Stratégie militaire
Au Moyen Âge, à l'exception de Crécy, Bouvines ou Azincourt, il n'existe pas vraiment de grandes batailles. La majorité des opérations militaires consistent à éviter la bataille rangée et l'affrontement en rase campagne. La majorité des conflits ne sont que des escarmouches ou des embuscades (cependant meurtrières), des raids et des opérations relativement courtes mais avec des déplacements relativement longs en raison de la progression lente des armées. Souvent, dans les conflits locaux, il s'agissait de mettre en difficulté son adversaire en l'affaiblissant militairement (perte d'hommes, de matériel...) et économiquement (demande de rançons, destruction des ressources). Ainsi, il était coutume d'engendrer la crainte et la terreur, ce qui explique les sacs, pillages et autres rapines qui touchaient le plus souvent des populations pauvres et innocentes.
La bataille de Crécy (1346)
(Bibliothèque Nationale de France)
Tactique militaire
Le plus souvent, une armée était une combinaison de cavaliers et d'hommes à pied, ce qui aboutissait à un dispositif assez complexe qui était l'œuvre de grands tacticiens comme Charles le Téméraire par exemple. Il ne faut pas oublier qu'à l'époque, il n'existait pas de cartes d'état-major. Les commandants en chef n'avait une connaissance du terrain qu'en employant des espions ou des guides locaux. L'usage des cartes n'apparaît qu'au cours du XVe siècle pour les opérations terrestres, alors qu'on en employait depuis le XIIIe siècle pour les expéditions nautiques.
La bataille rangée
Refusée la plupart du temps, la bataille rangée était cependant le point le plus culminant de toute campagne. Il existe trois types de combattants au cours des batailles :
* La cavalerie montée : Constituée de 3 ou 4 rangs de cavaliers formant une « bataille ».L'ensemble était constitué de petits groupes tactiques appelés « conrois » groupés autour d'une bannière représentant une famille ou un seigneur. On formait alors des blocs de cavaliers et de lances le plus serré possible. Les cavaliers se mettaient lentement en route pour conserver l'alignement, puis accélérant au moment d'arriver sur l'ennemi. Le but était de disperser l'ennemi, pour former des groupes isolés facile à vaincre.
* La cavalerie démontée : La tactique était d'attendre l'attaque de l'adversaire. Cela pouvait durer longtemps... Elle était très utilisée par les Anglais, les Français, quant à eux l'appréciaient peu et l'employèrent bien trop tardivement.
* L'infanterie : Le corps d'infanterie avait trois dispositifs de combats : en ligne de front sur quelques rangs formant une sorte de rempart ; en cercle très en usage chez les Suisses, employé par les Français à Bouvines ; en bloc comme la bataille en forme de quadrilatère, auquel s'ajoute un triangle d'hommes faisant face à l'adversaire. Une telle formation de 10 000 hommes occupait une surface de 60 m sur 60.
Sièges et places fortes
Les Sièges
La plupart du temps, face à l'arrivée d'une massive armée, la seule solution adoptée est d'aller se retrancher dans une place forte où l'on s'organisera pour soutenir le siège. La guerre de l'époque n'est donc qu'une succession de perte et de reprise de places fortes émaillés par de fulgurantes charges de chevaliers. Si l'attaque échouait, les chevaliers survivants se retranchaient à nouveau derrière les murailles de la place forte. C'est ce que l'on appelle la guerre guerroyante. Les armées se livraient alors à une incroyable partie d'échecs qui consistait à s'emparer des places fortes, car celui qui les dominait, contrôlait tout le fief-
Le siège d'Orléans par Jeanne d'Arc
Le château fort
Le château est le lieu de résidence du seigneur, plus il est imposant et doté de moyens de défense, plus le seigneur affirme sa puissance et sa gloire. Mais c'est aussi un lieu militaire protégeant les biens et habitants du fief. Les premiers châteaux furent des tours en bois établies sur des collines que l'on protégeait par plusieurs palissades et fossés. Vulnérables aux feu et autres armes de jet, la pierre fut utilisée sous l'impulsion de normands. Les premiers donjons en pierre étaient carrés, par la suite on les faisait arrondis pour réduire les angles morts. Puis sous l'impulsion de Philippe Auguste en France, les châteaux devinrent de véritables forteresses. Il devenait alors difficile de s'en emparer. La méthode la plus courante était le siège, on encerclait le château pour le couper des ressources. En manque d'approvisionnement, les assiégés finissaient par se rendre. Cependant le château pouvait contenir une grande quantité de ressources et le siège pouvait durer des années. Il fallait alors passer à la prise du château.
Les corps d'armées
La cavalerie
Généralement, il y avait trois divisions de cavalerie, la première vague devait enfoncer l'ennemi, le gêner et le disperser, pour que les deux suivantes vagues puissent le mettre en déroute. Les chevaliers, qui étaient l'élite de l'armée obéissait rarement aux ordres, ils combattaient uniquement pour leur gloire personnelle, la victoire n'était qu'au second plan. Parfois, les stratèges mettaient leurs cavaliers à pied à combattre avec les fantassins en renfort, on se plaçait derrière des dispositifs (pieux, tranchées) pour contrer des charges. La bataille de Crécy (1346) montre bien l'indiscipline des chevaliers, les Français qui étaient bien plus nombreux se sont butés face aux archers Anglais qui se retranchaient derrière des pieux, ils étaient appuyés par des chevaliers à pied, et vainquirent les Français. Mais à la fin du Moyen Âge, le rôle de la cavalerie lourde était beaucoup plus réduit, les stratèges avaient compris qu'il ne suffisait pas de charger des troupes d'infanterie bien disciplinées. Les charges dévastatrices étaient encore possible, mais lorsque l'ennemi était en fuite et désorganisé.
Les archers
Pendant le Moyen Âge, il y avait toute sorte d'armes de jet (arc court, arc long, arbalète), l'avantage des archers était de pouvoir tuer l'ennemi sans engager de combat individuel. Très pratiqué dans les temps anciens, l'arme de jet s'oublia au début du Moyen Âge où les chevaliers dominaient les territoires. Le code d'honneur rejetait l'arc, qui est considéré comme l'arme d'un lâche. Mais les archers demeuraient utiles pour les sièges et batailles, ils furent déterminant au cours des batailles d'Hastings (1066) et Crécy (1346). Les archers étaient en formation compacte, leurs flèches pouvaient percer une armure à moins de cent mètres. Les Anglais utilisèrent beaucoup les archers car ils étaient désavantagés lorsqu'ils se battaient hors de leur île. Ils développèrent la tactique du tir de barrage, plutôt que de viser une cible individuelle, ils visaient la zone qu'occupait l'ennemi. Ils pouvaient en outre tirer six flèches à la minute. Les arbalétriers devinrent incontournables dans les autres armées d'Europe, qui bénéficient d'une meilleure précision. Vers le XIVe siècle, les premières armes à feu de poing apparurent aux champs de bataille.
La bataille d'Hastings (1066)
Épisode extrait de la Tapisserie de Bayeux
L'infanterie
Pendant l'Âge sombre, les fantassins étaient prédominant dans les armées, la tactique était simple, on s'approchait de l'ennemi et on lui donnait de grands coups d'épées. Les Francs lançaient leurs haches avant de se précipiter sur l'ennemi pour briser leurs rangs. L'arrivée des chevaliers éclipsa l'infanterie, qui manquait de discipline et d'entraînement, il s'agissait souvent d'une milice de paysans. Les Saxons et les Vikings utilisaient leurs bouclier en avant pour se protéger des archers et des cavaliers. Les pays vallonnés (Écosse, Suisse) apprirent à utiliser l'infanterie contre l'ennemi, les lanciers et piquiers armés de lances et de pointes pouvaient ainsi mettre en déroute une cavalerie. Les Écossais plaçaient un cercle de lanciers pendant leurs guerre d'indépendance (comme dans le film « Braveheart »). Les Suisses se spécialisèrent avec l'utilisation des piques en réadaptant les formations de phalanges grecques. Pour contrer ces lourdes formations serrées, les Espagnols eurent l'idée d'utiliser l'artillerie, puis chargeait avec une infanterie équipés d'armes légères.
Les tacticiens du Moyen Âge se sont imspirés de 2 écrivains de l'époque romaine.
Végèce
Végèce (Publius Flavius Vegetius Renatus) est un médecin et écrivain militaire romain de la fin du IVe siècle et du début du Ve.
Sa vie est mal connue. Seuls deux de ses ouvrages apportent quelques renseignements :
Epitoma rei militaris (aussi connu sous De Re Militari), et le plus connu : Digesta Artis Mulomedicinae qui était un manuel de médecine vétérinaire.
Le dernier évènement mentionné dans son Epitoma rei militaris est la mort de l'empereur Gratien (383); la plus ancienne mention de son travail est celle de Flavius Eutropius, écrivant à Constantinople en 450. Bien qu'Eutropius le situe à Constantinople, la communauté scientifique estime que Végèce écrivait depuis l'empire d'Occident.
Végèce dédiait son travail à l'empereur régnant dont l'identité est discutée : certains suivent la suggestion de D. Schenk, qui reconnaît en lui Théodose Ier; d'autres se rangent à l'avis de Otto Seeck et pensent lire Valentinien III. On sait encore qu'il fut comes et vir illustri.
Végèce était-il lui même païen ou chrétien ? Le contenu de son ouvrage ferait plutôt pencher pour la seconde opinion, puisque Végèce y qualifie Gratien de « divin ». Or, cet empereur s'était attiré la haine des partisans de la religion romaine pour avoir retiré de la Curie l'autel de la Victoire et supprimé les privilèges des pontifes du paganisme. On imagine donc mal un tenant du polythéisme qualifier Gratien de "divin", d'autant que ce dernier n'avait pas reçu l'apothéose après sa mort (contrairement à Constance , empereur chrétien que le païen Symmaque qualifie de « divin » dans son plaidoyer pour l'autel de la Victoire).
Epitoma rei militaris
Au Moyen Âge seulement, l'Epitoma rei militaris sera traduit intégralement en français à plusieurs reprises, notamment par Jean de Meun, Jean de Vignay et, en 1488, par Antoine Vérard. Le traité est encore cité par Konrad Kyeser. Il est beaucoup lu par les officiers français à l'époque moderne, en particulier par le maréchal de Saxe, qui s'en inspira pour composer ses Rêveries. Le troisième contient une série de maximes militaires qui ont été (avec justesse compte tenu des ressemblances entre les conditions militaires des deux époques) la fondation du savoir militaire pour les grands chefs européens de Guillaume le Taciturne à Frédéric le grand.
Lorsque la révolution française et le « peuple en armes » sont entrés dans l'histoire, Végèce fait un peu plus parler de lui. Certaines de ses maximes peuvent être ici rappelées pour illustrer les principes de la guerre dans une utilisation politique comme il le recommandait :
- -« Tout ce qui avantage votre ennemi vous désavantage et tout ce qui vous est utile, désavantage votre ennemi. »
- « Le principal objectif dans la guerre est de sécuriser une grande masse de provision pour soi-même et de réduire l'ennemi à la famine. La famine est bien plus terrible que l'épée. »
- « Aucune personne de devrait être employée sur le terrain s'il n'a pas été précédemment entraîné et soumis à la discipline. »
- « C'est préférable de battre l'ennemi par la volonté, la surprise et les endroits difficiles (par exemple : à travers des manœuvres) que dans une bataille dans un terrain ouvert. »
une citation proche de « Celui qui désire la paix prépare la guerre. » ou Si Vis Pacem, Para Bellum
Frontin
Sénateur originaire de Gaule Narbonnaise, probablement d'origine équestre
. Aucune source antique ne retrace la vie de ce personnage et les informations que l'on connaît de lui proviennent d'ouvrages différents. Tacite dit de lui qu'il fut « un grand homme autant qu'on pouvait l'être ».
Ses débuts (40 à 69)
Il naît vers l'an 40 et est probablement originaire de la province romaine de Gaule narbonnaise. Nous ne connaissons rien des débuts de sa carrière. Il doit suivre un parcours classique d'ascension à la carrière sénatoriale.
Dans ses Stratagèmes, Frontin donne des détails de la guerre contre les Parthes du général Gnaeus Domitius Corbulo, entre 58 et 62, qui ne figurent pas dans l'œuvre de Tacite l'historien romain le plus détaillé sur cette période de l'Empire romain. Il est donc possible que Frontin participe à ces guerres sous le général Corbulo.
La Bretagne romaine.
Il se pourrait ensuite qu'il ait suivi le parcours de trois des anciennes légions de Corbulo, qui renforceront dans un premier temps Vespasien dans sa guerre contre les Juifs, puis partiront combattre près de Rome sous Mucien et Antonius Primus, partisans de Vespasien dans la guerre civile de 695. Ainsi, Frontin aurait combattu dans les légions de Vespasien ce qui expliquerait pourquoi Frontin est l'un des vingt-deux membres du groupe des « Amici Principis » du nouvel empereur.
Sous Vespasien : consul et gouverneur de la Bretagne (70 à 79)
Il apparaît pour la première fois dans les sources littéraires vers l'an 70, sous Vespasien, et il est alors préteur urbain. Il abdique de sa magistrature en faveur de Domitien. Il est ensuite probablement chargé d'une mission en Gaule et en Germanie entre 71 et 73, devant rétablir l'ordre chez les Lingons, tel qu'il le décrit lui-même dans ces Stratagèmes- Une inscription prouve qu'il est passé en Germanie où il aurait eu des problèmes de santé. Il se pourrait qu'il soit le premier commandant de la legio VIII Augusta, et ainsi il aurait décidé en tant que légat le lieu du camp de Mirebeau
Il est ensuite consul suffect en 74, puis il sert d'abord avec distinction dans la province romaine de Bretagne, puis succède à Cerialis dans le gouvernement de cette province, entre 76 et 782. Il y subjugue, par les armes, les Silures, « après avoir, outre la valeur des ennemis, triomphé des difficultés des lieux».
Sous Domitien : retraite ou proconsul d'Asie ? (80 à 96)
Nous n'avons quasiment plus de traces de Frontin sous les règnes de Titus et Domitien. Ainsi, cela peut s'interpréter comme un abandon de la vie publique ou une disgrâce. Cependant, son nom figure sur la « porte dite de Domitien » à Hierapolis, et pourraient révéler sa présence en tant que proconsul d'Asie vers 86, ce qui est l'apogée d'une carrière sénatoriale. Une disgrâce passagère est incompatible avec un tel poste, et il se pourrait donc que Frontin ait servi sous les ordres de Domitien .
Ensuite, pendant toute la dernière partie du règne de Domitien, devenu un tyran, nous possédons encore moins d'indices sur sa vie. Il se serait retiré en Campanie et se serait consacré à des travaux littéraires, notamment l'écriture des Stratagèmes. Cependant, il est toujours membre des « Amici Principis » de l'empereur, ce qui permet à Pline le Jeune de le solliciter dans une affaire d’héritage.
Sous Nerva : curateur des eaux et consul (97 à 98)
Nerva le rappelle en 97 et lui confie les importantes fonctions d'inspecteur des eaux (curator aquarum). Il écrit « Des aqueducs de la ville de Rome », un ouvrage très complet sur l'histoire des aqueducs de Rome, ainsi que de nombreux détails techniques et les règlements en vigueur. D'après Frontin, à la fin du Ier siècle, il y a un débit entrant total de 1 030 000 m³/jour mais seulement un débit constaté, selon les règlements, de 500 000 m³/jour avec près de 580 000 m³/jour de réellement distribués d'après les calculs du curateur des eaux. Ce dernier constate de très nombreux détournements frauduleux, près de 450 000 m³/jour, soit quasiment la moitié des eaux amenées à Rome. L'administrateur principal des eaux remet en place la distribution initiale des aqueducs, après avoir mis fin aux détournements frauduleux et aux pertes dues aux négligences, et de nouvelles arcades sont construites. De plus, suite à son rapport, l'empereur Nerva décide de séparer toutes les eaux dans des canaux séparés, pour éviter que les mélanges altèrent la qualité des meilleures eaux comme celle de la Marcia ou de la Claudia, notamment par celle de l'Anio Novus. Et chaque eau, selon sa qualité, est utilisée pour des usages différents, les meilleurs pour la boisson et les plus troubles pour les jardins de Rome.
Après ces réformes, on retrouve les près de 1 030 000 mètres cubes par jour pour la ville.
Sous Trajan : consul éponyme et augure (99 à 102)
Martial, un de ses amis, nous rapporte que Frontin quitte de moins en moins Rome pour une des villégiatures. Élien Claudius, dit « le tacticien », écrivain militaire grec, rencontre Frontin à Formae, et dit de lui qu'il est « un homme de grande réputation tant par ses qualités que par son expérience de la guerre ». Frontin est nommé consul suffect en l'an 98 pour la deuxième fois. Deux ans plus tard, il est honoré d'un consulat ordinaire, ou éponyme, au côté de Trajan, ce qui témoigne qu'il est un proche de cet empereur. Pline le Jeune, autre ami de Frontin, fait plusieurs références à ce consulat. Il est nommé augure avant sa mort, charge religieuse dans laquelle Pline le Jeune lui succède.
Sa mort et l'absence de tombeau (103)
Strategematon de Frontin, 1888. Le triple consulaire meurt vers l'an 103. Pline écrit de lui : « Frontin [...] défendit qu'on lui élevât aucun tombeau. [...] mais en quels termes a-t-il fait cette défense ? La dépense d'un tombeau est inutile ; mon nom ne périra point, si ma vie est digne de mémoire ». Frontin est durant toute sa vie un général et stratège respecté, marquant la fin du Ier siècle. C'est aussi un écrivain reconnu, par ses deux œuvres qu'il nous reste, les Stratagèmes et les Aqueducs de la ville de Rome. Il a joui auprès de ses contemporains d'une estime toute particulière et ses ouvrages, très documentés, sont écrits d'un style ferme, simple et concis.
Œuvres
Il nous reste de Frontin deux ouvrages complets et les fragments d'un troisième. Sous le titre de Strategematon libri III, Frontin réunit toute une collection de stratagèmes, les exemples qu'il cite sont choisis avec soin et empruntés le plus souvent à l'histoire romaine. Les Strategemata sont un ouvrage d'un caractère populaire et destiné à compléter un grand ouvrage théorique sur l'art militaire, cet ouvrage aujourd'hui perdu aurait été composé sous le règne de Domitien. À la suite de trois livres de Strategemata, les manuscrits et les éditions en donnent un quatrième qui n'est pas de Frontin, mais qui est composé à une date antérieure au Ve siècle. L'ouvrage intitulé De Aquis urbis Romœ est un traité intéressant sur les aqueducs de Rome. Il est composé au moment où Frontin remplit les fonctions de curateur des eaux, mais il n'est publié que sous le règne de Trajan. Il se divise en deux livres et contient l'histoire et la description des moyens employés pour alimenter d'eau la capitale de l'Empire romain, il comprend aussi les lois qui régissent la matière. Sa description des pratiques et systèmes d'adduction d'eau nous renseigne aussi sur la quineria ou module quinaire. Il y décrit pour le bénéfice de ses successeurs les aqueducs et leur histoire, les règlements auxquels ils obéissaient et des détails techniques concernant la qualité et la répartition de l'approvisionnement. Les écrits de Frontin ont un style direct qui s'accorde avec leur matière. Son traité d'arpentage, qui comprend au moins deux livres, nous est connu seulement par des extraits et des commentaires qui traitent de aquarum qualitate, de controversiis, de limitibus, de controversis aquarum, et semble avoir été écrit sous Domitien. On attribue aussi à Frontin un traité d'agriculture dont il ne nous reste rien.
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