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Tournois et joutes
Les tournois et les jeux guerriers commencèrent au XIe siècle. Il s’agissait à la fois d’un sport et d’une formation au combat. Habituellement, ils prenaient la forme d’une mêlée, les participants utilisaient des chevaux, des armures et des armes de guerre-Au XVe siècle, l’art de la joute équestre est devenu très sophistiqué- Durant le processus, l’apparat et la spécialisation sont devenus moins guerriers, peut-être en raison de l’évolution du rôle du chevalier dans la guerre-
Des chevaux étaient élevés spécialement pour la joute, et des armures lourdes mises au point pour eux. Toutefois, cela n’a pas nécessairement amené à élever des chevaux de plus grande taille- Les chevaux utilisés pour les reconstitutions mesurent 1,50 m à 1,60 m, et pèsent environ 500 kg, et ils sont parfaitement à l’aise pour la joute-
Cheval et transport
Tout au long du Moyen Âge, le cheval est le principal moyen de transport pour les personnes de toutes les classes sociales et dans tous les contextes, il fut donc largement utilisé. Les classes supérieures et les cours royales se déplaçaient entre leurs différentes propriétés et leurs successions, la diplomatie exigeait de longues chevauchées, la guerre et la croisade aussi ont mené les hommes dans de lointains pays à dos de cheval, les prêtres ont voyagé entre les églises et les monastères, jusqu’à Rome, les gens de toutes classes effectuaient des pèlerinages, ou voyageaient pour trouver du travail, d’autres en faisaient un passe-temps- La plupart des gens effectuaient les petits trajets à pied et utilisaient les chevaux pour de longs trajets- Pour les classes supérieures, les voyages s’accompagnaient de beaucoup de faste et de beaux chevaux effectuaient de magnifiques cavalcades pour afficher la richesse de leur propriétaire comme pour assurer son confort personnel-. Par exemple, en 1445, la maison royale anglaise possédait soixante chevaux pour l’usage du roi et 186 pour les « chars » (chariots)-
Les convois de mules et les barges sur les rivières et les canaux étaient également utilisés pour le transport sur longue distance, même si les véhicules hippomobiles étaient préférés pour des trajets plus courts. Dans les zones pourvues de bonnes routes, des services de transport réguliers furent établis entre les principales villes- Toutefois, les routes médiévales étaient généralement très mauvaises et le transport de passagers y fut rare. Lorsque les routes furent autorisées, les premières calèches furent développées à partir de charriots de marchandises. Les voyages furent rendus plus confortables à la fin du XIVe siècle grâce à l’introduction de la suspension-
La vitesse d’un voyage équestre varie considérablement. La plupart des convois étaient ralentis par la présence de charriots lents et de litières, ou par les hommes à pied qui peuvent rarement couvrir plus de 30 km par jour. La plupart des petits groupes hippomobiles pouvaient couvrir 30 miles par jour. Toutefois, il existe des exceptions : l’arrêt pour un changement de chevaux à mi-chemin. Richard II d'Angleterre a une fois réussi à couvrir les 70 miles entre Daventry et Westminster en une seule nuit-
Pour l’élevage, la guerre et le voyage, il était également nécessaire de transporter les chevaux eux-mêmes. À cette fin, des bateaux étaient adaptés et conçus pour être utilisés pour le transport des chevaux. En 1066 lors de la l’invasion de l’Angleterre, Guillaume de Normandie a transféré plus de 2000 chevaux à partir de la Normandie- De même, lors de ses voyages en France en 1285 et 1286, Edward I d'Angleterre a convoyé plus de 1000 chevaux à travers la Manche-
Chevaux de selle
Les chevaux furent utilisés par une grande variété de gens au Moyen Âge, avec de très grandes variations dans la qualité, la taille et les conditions de reproduction. Les montures des chevaliers et des nobles étaient réservées à la guerre, à l’apparat et au prestige, et ils possédaient tous des chevaux de selle de moindre valeur afin de garder leurs chevaux de bataille uniquement pour la guerre- Les noms des chevaux font référence à un type de cheval plutôt qu’à une race. Beaucoup de chevaux étaient décrits par la région où eux ou leurs ancêtres étaient nés. Par exemple, en Allemagne et en Hongrie, les chevaux étaient utilisés pour la selle individuelle et souvent décrits sur leurs allures « trotteurs » ou « ambleurs », sur leur couleur, ou par le nom de leur propriétaire-
Les meilleurs chevaux de selle étaient connus comme des palefrois, d’autres souvent appelés haquenées. Les femmes qui parfois montaient à cheval possédaient de petits palefrois calmes connus sous le nom de genêts ou de haquenées-
Chevaux de bât et de trait
Le cheval de bât était chargé du transport de biens d’équipement attachés directement sur son dos- et son utilisation fut commune. Les chevaux de trait pouvaient être utilisé comme chevaux de bât également-. Les chevaux de bât et de trait transportaient du matériel dans le cadre du commerce, de l’agriculture, ou des campagnes militaires. Ces chevaux étaient plus petits que leurs homologues modernes, les œuvres picturales et les preuves archéologiques suggèrent qu’ils étaient robustes mais petits 1,30m à 1,40 m, et capables de tracter de 230 à 270 kg par cheval-. Les attelages à quatre roues et deux roues étaient plus fréquents dans les villes comme Londres, et, selon le type de charriot et le poids de la charge, généralement tirés par deux, trois ou quatre chevaux attelés en tandem-À partir du XIIe siècle, en Angleterre, l’utilisation des bœufs pour tirer les charrettes a été progressivement remplacée par l’utilisation de chevaux. Ce changement est dû à la plus grande rapidité du cheval pour le transport des marchandises, et son déplacement sur de plus grandes distances que le bœuf ne le permet-.
Agriculture
Les Romains utilisaient une rotation des cultures sur deux terrains, mais à partir du VIIIe siècle, la rotation à trois terrains devint plus fréquente. Un champ était semé avec une culture d’hiver, le second avec une culture de printemps, et le troisième à la jachère. Cela permit une plus grande quantité de cultures de printemps et la culture de l’avoine, qui fournissait le fourrage pour les chevaux- Une autre avancée au cours du Moyen Âge fut le développement de la charrue et son alourdissement qui permit de labourer facilement les sols lourds, cette technologie nécessita l’utilisation de grandes équipes d’animaux de trait, dont les bœufs et les chevaux, ainsi que l’adoption de grands domaines-en particulier après le XIIe siècle, où le recours accru à la fois au collier d'épaule et à l’utilisation du fer à cheval permirent aux travaux agricoles d’être réalisés de manière plus efficace- Les équipes étaient généralement de quatre chevaux, ou peut-être six, par rapport à huit bœufs. La compensation venait du fait que les chevaux doivent être nourris de grain, à la différence des bœufs. L’augmentation de la vitesse des chevaux a également permit de labourer plus de terrains en un jour, avec une équipe de huit heures en moyenne, le bœuf labourant un demi-acre par jour, et le cheval une acre en moyenne par jour-
Pour les travaux agricoles tels que le labourage et le hersage, le cheval de trait utilisé était appelé affrus (ou Stott), et généralement plus petit et moins couteux que le cheval de selle. Alors que les bœufs étaient traditionnellement utilisés comme animaux de travail sur les fermes, les chevaux commencèrent à être utilisées en grand nombre après le développement du collier d'épaule. Les bœufs et les chevaux furent parfois exploités ensemble. Le passage des bœufs aux chevaux pour les travaux agricoles est documenté dans des sources d’images (par exemple, la tapisserie de Bayeux au XIe siècle représente des chevaux de labour), et le changement de rotation des cultures a augmenté la production de plantes fourragères (principalement l’avoine, l’orge et les haricots)- Les chevaux furent également utilisés pour traiter les cultures, ils firent tourner les roues des moulins et transportèrent des produits sur le marché. La modification des équipes de traction signifia aussi un changement dans les charrues car les chevaux sont plus adaptées aux charrues à roues, à la différence des bœufs.
Femmes et chevaux
Il n’était pas rare qu’une héritière reprenne les activités de son père, principalement dans le commerce, ou que les femmes veuves reprennent les activités de leur mari, de nombreuses corporations acceptaient l’adhésion des veuves afin qu’elles puissent continuer l’activité de leurs maris. Certaines femmes ont ainsi exercé des métiers liés au cheval, et il y a des archives prouvant que des femmes travaillaient comme maréchal-ferrant ou fabricants du matériel équestre comme les selles-Dans les exploitations agricoles, les femmes travaillent souvent avec des hommes (sur leurs propres exploitations ou embauchées comme aides), ce qui leur donnait la responsabilité des chevaux de trait et des bœufs et la gestion de leurs soins-
Malgré les difficultés des voyages, de nombreuses femmes voyagèrent sur de longues distances. Les épouses de la haute société accompagnaient souvent leur mari sur les tournois et de nombreuses femmes voyagèrent pour des engagements sociaux ou familiaux, les religieuses et femmes de foi effectuaient des pèlerinages- Lorsqu’elles n’étaient pas à pieds, les femmes voyageaient en général à cheval, ou, si elles étaient affaiblies ou malades, dans un chariot ou sur une litière. Après l’amélioration des systèmes de suspension des charriots, les voyage dans les calèches sont devenus plus confortables-. Les femmes de la noblesse possédaient parfois des chevaux de sport, avec lesquels elles accompagnaient les hommes dans leurs activités comme la chasse et la fauconnerie-
La plupart des femmes médiévales montaient à cheval à califourchon. Un modèle de selle avec un repose-pied fut inventé vers le XIIe siècle pour permettre aux femmes de la noblesse de chevaucher tout en portant des robes élaborées, mais elles n’ont pas été universellement adoptées au cours du Moyen Âge- Ceci est largement dû au manque de sécurité de ces sièges qui nécessitaient un bon cheval ambleur conduit par un autre cavalier. La monte en amazone n’est pas pratique pour l’équitation de tous les jours jusqu’au développement du pommeau à fourches au XVIe siècle, qui permit aux femmes de passer leurs jambes au-dessus du pommeau et de contrôler leur propre cheval. La monte en amazone reste une activité dangereuse jusqu’à l’invention d’une nouvelle selle à fourches au XIXe siècle-
Plusieurs femmes sont mentionnées pour avoir prit par à des guerres sur le dos de chevaux. Jeanne d'Arc est probablement la plus célèbre de ces femmes guerrières médiévales mais il y en eut beaucoup d’autres, y compris Mathilde l'Emperesse qui a menée une armée contre son cousin Étienne d'Angleterre armée et caparaçonnée, et l’épouse d’Étienne, Mathilde de Boulogne, au XIIe siècle. Au XVe siècle, l’écrivain Christine de Pisan conseillait aux femmes de « connaître les armes et toutes les choses relatives à la guerre, toujours se montrer prêtes à commander des hommes, s’il y a besoin ».
Sources
Brigitte Prévot et Jordanus Rufus, La science du cheval au Moyen Âge Paris, Klincksieck, 1991
Brigitte Prévot et Bernard Ribémont, Le cheval en France au Moyen Âge : sa place dans le monde médiéval , Caen, Paradigme, 1994
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