Mythologie et folklore d'Europe du nord et d'Europe germanique
L’équivalent scandinave du loup-garou se nomme vargúlfr, où vargr signifie loup selon l’acception antique et nordique, úlfr loup également selon l’acceptation pangermanique.
Dans la Saga d’Egill, fils de Grímr le Chauve, le grand-père Úlfr fut surnommé Kveld-Úlfr (qui signifie « le loup du soir »), car chaque soir il devenait farouche et avait envie de dormir. Egill hérita de cette propriété
(La saga d'Egill, fils de Grímr le Chauve, ou Egils saga, est l'une des grandes sagas islandaises de famille. Composée en Islande dans la première moitié du XIIIe siècle, vraisemblablement par Snorri Sturluson, descendant probable du personnage principal, elle raconte les origines de la famille islandaise des Myrar et surtout la vie de son membre le plus célèbre, le scalde et viking Egill qui vécut au Xe siècle.)
Dans la Völsunga saga, Sigmundr et Sinfjötli découvrent deux hommes endormis : « Des peaux de loups étaient suspendues au-dessus d’eux dans la maison. Tous les dix jours, il leur était possible de sortir de ces peaux. Sigmundr et Sinfjötli leur passèrent les peaux de loups et alors, ils ne purent aucunement en sortir, quoiqu’en vérité, ils eussent conservé la même nature qu’auparavant : ils hurlaient comme des loups, chacun d’eux sachant la signification de ce hurlement »
(La Volsunga saga est une saga légendaire nordique racontant l'histoire du clan Volsung au cours des générations. C'est une histoire d'aventures, d'amour et de tragédie dont l'origine reste incertaine (certainement autour du XIe siècle). Sigi, un fils d'Odin, était un grand chasseur, mais un esclave de la déesse Skadi du nom de Bredi était meilleur que lui. Sigi, jaloux, tua Bredi mais Skadi retrouva son corps et Sigi fut déclaré hors-la-loi. Cependant il devint le roi du Húnaland et, durant son règne, se fit beaucoup d'ennemis. Sigi fut tué par ses ennemis et laissa sur son trône son fils, Rerir. Rerir était encore un meilleur guerrier que son père dont il vengea la mort en tuant tous ses ennemis. Cependant lui et sa femme, ne pouvant pas avoir d'enfant, prièrent les dieux et une pomme d'or leur fut délivrée. Ils la mangèrent ensemble et, plus tard, sa femme tomba enceinte. Rerir mourut dans une guerre, sa femme resta enceinte pendant six hivers et, mourante, demanda qu'on enlève l'enfant de son ventre : Volsung était né avec la taille et la force d'un homme adulte.)
Les femmes peuvent aussi se transformer en louves : dans l’Edda poétique , vargynjur est la femme-louve que Thórr a molesté-
Le loup et l’ours sont aussi deux aspects des guerriers berserkir. Les lycanthropes de Fennoscandie sont généralement décrits comme de vieilles femmes qui possèdent des griffes empoisonnées et la capacité de paralyser les bovins et les enfants avec leur regard-
D’autres contes de fées germaniques mettent en scène des hommes qui se transforment temporairement en bêtes:
Vironsusi
Le vironsusi est un lycanthrope finlandais, plutôt mélancolique de nature. Sa transformation est le plus souvent involontaire, parce qu’une sorcière lui a jeté un sort, il reste loup jusqu’à ce que quelqu’un ou quelque chose le libère de son sort. Ils se cache dans les maisons et dévore parfois le bétail, mais s’attaque rarement à des personnes et attend que quelqu’un le reconnaisse. Lorsque cela se produit (par exemple, grâce à la mère du vironsusi), cette personne peut briser le sort en appelant le lycanthrope par son prénom ou en lui donnant du pain à manger. Lorsque le vironsusi a retrouvé sa forme humaine, il garde toujours sa queue de loup jusqu’au jour de sa mort-
Folklore d'Europe de l'ouest
Îles britanniques
Les lycanthropes sont rarement mentionnés en Angleterre, probablement car le loup fut éradiqué par les autorités durant la période anglo-saxonne Par contre, ils sont courants en Irlande et l’île fut même un temps nommée Terre des loups. Plus tard, les croyances européennes sur les lycanthropes intéressèrent la société de cryptozoologie de Londres, qui décrivit la présence d’un virus nommé le Lic-V dans le sang des lycanthropes, fonctionnant de la même manière que celui du SIDA pour changer les humains en loups.
Vers 970, un homme nommé Baianus se transforma en loup grâce à la nécromancie : « Il s’est changé lui-même en loup ou dans la peau d’un autre animal si souvent (…) »-
Wulver
Ce lycanthrope est propre au folklore des îles Shetland, en Écosse. Il est décrit comme un homme couvert d’une fine toison brune mais avec une tête de loup. Contrairement à la majorité des lycanthropes, le wulver n’est pas agressif si on ne l’embête pas. Il passe la majeure partie de son temps assis sur un rocher à pêcher. On raconte qu’il laisse parfois du poisson sur l’appui de fenêtre des familles pauvres.
Mélion
Un lycanthrope est mentionné dans le lai de Mélion, où il se transforme en loup grâce à l’enchantement d’un anneau et demande à sa femme de le toucher ensuite avec une pierre vermeille pour qu’il redevienne un homme. La femme, infidèle, part en Irlande avec un écuyer en laissant son mari prisonnier de son corps de loup. Grâce au roi Arthur, Mélion parvient à redevenir humain.
Folklore irlandais
Lorsque Saint Patrick arriva en Irlande pour évangéliser l’île, il trouva de nombreux lycanthropes sur place. Giraud de Barri rapporte par exemple la mésaventure d’un prêtre et d’un jeune garçon qui quittaient l’Ulster pour se rendre dans le comté de Meath. Pendant la nuit, ils firent halte dans une forêt inconnue et allumèrent un feu sous un grand arbre quand surgit un loup qui déclara d’une voix humaine « Ne vous alarmez pas, n’ayez nulle crainte ». Il s’agissait d’un homme qui vivait autrefois avec son épouse dans le sud-ouest du Leinster. Une malédiction frappait ce royaume tous les sept ans et un couple de villageois se trouvait changé en loup. S’ils survivaient pendant les sept ans, ils retrouvaient leur forme humaine et rentraient chez eux, un autre couple était alors maudit à leur place. Le loup expliqua que sa femme et lui avaient purgé une partie de leur peine mais que son épouse, malade, pouvait mourir d’un moment à l’autre. Il supplia le prêtre de lui apporter les derniers sacrements, lequel accepta et suivit le loup avec l’enfant dans les sous-bois, où ils découvrirent une louve cachée dans un tronc d’arbre creux. La bête poussait de tristes soupirs humains. Le prête hésitait à offrir l’hostie consacrée et le loup tira la fourrure qui recouvrait la tête de sa compagne, révélant une vielle femme. Quand le prêtre eut achevé ses prières, le loup le reconduisit avec l’enfant à leur campement. Le lendemain matin, il les escorta jusqu’à l’orée de la forêt. L’incident aurait été rapporté à Rome pour recueillir l’opinion du pape.
Ce même historien rencontra vers 1182 des loup-garous irlandais qui se métamorphosaient durant la fête de Yule (correspondant plus ou moins à Noël). Ils étaient natifs d’Ossory, et avaient été maudits par St. Natalis en punition de leur méchanceté.
Folklore français
La France est un pays très fertile en légendes lycanthropiques, et les loup-garous y sont surtout vus comme des démons venus terroriser le peuple sous le commandement du Diable, les récits de transformations involontaires sont rares.
Au IXe siècle, Nennius rapporte dans son Historia Britannicum que certains hommes celtes étaient réputés pouvoir prendre la forme d’un loup à volonté grâce à une force diabolique issue de leurs ancêtres. Ils s’attaquaient ainsi aux moutons, et lorsque des gens armés de bâtons les poursuivaient, ils s’enfuyaient le plus vite possible. Pour se transformer, ils quittaient leur corps humain en ordonnant à leurs amis de ne pas les changer de position car, si cela arrivait, ils ne pourraient plus jamais reprendre forme humaine. Si quelqu’un les blessait sous leur forme de loup, la blessure se retrouvait exactement au même endroit sur leur corps humain.
Au Xe siècle, on donnait aux loup-garous le nom de melancholia canina et au XIVe siècle, de daemonium lupum. Au XIIe siècle, selon Guillaume de Palerme, de nombreux sorciers Leu-Garou avaient pris l’habitude de courir dans les champs durant les nuits de pleine Lune, munis de peaux de loup, afin d’effrayer les populations.
Vers 1131, une légende mentionne que Hugues de Camp d’Avesnes, comte de Saint-Pol qu’on appelait la Bête Canteraine, fut changé en loup-garou par une force divine en raison des crimes épouvantables qu’il avait commis. On le voyait pendant la nuit, chargé de chaînes, parcourir les rues en poussant des hurlements.
Claude Seignolle rapporte que dans le Doubs, on dit que les dents inférieures du loup-garou sont accrochées aux supérieures, ce qui fait qu’il ne peut ouvrir la gueule qu’après s’être violemment frappé le museau sur le sol-
Lai de Bisclavret
Vers 1200, Marie de France compose le lai de Bisclavret (Bisclavret est le nom du loup-garou en Bretagne), dans lequel un chevalier se transforme en loup pendant trois jours chaque semaine. Il se déshabille entièrement avant de se changer en loup et dissimule ses vêtements sous une pierre creuse. Son épouse lui posant de plus en plus de questions, il finit par lui révéler l’endroit où il cache ses vêtements. Terrorisée, celle-ci le trahit en demandant au baron qui lui fait la cour de voler les vêtements. Le bisclavret ne peut plus retrouver sa forme humaine et réchappe de justesse à une chasse au loup donnée par le roi qui remarque son comportement humain et l’épargne. Un soir, le bisclavret retrouve son ex-épouse et le baron à la cour du roi, il les attaque et arrache le nez de la femme. Le roi qui assistait à toute la scène interroge cette dernière, qui finit par lui révéler où elle a caché les vêtements. Le bisclavret redevient humain et le baron comme l’épouse infidèle sont bannis. Ils ne donnèrent naissance qu’à des enfants sans nez. Ce lai est l’un des rares textes français où la lycanthropie apparait comme un destin subi plus que comme une dévotion au Diable.
Mourioche
Jules Haize rapporte la légende de Mourioche, un lycanthrope qui vivait dans l’étang du château de Beauchêne, en Langrolay, au XIe. Il se nourrissait des enfants qui avaient le malheur de se trouver dehors après la tombée de la nuit. Il fut tué au cours d’un combat épique par Jehan, jeune seigneur de Beauchêne-
Otia Imperalia
Le chroniqueur anglais Gervais de Tilbury rapporte dans ses Otia Imperialia, rédigées en 1212, l’histoire de Raimbaud d’Auvergne, un ancien soldat devenu hors-la-loi. Déshérité par le noble Ponce de Chapteuil, il s’exila dans les forêts et se transforma en loup-garou pendant la pleine Lune « Une nuit, sous le coup d’une terreur excessive qui provoqua une aliénation de son esprit », il s’attaqua aux enfants comme aux adultes, força des agriculteurs à quitter leur foyer et ses actes cruels se multiplièrent. « À la fin, grièvement blessé par un bucheron, il perdit un pied, sectionné d’un coup de cognée et reprenant ainsi sa forme, il redevint homme (…) on l’affirme en effet, les hommes qui se conduisent ainsi sont libérés de cette sorte d’infortune par l’amputation des membres ». Raimbaud remercia le bucheron de l’avoir définitivement débarrassé de sa malédiction et de sa damnation.
Dans le même livre, l’histoire de Calcefaria n’est pas moins singulière : « Il dépose ses vêtements sous un buisson ou un rocher secret, et quand il s’est longtemps roulé nu dans le sable, il revêt la forme et la voracité du loup. »
Folklore d'Europe centrale
Vârcolac
Le vârcolac est une créature du folklore roumain qui possède différentes formes selon les traditions, il peut être un lycanthrope ou un gobelin. En roumain, ce nom dérive de vukodlak, вълк (vâlk)/вук (vuk), signifiant « loup » et dlaka, signifiant « fourrure », et décrit à l’origine un lycanthrope (Fourrure du loup littéralement). Dans certaines version (notamment au nord-ouest de la Bulgarie), il s’agit d’un démon loup qui avale occasionnellement la Lune et le Soleil, causant ainsi des éclipses comme le fait le loup Fenrir de la mythologie nordique. Ce terme renvoie également à un mage ayant la capacité de se transformer en loup pour se camoufler, que les hommes craignent bien entendu. D’autres légendes le décrivent comme un fantôme, un vampire ou un lycanthrope, sous le nom de Vrykolak
Folklore d'Europe de l'est, asiatique et baltique
Dans une vieille saga héroïque tartare, Bürûh Kahn régnait sur six cent loups et passait une partie de son temps sous l’apparence d’un loup resplendissant comme de l’or-
Tradition arménienne
Selon la tradition arménienne, certaines femmes coupables de péchés mortels sont condamnées à passer sept ans en forme de louves. Dans l’un de ces contes, une femme condamnée est visitée par un esprit portant une peau de loup qui lui ordonne de la revêtir à son tour. Ce faisant, la jeune femme a une épouvantable envie de chair humaine peu de temps après. Elle fait de son mieux pour lutter contre sa nouvelle nature mais dévore chacun de ses propres enfants, puis les parents des enfants de sa famille, et, enfin, les enfants des étrangers. Lorsqu’elle erre seule la nuit, les portes et les serrures s’ouvrent seuls à son approche. Quand arrive le matin, elle revient à sa forme humaine et enlève sa peau de loup. Dans ces contes, la transformation est généralement involontaire, mais il existe d’autres versions où les femmes peuvent se transformer à volonté-
Vseslav de Kiev
Un byline met en scène le Prince biélorusse du XIe, Vseslav de Kiev, considéré comme un lycanthrope capable de se déplacer à des vitesses surhumaines. Dans Le Dit de la campagne d’Igor il est écrit que « Vseslav le prince jugeait les hommes ; en temps que prince, il faisait la loi dans les villes ; mais à la nuit tombée il rôdait sous la forme d’un loup. Depuis Kiev il rôdait, et il atteignit Tmutorokan avant son équipage. Le passage du Grand Soleil, il l’atteignit et le franchit en rôdant comme un loup[88] ». Ce prince mourut en 1101.
Wawkalak, vourdalak, vlkodlak et bodark
Le wawkalak, également nommé vourdalak, bodark ou оборотень en Russie, est un homme victime de la colère du Diable et puni par une transformation en loup, puis renvoyé parmi les siens qui généralement le reconnaissent et le nourrissent. Contrairement à la plupart des lycanthropes, il n’est pas mauvais de nature et ne s’en prend jamais aux hommes, allant même jusqu’à leur lécher les mains pour leur témoigner son affection. En revanche, sa malédiction fait qu’il ne peut rester longtemps au même endroit et voyage de foyer en foyer puis de village en village. Le vlkodlak se transforme lui aussi à cause de la magie d’un autre, mais reste généralement à l’écart des gens.
Oborot
Oborot signifie littéralement un transformé en russe. Pour le devenir, il faut chercher dans une forêt un arbre dont la cime se courbe vers le sol, le poignarder avec un petit couteau de cuivre et tourner autour en répétant des incantations. L’oborot jaillit alors de l’arbre et s’élance vers la forêt, changé en loup-
Vilkacis
Les vilkacis, Vilkatas ou Vilkatis, sont des lycanthropes communs aux folklores letton et lituanien. Vilkacis signifie littéralement « loup-garou aux yeux de loup ». Le flou demeure pour savoir s’il s’agit d’une transformation physique ou de l’âme d’une personne qui prend possession d’un corps de loup car les récits font états de personnes apparemment endormies qui « courent le garou », après quoi la personne se révèle être morte et l’âme ne peut plus réintégrer sa demeure de chair. Les vilkacis ne s’attaquent qu’aux animaux (particulièrement aux troupeaux) et jamais à l’homme, à l’occasion, ils se montrent bienveillants ou apportent des trésors. Pour se changer en vilkacis, il suffit d’attendre la pleine Lune et de se placer sous un arbre dont la cime est courbée vers le sol en formant un arc de cercle. L’autre méthode rapportées par les contes de fées lettons est plus traditionnelle, il s’agit de revêtir une peau de loup et de prononcer une incantation. Au temps des procès de sorcellerie, il suffisait qu’une femme possède une peau de loup chez elle pour se voir accusée.
Contrairement à la plupart de ses cousins, le vilkacis ne guérit pas de ses blessures, en particulier mortelles. Il existe un teika (traduit par « récit » ou « mythe » en letton) où un homme se transforme en vilkacis pour attaquer le troupeau de vaches d’un baron. Blessé par un coup de feu, il meurt peu après. Dans le folklore letton, les femmes se transformeraient plus volontiers en vilkacis (elles sont nommées vilkatas). Pour cela, elles se déshabillent complètement et cachent leurs vêtement dans un lieu où personne ne peut les trouver car si quelqu’un y touchait, la vilkatas ne peut pas réintégrer sa forme humaine pendant un certain temps (de un à neuf ans). Lorsque cela arrive, la vilkatas erre autour de sa maison, et si elle a un mari et des enfants, elle hurle et tente de se rapprocher d’eux. Les vilkacis sont parfois nommés « Dieva Suni », qui signifie Chiens de Dieu, mais on ne sait pas si Dieu désigne la divinité lettone Dieviņš ou le Dieu unique après l’évangélisation du pays-
Folklore lituanien
Olaus Magnus parle des loup-garous lituaniens dans son Histoire des peuples septentrionaux. Les loup-garous sont très craints des populations et particulièrement actifs le soir de Noël, où ils assiègent les maisons de ceux qui vivent au fond des bois avec une extrême fureur, défonçant les portes des habitations et des étables pour dévorer les hommes et les bêtes. Ils entrent aussi dans les celliers où ils vident des baquets de bière et de cervoise, buvant tout leur saoul avant de les reposer les uns au-dessus des autres. Ils dorment généralement sur place avant de repartir, et si par malheur quelqu’un trébuche à l’endroit même où un loup-garou s’est couché, cette personne risque de mourir au jour de l’an et ne vivra pas un an de plus. Les loup-garous lituaniens sont généralement d’anciens seigneurs à qui la malédiction du loup-garou a été transmise : lorsqu’un lycanthrope lituanien veut affecter une autre personne, il prend un hanap ou une coupe de cervoise et trinque avec sa victime en prononçant une malédiction. Lorsque la personne qui a trinqué boit, elle acquiert le pouvoir de se changer en loup, généralement en se cachant dans une forêt ou au fond d’une cave, et de redevenir humain à volonté-
Folklore des Amériques
Les Vikings ont peut-être transmis leurs légendes sur les lycanthropes aux tribus amérindiennes du Nord du continent américain pendant la colonisation viking des Amériques Chez les indiens Navajo, on retrouve la croyance concernant la peau de loup, comme en Europe. Des sorciers nommés « skin-walker » (littéralement « peau-marcheur »), sont mentionnés comme capables de se transformer en l’animal qu’ils souhaitent par magie. Les chaman amérindiens sont aussi parfois décrits comme capables de se faire habiter par l’esprit du loup. Les Navajos craignaient aussi des sorcières habillées de peaux de loups, nommées les Mai-cob.
Rougarou, folklore amérindien et acadien
Le Rougarou (parfois aussi nommé Roux-Ga-Roux, Rugaroo ou Rugaru) est mentionné par les communautés francophones des Laurentides européennes, les histoires mentionnant cette créature sont aussi variées que l’orthographe de son nom mais elles sont toutes liées à la culture francophone de Louisiane, dérivées du loup-garou français et influencées par les croyances amérindiennes sur le wendigo. Cette créature hante les marais en Acadiane et autour de la Nouvelle-Orléans, éventuellement les champs et forêts des alentours. Selon le mythe le plus courant, le rougarou est humain durant la journée où il fait bien attention de ne pas révéler sa malédiction de crainte d’être tué. La nuit, il se transforme en humanoïde avec la tête d’un loup (cynocéphale) et sa malédiction ne se termine que lorsqu’il verse le sang d’une victime humaine. D’autres contes décrivent le rougarou comme un cavalier sans tête ou comme une sorcière. Dans ces derniers, seule une sorcière peut être à l’origine du rougarou, soit en se transformant elle-même en loup, soit en maudissant quelqu’un. Selon certaines version, une telle créature chasserait les catholiques qui briseraient le carême et quiconque brise le carême sept ans d’affilée se voit transformé en loup-garou-
L’auteur Peter Matthiessen soutient que le rougarou est une légende proche de celle du géant cannibale wendigo. Alors que le Wendigo est à craindre, il note que le rougarou est considéré comme sacré et en accord avec mère nature, un peu comme dans les légendes à propos du Bigfoot
Folklore québécois
Un conte québécois rapporté par Honoré Beaugrand mentionne la rencontre entre des navigateurs et un groupe de loup-garous près de Trois-rivières, le jour de la Toussaint. Les marins aperçurent une vingtaine de possédés aux yeux brillants comme des tisons, avec des têtes et des queues de loup, qui dansaient autour d’un feu au milieu de sapins en découpant un corps humain. C’était une ronde de loup-garous que le Diable avait réunis pour leur faire boire du sang de chrétien et leur faire manger de la viande fraîche. Le prêtre qui se trouvait à bord du navire demanda une branche de rameau bénit, un trèfle à quatre feuilles et deux balles trempées dans l’eau bénite pour s’en débarrasser, mais le matelot qui lui apporta les objets omit le trèfle ainsi que de tremper les balles. Deux coups de feu partirent accompagné d’un signe de croix, mais ils restèrent sans effet. Pour la seconde tentative, le fusil fut chargé avec un chapelet et le coup dispersa la meute-
Dans le même recueil, un prêtre parvient à couper la patte d’un loup-garou qui l’attaque et trouve une main de femme en tirant l’objet de sa besace un peu plus tard.
Dans plusieurs autres légendes québécoise dont entre autres celle relaté dans un conte de Noël de Louis Fréchette, les Loups-Garous sont décris comme des individus qui n'avaient pas fait leur obligations religieuses pendant un certain nombre d'années et qui faisait un pacte avec le diable pour se transformer en énorme loup ou en énorme chien. Et pour délivrer le pauvre de son état, il suffisait de le blesser pour que du sang coule et il redevenait alors automatiquement un humain .
Source
Claude Lecouteux, Elle courait le garou : lycanthropes, hommes-ours, hommes-tigres, éditions José Corti, 2008.
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