvelles connaissances, des avancées techniques, de la meilleure connaissance du monde par l'homme, mais si cela est intéressant à développer et à comprendre, ce n'est pas fondamental, car finalement il n'y a pas de rapport direct entre l'antériorité historique de l'époque et le regard qu'elle porte sur l'Astrologie.
Ce qui nous semble beaucoup plus important est la corrélation, l'interaction, entre la conception qu'a la société d'elle-même et du reste du monde, et la manière dont elle accepte (au non) l'Astrologie à un moment donné, dans tel ou tel endroit du globe. Nous n'aurons pas la prétention, en quelques pages, de vouloir traiter en totalité de l'histoire de l'Astrologie, cela en rendrait d'ailleurs la lecture fastidieuse... Mais certains exemples significatifs nous semblent intéressants pour comprendre comment cette discipline a évolué au fil des siècles.
D'ailleurs, d'aucuns prétendront que l'Astrologie n'est pas une science et pourtant... Nous pouvons remarquer, à travers son histoire, que l'Astrologie était souvent mieux comprise dans les sociétés techniquement évoluées et intellectuellement ouvertes sur le monde, et que finalement la manière dont elle a pu être appréhendée dépend moins de l'époque que de la société en elle-même. Pendant la Renaissance par exemple, formidable renouveau intellectuel, scientifique et culturel de la société européenne, les astrologues étaient politiquement présents : En Hongrie, on décida de la date à laquelle devait être construite l'université de Presbourg par une étude astrologique. En Angleterre, on employa des astrologues comme ambassadeurs, partout l'Astrologie fut enseignée dans les universités et elle put s'épanouir.
Alors que plus tard lorsqu'en France le despotisme devint le fondement même de la société, lorsque la monarchie commit l'erreur fondamentale de se retrancher sur elle-même, de se cristalliser dans un état immuable, alors qu'autour d'elle le monde continuait d'évoluer, l'Astrologie fut, dans un premier temps déconseillée puis interdite. Diderot et Voltaire la raillaient et s'en moquaient, Colbert interdit aux académiciens de l'exercer, et Leibniz, pourtant tolérant, déclara qu'il ne méprisait que "ce qui débouchait sur l'illusion pure, comme la divination astrologique".
Mais que l'Astrologie soit considérée comme une science, une philosophie ou un courant de pensée, là n'est pas l'objet de ce dossier. Son but n'est pas non plus de débattre ou d'argumenter pour convaincre que... l'Astrologie ça marche ! Nous voulons simplement dire quelques mots sur son histoire; l'histoire de l'Astrologie, discipline qui est, comme le disait Ernest Cassirer en 1922 " L'une des plus grandioses tentatives qu'ait jamais osé l'esprit humain pour donner une représentation d'ensemble du monde"...
L'astrologie et les avancées techniques
Pour interpréter l'horoscope, les Arabes (nous entendrons par Arabes tous les peuples qui écrivaient dans cette langue) se référaient, entre autres sources, aux ouvrages de Ptolémée. L'Astrologie arabe revêtait trois formes : l'Astrologie généthliaque (relative à l'horoscope du jour de naissance), l'Astrologie horaire et l'Astrologie magique pour invoquer les Dieux planétaires et confectionner des amulettes et des talismans efficaces, en combinant influence d'une planète avec métaux et signes qui lui correspondaient. L'Astrologie généthliaque, dont on retrouve peu d'écrits mais que la tradition orale a permis de conserver, était basée (et l'est toujours actuellement) sur le principe que la vie est un combat et que les hommes sont nés sous le signe de deux armes, une pour la naissance (que sommes-nous au départ ? Quels sont nos potentiels ?) et une pour l'arrivée (que sommes-nous devenus ?) Les armes étant de trois types courtes, moyennes ou longues en fonction de leur portée symbolique.
Au début du Moyen-âge, Celtes, Slaves ou Germains utilisaient l'astronomie nécessaire à leurs nombreux déplacements mais l'Astrologie était considérée un peu partout comme païenne. On saura juste que Louis le Pieu prenait conseil auprès d'astrologues mais cela reste un cas très particulier. Après l'effondrement de l'Empire Carolingien les conflits s'installèrent et on constata en cette période troublée où l'incertitude et l'inquiétude régnaient, une montée en puissance de l'influence de la pensée gréco-arabe, très significative dans les monastères qui devinrent des lieux de réflexion, à l'écoute de nouvelles philosophies.
A cette époque, La Nature était l'axe principal de la pensée philosophique et religieuse. Dieu l'avait créée pour la mettre au service de l'homme et on admettait que l'Astrologie puisse prédire tout ce qui y avait trait, le temps qu'il ferait pour l'agriculture ou même les maladies dues à des causes naturelles mais elle ne pouvoir prévoir en aucun cas ce qui était directement dépendant du libre-arbitre de l'homme. De grands esprits de l'époque, comme Saint Thomas d'Aquin, philosophe et théologien italien (1225-1274 ) considéraient que prédire le destin d'un homme était une illusion démoniaque.
Mais l'Astrologie savante (en opposition à l'Astrologie populaire, car elle traite des aspects planétaires de chaque individu en particulier) à cette époque trouva également des défenseurs, en la personne entre autres, de l'Anglais Roger Bacon (1214-1294), homme au point de vue très moderne, qui s'éleva contre le formalisme des dominicains (dont Saint Thomas d'Aquin faisait partie) et qui prétendit qu'aucun astrologue ne professait le fatalisme astral, que la seule chose importante était l'expérience, base même de toute philosophie et que l'Astrologie en était un des piliers. Il livra un combat sans relâche pour imposer son point de vue, parfois même de manière peu orthodoxe car il était de caractère belliqueux, allant jusqu'à demander à l'église d'encourager la recherche astrologique, afin d'une part d'empêcher les pratiques liées à l'astrologie païenne et d'autre part de mettre en évidence ce qu'il appelait l'astrologia sana, fondée sur l'expérience et l'expérimentation-
L'astrologie gréco-arabe pénétra donc un peu partout en occident. En Italie, il y avait des astrologues à la cour de Palerme qui recevaient les faveurs du roi et on vit même Frederik II leur demander d'écrire des ouvrages d'Astrologie dans lesquels il leur fallait expliquer que les astres n'agissaient pas, qu'ils ne pouvaient rien produire par eux-mêmes mais qu'ils donnaient de simples signes. On trouvait des livres d'Astrologie dans toutes les universités et bibliothèques. En Angleterre, les astrologues rédigèrent des éphémérides et des « pronostications » et en France les astrologues étaient également présents à la cour, même si l'astrologie prévisionnelle était toujours considérée comme païenne et démoniaque.
Jean de Meurs, célèbre astrologue, fit des prévisions sensationnelles lors de la grande conjonction de 1345. Ces dernières inquiétèrent fortement l'opinion publique et la cour, et le roi Charles V Le Sage fit rédiger des traités affirmant que ces prévisions relevaient du domaine de la superstition, allant même jusqu'à prétendre que les astrologues n'avaient pas prévu l'épidémie de peste noire de 1349, ce qui était totalement inexact.
S'en suivit, en France et en Angleterre notamment, un débat acharné entre partisans et adversaires de l'astrologie divinatoire, qui eut pour conséquence directe de remettre en question les formidables travaux de Ptolémée, certains scientifiques, religieux et intellectuels de l'époque les qualifiant de spéculations inconsistantes.
A la fin du Moyen-âge les courants de pensée protecteurs et rassurants tenant pour primordiale la place de la Nature dans la pensée philosophique s'estompèrent et les hommes commencèrent à chercher d'autres réponses, alors que simultanément à cela les découvertes scientifiques abondaient... la Renaissance se préparait.
En astronomie, la première découverte importante de la Renaissance fut celle de Nicolas de Cues (1401-1469) mathématicien, philosophe et théologien allemand, considéré comme le dernier penseur du moyen-âge et le premier de la Renaissance, qui affirma que la terre n'avait ni centre ni périmètre et qu'elle se mouvait autour d'un axe. Il nomma cette théorie « La théorie de la relativité du lieu et du mouvement ». A l'époque, cette affirmation laissa de marbre le monde scientifique et intellectuel et seuls les astrologues comprirent l'importance phénoménale d'une telle découverte.
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