Représentation des animaux dans l'art

 

                                                                    Dieu créant les animaux  -  1480

L'animal au Moyen Âge

L'art du Moyen Âge est principalement un art sacré qui reflète la relation privilégiée entre Dieu et l'homme, créé à son image. L'animal soumis et imparfait apparaît souvent confronté ou dominé par l'homme, mais un deuxième courant de pensée issue de Saint Paul et d'Aristote qui se développe surtout à partir du XIIe siècle inclus dans la même communauté des créatures vivantes l'animal et l'homme.

Durant l'ère chrétienne, l'attachement de l'Église à faire disparaître le paganisme entraîne un renouveau de l'art symbolique. Les représentations de l'art roman sont toujours bizarres et effrayantes et reflètent le faible lien unissant l'homme et l'animal à cette époque. L'animal devient une allégorie, par exemple la colombe représente la paix-

Créature de Dieu, l'animal aide l'homme à interpréter le monde, d'où un rôle symbolique et moralisateur, particulièrement représenté dans les bestiaires et les volucraires. Puis à partir du XIIIe siècle, les encyclopédies se développent, en partie suite à la traduction des œuvres d'Aristote. L'animal a sa place dans ces inventaires qui se défont peu à peu des moralisations, et certains développent des aspects pratiques pour l'élevage des animaux.

De fait l'animal est très présent dans la vie du Moyen Âge, comme en témoignent les représentations des mois dans les livres d'heures mais aussi les contes, fables et satires, comme le Roman de Renart ou le roman de Fauvel.

 

Dans la religion

L'histoire chrétienne des animaux commence par leur création décrite dans la Genèse. Dans le premier récit de la Genèse, Dieu crée les animaux comme ornementation du monde avant de créer l'homme et la femme à son image. Les poissons de la mer et les oiseaux du ciel sont créés le cinquième jour, suivis par les bêtes de la terre au sixième jour-

Dans le second récit de la Genèse, Dieu destine les animaux à aider l'homme. Adam nomme les animaux, asseyant ainsi sa supériorité

* homme créé à l'image de Dieu opposé à l'animal

* communauté d'êtres vivants (Aristote), animal créature de Dieu, procès faits aux animaux

* compagnon du saint, Légende dorée, Miroir historial de Vincent de Beauvais

 

Dans la connaissance

* Bestiaires, Aviarum

* Encyclopédies

Pour décrire la faune, l'homme du Moyen Âge accorde plus d'importance à l'allégorie et à la symbolique des animaux qu'à l'observation. La transmission des connaissances se fait par l'intermédiaire des auteurs anciens qui font autorité. Vers le XIIe siècle, on voit apparaître dans les bestiaires anglais une première taxinomie qui distingue les quadrupèdes, les oiseaux, les poissons et les reptiles. Ensuite, à partir du XIIIe siècle, les notions de science et d'histoire naturelle commencent à se développer. Ainsi l'empereur Frédéric II ose remettre en cause Aristote et utilise l'observation et l'expérimentation pour élaborer son traité de fauconnerie, De arte venandi cum avibus.

Dans les descriptions la distinction entre animaux familiers et sauvages, communs ou exotiques, animaux réels et imaginaires n'entre pas en compte- De fait, l'existence même des animaux, en particulier de ceux qui figurent dans la bible comme le dragon ou la licorne, ne sera remise en cause que beaucoup plus tard : Edward Topsell les fait encore figurer dans son History of Four-Footed Beastes (1607). De plus, certains animaux exotiques comme le crocodile peuvent avoir été familiers des auteurs antiques (le Physiologos source des bestiaires a été écrit près d'Alexandrie) tandis que le lion, par sa présence dans les ménageries est beaucoup moins exotique qu'on pourrait le penser.

La liste des animaux connus au Moyen Âge comprend un certain nombres d'êtres hybrides tels les sirènes, les centaures ou encore le Bonnacon, cheval à tête de taureau avec des cornes de bélier]. Par la présence de nombreuses chimères, la représentation animale va même au-delà des espèces nommées, comme par exemple sur le portail septentrional de la cathédrale de Rouen ou sur une centaine de créatures ne semblent pas correspondre à une espèce connue.

 

Dans la société

* Livres de chasses

* Fables

 

Évolution et influences de la représentation animale au cours du Moyen Âge

Au cours du Moyen Âge, la représentation animale va évoluer passant d'une imagerie codifiées issue de multiples influences à une représentation naturaliste dont témoignent par exemple les croquis d'après nature faits dans la ménagerie des Visconti ou de Frédéric II, comme le lion de Villard de Honnecourt.

La plupart des descriptions animales se basent sur le Physiologus, bestiaire antique écrit en grec au IIe ou IIIe siècle à Alexandrie, puis traduit en latin au IVe siècle. L'Occident a également reçu l'influence orientale et dragons et griffons se greffent aux animaux occidentaux. Les animaux familiers sont représentés en particulier au travers des scènes de la vie paysanne dans les livres d'heures du XVe siècle.

 

Art islamique

À partir du IXe siècle, l'aniconisme musulman est respecté pour les espaces religieux à des rares exceptions, en particuliers les mosquées anatoliennes. Des illustrations figuratives sont présentes dans des œuvres profanes, dans des manuscrits enluminés et dans l'art de la céramique.

Influence orientale

* Tissus

 

Haut Moyen Âge (500 – 987)

Art byzantin

* Mosaïque-tapis, Antioche VIe siècle

 

 

Art des migrations

Dans l'enluminure mérovingienne, on voit apparaître des lettrines zoomorphes. Des poissons et des oiseaux décorent par exemple le Sacramentaire de Gellone de la fin du VIIIe siècle-

 

Art roman

L'artiste roman s'inspire de motifs antiques païens qu'il réinterprète suivant le courant de pensée de l'époque. Le sens devient religieux et moral, ce qui donne parfois lieu à une modification des formes antiques.

Du point de vue du sens, la sirène, séductrice antique, se retrouve associée à la luxure. Elle conserve son aspect antique de sirène-oiseau avec des ailes et des serres, image qu'Isidore de Séville justifie par le fait que « l'amour vole et griffe ». En parallèle, le motif de la sirène-poisson apparait, résultat de l'assimilation avec les tritones. Il se présente sous deux formes, à queue unique ou bifide-

 

 

Art cistercien

Ouvrage du début de l'art cistercien, la Bible d'Étienne Harding se compose d'un premier tome orné d'initiales dorées et d'un second tome présentant de riches enluminures. Mais avec Saint-Bernard un art austère s'annonce. En 1140, il s'insurge contre les décorations des cloîtres, en particulier le bestiaire sculpté : « Mais que signifient dans vos cloîtres, là où les religieux font leurs lectures, ces monstres ridicules, ces horribles beautés et ces belles horreurs? A quoi bon, dans ces endroits, ces singes immondes, ces lions féroces, ces centaures chimériques, ces monstres demi-hommes, ces tigres bariolés, ces soldats qui combattent et ces chasseurs qui donnent du cor? ».

Les Statuts de Cîteaux (1150-1152) proclament « Nous interdisons que l'on fasse des sculptures ou des peintures dans nos églises ou dans les autres lieux du monastère, parce que pendant qu'on regarde, on néglige souvent l'utilité d'une bonne méditation et la discipline de la gravité religieuse[18] ». L'art cistercien se caractérise alors par des décors dépouillés, éventuellement des végétaux stylisés. Dans les manuscrit, l'or est banni, seule une couleur différente peut être utilisée pour les initiales. Avant l'explosion gothique, la figuration revient peu à peu avec par exemple les modillons de l'abbaye de Flaran, les culots de Silvacane, ou encore le cloître de l'abbaye de Valmagne-Henri Focillon dira « les cisterciens expulsèrent de l'art religieux ce qui restait encore de faste et de mystère oriental»

 

 

Art gothique

Postérité

Peintre du début de la Renaissance, Jeronimus Bosch fait entrer des animaux et créatures étranges dans certaines de ses œuvres, en particulier dans Le Jardin des Délices- L'artiste utilise des animaux pour critiquer la société dans laquelle il vit-

 

Symbolique animale

Le lion, roi des animaux

Au Moyen Âge, le lion tient son titre de roi des animaux à la fois de la bible et d'un héritage gréco-romain comme en témoignent les écritures, les fables, les encyclopédies et les bestiaires. Le lion est habituellement identifiable à sa queue et à sa crinière, il arrive qu'en tant que roi il soit couronné. De fait, le lion est clairement associé à la royauté médiévale au travers du surnom de Richard Cœur de Lion de Richard Ier d'Angleterre-

 

Dans l'Ancien testament, le lion est confronté à l'homme à trois occasions : tué à mains nues par Samson, un essaim d'abeilles s'installe dans son cadavre, terrassé par David pour protéger son les brebis de son père et dans la scène de Daniel et la fosse aux lions-

Le combat de Samson contre le lion s'interprète comme la victoire du Christ contre Satan. C'est une scène souvent représentée au Moyen Âge, par exemple sur le tympan d'églises sous forme de bas-relief, sculptée sur les chapiteaux, dans les manuscrits enluminés ou encore sur le retable émaillé de Nicolas de Verdun créé pour l'Abbaye de Klosterneuburg. La scène de Samson recueillant du miel dans la gueule du lion mort figure sur le chambranle sculpté de style wiligelmique de l'Abbaye de Nonantola, le lion devient alors un symbole christique.

La scène de David jeune berger fait figurer le lion ou l'ours. La version avec le lion figure par exemple sur la lanterne de Bégon du tésor de l'abbatiale de Conques et fait partie des quatorze illustrations en pleine page du Psaultier de Paris, manuscrit byzantin du IXe siècle-

Daniel dans la fosse aux lions, parfois seulement intitulée « Daniel entre les lions » est une scène souvent représentée. Elle figure sur un un chapiteau wisigoth du VIe siècle de l'Église de San Pedro de la Nave, dans de multiples églises romanes et sur le portail de l'église Saint-Trophime, à Arles.

L'image du lion peut se faire plus terrifiante illustrant le Psaume 22, verset 21 « Sauve-moi de la gueule du lion », ainsi on trouve des sculptures où des lions dévorent des hommes comme par exemple sur le portail de la Cathédrale Sainte-Marie d'Oloron, une autre connotation négative lui est associée par un passage de Pierre faisant référence à Satan qui déambule tel un lion cherchant une proie à dévorer Le Psaume 91, verset 13 « Tu marcheras sur l'aspic et le basilic, tu piétineras le jeune lion et le dragon » est à l'origine de la figure du Christ marchant sur les animaux (en), comme par exemple sur le diptyque de Genoelselderen[33] ou le Christ bénissant du portail de la cathédrale d'Amiens.

Dans le Physiologos puis dans les bestiaires, on affirme que le lion peut dormir les yeux ouverts, ce qui confia au lion un rôle de gardien qui se concrétise par sa présence à l'entrée d'églises ou de salles, comme sur le trumeau de l'abbaye Saint-Pierre de Moissac. Les manuscrits enluminés représentent le lion selon les trois caractères fondamentaux donnés dans le Physiologos : il se tient en haut des montagnes, ses yeux sont ouverts même lorsqu'il dort, il ramène ses lionceaux nés morts à la vie après qu'ils ont passé trois jours dans les limbes. Cette dernière caractéristique l'associe à la résurrection : il a donc aussi un rôle de protection des hommes dans la mort est se retrouve ainsi au pieds de gisants.

 

Le lion est aussi dépeint à travers les images positives de saint Jérôme et son lion, du tétramorphe (lion de saint Marc). Le lion ailé est très représenté à Venise : il en est le symbole, et la légende attribue à la ville de garder la dépouille de saint Marc[35]. Ainsi, le lion revient très souvent dans les églises catholiques car il représente la force du croyant combattant le péché, et dans les objets : bracelets en patte de lion, siège épiscopal sculpté à l'effigie du lion, sur le socle des chandeliers, les portails d'église…

Les représentations de l'art roman sont toujours effrayantes et étranges.

 

 

Le cerf, ennemi du serpent

Le cerf était réputé tuer les serpents, ce qui en fait évidemment un animal christique. De plus, ses bois qui tombent et repoussent chaque année l'associent à la résurrection. Au cours du Moyen Âge, la chasse au cerf devint la chasse noble par excellence du fait de la déchéance de l'ours.

 

L'ours, roi déchu

Nous savons que l'ours était célébré et vénéré durant l'Antiquité et le haut Moyen Âge, notamment par les celtes et les germano-scandinaves : les autorités chrétiennes se sont donc efforcées de lutter contre ces cultes animistes en s'attaquant à la symbolique de l'ours qui, de roi des animaux, passa au statut de bête balourde, idiote et domptée au cours du XIIe siècle. Cette dépréciation de l'ours passa par la lutte physique contre l'animal et les fêtes qui lui étaient dédiées, mais aussi, et surtout, par l'hagiographie et les représentations. En effet, l'hagiographie abonde d'exemples où des saints apprivoisent des ours, tels saint Blaise, saint Colomban et saint Gall. Tous avaient pour fonction de lutter contre les cultes païens liés à l'ours. Parallèlement et selon Michel Pastoureau, de nombreux théologiens médiévaux s'inspirèrent de saint Augustin et de Pline l'Ancien pour dresser un portrait diabolique de l'ours et le dévaloriser. Ainsi associé au Diable, l'ours devint son animal favori ou l'une de ses formes. Dans l'iconographie chrétienne, le Diable possède souvent les pieds, le mufle et le pelage d'un ours. L'apparence velue de l'ours et sa couleur brune devinrent un signe de bestialité diabolique, et l'animal se vit chargé de péchés capitaux-

 

 

La licorne

Les premières licornes des bestiaires médiévaux ressemblaient rarement à un cheval blanc, mais plutôt à une chèvre, un mouton, une biche, voire à un chien, un ours et même un serpen Elles étaient de couleurs variées, y compris bleues, brunes et ocre, avant que la couleur blanche et la forme torsadée de la corne ne se généralisent. Souvent confondue avec le rhinocéros, les descriptions des deux « animaux » se confondent dès Pline l'Ancien qui décrit que l'unicorne existe en deux variétés, l'une, très discrète, ressemble à une antilope ou à une chèvre avec une unique corne sur le front, l'autre est un animal énorme incapturable, avec une peau très dur La généralisation de sa forme à la fois caprine et chevaline et de sa couleur blanche serait le résultat du symbolisme et des allégories qui lui sont attribuées.

La licorne devient dès la fin du XIIe siècle et au début du XIIIe siècle l'un des thèmes favoris des bestiaires et de la tapisserie dans l'occident chrétien, et dans une moindre mesure, des sculptures. Deux séries de tapisseries représentant des licornes restent célèbres : La chasse à la licorne et La dame à la licorne.

La Chasse à la licorne est une célèbre série de sept tapisseries exécutées entre 1495 et 1505, qui représentent un groupe de nobles poursuivant et capturant une licorne. Cette série, probablement exécutée pour un commanditaire français (peut-être à l'occasion d'un grand mariage) par les ateliers de Bruxelles ou de Liège], fut ensuite propriété de la famille de La Rochefoucauld, avant d'être achetée par John D. Rockefeller, qui en fit don au Metropolitan Museum, où elle se trouve aujourd'hui.

 

Symbolisme

On compte des centaines, voire des milliers de miniatures de licornes avec la même mise en scène inspirée du Physiologos : la bête est séduite par une vierge traitresse et un chasseur lui transperce le flanc avec une lance. La « capture de la licorne » semble issue de la culture de l’amour courtois, liée au respect de la femme, aux loisirs délicats, à la musique et à la poésie et toutes ces illustrations sont d'inspiration chrétienne, la licorne représentant la trahison envers le Christ, flanc percé par une lance comme dans l'épisode biblique de la Passion de Jésus-Christ. Selon Francesca Yvonne Caroutch, la licorne figurerait la bête divine dont la corne capte l'énergie cosmique et féconde la madone dans les nombreuses « Annonciations à la licorne »

Selon le dictionnaire des symboles, les œuvres d'art qui présentent deux licornes s'affrontant seraient l'image d'un violent conflit intérieur entre les deux valeurs de la licorne : virginité et fécondité. À partir du XVe siècle, les hommes et les femmes sauvages deviennent fréquents dans l'iconographie et la licorne est associée aux bêtes sauvages, parfois chevauchée par des sylvainss, bien que seule une vierge puisse la monter. Cette idée selon laquelle la licorne ne peut vivre qu'à l'écart des hommes, à l'état sauvage et dans une forêt reculée dont on ne peut l'arracher, auquel cas elle mourrait de tristesse, sera reprise par d'autres auteurs bien plus tard, notamment par Carl Gustav Jung.

 

Dragons

 

Issu de traditions celtiques et asiatiques, le dragon apparaît dès l'art paléochrétien. On le retrouve dans l'art byzantin, les icônes slaves, les gargouilles et les manuscrits enluminés

Le dragon médiéval est un monstre malfaisant et hideux toujours associé au mal. Comme en latin, draco signifie à la fois dragon et serpent, le dragon est lié au serpent et en particulier au tentateur de la Genèse, qui a poussé Adam et Ève à gouter le fruit défendu-Les encyclopédies médiévales le classifient donc comme un serpent-

Le dragon est représenté sous diverses formes, le plus souvent avec deux pattes griffues, une longue queue de reptile et parfois des ailes, voire plusieurs têtes.

Dans l'apocalypse, Saint Michel et ses anges combattent le dragon :

« Et il y eut un combat dans les Cieux ; Michel et ses anges affrontèrent le dragon... et le grand dragon fut terrassé, le Serpent des Anciens, celui que l'on nomme Diable ou Satan »

Le dragon est terrassé par de nombreux saints dans des combats qui symbolisent le triomphe du Bien sur le Mal, voire la victoire du christianisme sur le paganisme. Ainsi, dans certaines versions de Saint Georges et le dragon, le saint n'accepte de tuer le monstre que si les villageois se font baptiser. Dans la légende de Sainte Marguerite d'Antioche, le dragon qui avale la sainte et dont elle sort intacte grâce à une croix est le Diable.

Sainte Marthe se sert d'eau bénite pour maîtriser un dragon, la tarasque, dragon à six pattes qui selon la légende dorée donne son nom à la ville de Tarascon.

 

Le Cheval

Le cheval fait partie des animaux du quotidien au Moyen Âge. Il est l'attribut des chevaliers et fait l'objet d'un vocabulaire spécifique : palefroi, destrier ou roncin désignent des types de chevaux aux utilisations diverses. Depuis l'Antiquité, des chevaux merveilleux tels que Pégase peuplent les contes et légendes. Au Moyen Âge, les héros de chanson de geste montent des chevaux-fée tels que Bayard ou des palefrois exceptionnels, aussi beaux qu'intelligent qui servent l'amour courtois

 

Sources

* Josy Marty-Dufaut, Les animaux du Moyen Âge réels et mythiques, Autres temps, 2008


 

Commentaires (1)

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