Histoire de l'Angleterre médiévale

 

Les Bretons avaient profité de l'affaiblissement de l'empire romain pour reconquérir leur indépendance, sous Honorius, en 411. Mais, partagés en divers petits États, gouvernés par des princes particuliers, ils étaient incapables de résister aux attaques des Écossais et des Pictes. Les côtes de la Bretagne commençaient alors à être visitées par des pirates redoutables, les Jutes, les Angles et les Saxons.

 

Anglo-saxons, Danois et Normands. 

Un certain Vortigern, l'un des princes bretons, appela à son secours, en 449, Hengist et Horsa, deux chefs de ces pirates. Ces auxiliaires se changèrent bientôt en ennemis; Vortigern fut plusieurs fois vaincu, et Hengist, mort en 480, conquit et fonda le royaume Kent. Les conquérants de ce royaume étaient Jutes; ceux qui fondèrent les royaume de Sussex, de Wessex et d'Essex étaient Saxons, et les Angles, desquels la partie de la Bretagne appelée Angleterre tire son nom, établirent les royaumes Est-Anglie (East Anglia), de Mercie, de Bernicie et de Deirie. La réunion fréquente de ces deux derniers royaumes sous un même chef fait qu'on ne compte généralement que 7 royaumes anglo-saxons, sous le nom d'Heptarchie.

L'autorité d'un des rois anglo-saxons, que les historiens désignent sous le titre de bretwalda, prévalait sur celle des autres. Ce titre est donné par Bède à 7 princes :

1° Aella, fondateur du royaume de Sussex;
2° Ceawlin, mort en 593;
3° Ethelbert, roi de Kent, converti par saint Augustin au christianisme avec la plupart de ses sujets dont il fut le législateur et mort en 616;
4° Redwald, roi d'Est-Anglie;
5° Edwin, roi de Bernicie et de Deirie, réunies sous le nom de Northumbrie, qui se fit baptiser en 627 et fut tué en 633 en combattant les Merciens;
6° saint Oswald, roi de Northumbrie, très zélé pour la propagation du christianisme, tué aussi en combattant les Merciens, en 643.
7° Oswio, roi de la Northumbrie, mort en 670.

Les descendants de Cerdic, fondateur du royaume de Wessex, mort en 534, triomphèrent, après une lutte de trois siècles, de tous leurs adversaires, et acquirent, de 819 à 827, dans la personne d'Egbert la suprématie sur tous les États anglo-saxons. Egbert s'était formé dans l'art de la guerre à l'école de Charlemagne; auprès duquel il s'était réfugié pendant trois ans. Ses successeurs furent Ethelwulf, 837, Ethelbald, 857, Ethelbert, 860, Ethelred I, 866, Alfred le Grand, 871 ou 872, Edouard (Edward) Ier, 900, et Athelstan, 924. Ce dernier remporta, en 938, sur les Danois, les Norvégiens (La Scandinavie au Moyen Âge), les Irlandais, les Écossais et les Bretons, la célèbre victoire de Brunanburgh, et, réunissant sous son sceptre toutes les contrées conquises par les Anglo-Saxons, fut ainsi le fondateur du royaume d'Angleterre. Il eut pour successeur son frère Edmond Ier, qui consolida par ses succès sur les Danois le trône du nouveau royaume. A Edmond, assassiné en 946, succéda son frère Edred, qui acheva de soumettre la Northumbrie.

Le royaume passa ensuite à Edwy, fils d'Edmond Ier, qui s'aliéna une partie de ses sujets par son gouvernement tyrannique, par la dissolution de ses moeurs et par son attachement à une concubine, nommée Ethelgive. Il avait été dépouillé du royaume de Mercie lorsqu'il mourut en 959. Il fut remplacé par son frère Edgard, qui profita d'un règne paisible pour aider saint Dunstan, archevêque de Canterbury, à réformer l'Église d'Angleterre. Ethelred Il, frère utérin et cadet de saint Édouard le Martyr, dut le trône sur lequel il monta, en 978, au meurtre de ce prince, ordonné par sa mère. Sous son règne, les Danois, qui, à l'exemple et au détriment des Anglo-Saxons, avaient commencé à envahir la Bretagne dès l'an 833, étendirent leurs dévastations sur tout le royaume. Après avoir acheté plusieurs fois la paix à prix d'argent, Ethelred fit massacrer, en 1002, tous les Danois établis dans ses États.

 Suénon (Sven I), roi de Danemark, vengea en 1013 le sang répandu de ses compatriotes par la conquête de l'Angleterre. Ethelred, qui s'était enfui, put cependant rentrer à Londres, où il mourut en 1016. Son fils, le courageux Edmond II, surnommé Côte-de-Fer, lutta vainement contre les Danois, et mourut assassiné en 1017. Canut (Knut II) le Grand, roi de Danemark et fils de Suénon (Sven I), fut élu roi par les Anglais. A sa mort, en 1035 ou 1036, Harold Ier, son fils naturel, s'empara du trône. Il eut pour successeur, en 1040, Hardi Canut (Knut II), fils légitime de Canut le Grand, qui mourut en 1042, et fut le dernier roi danois de l'Angleterre. 

Avec saint Édouard III le Confesseur, qui régna de 1042 à 1066, finit la dynastie saxonne de Cerdic. Harold II, fils du puissant comte Godwin, se fit reconnaître roi par l'assemblée des thanes ( = chefs ou seigneurs), à la mort de saint Edouard le Confesseur, mari de sa soeur, au détriment de l'etheling Edgar, dernier descendant mâle de la dynastie de Cerdic. Mais Guillaume, duc de Normandie, prétendit que saint Edouard l'avait désigné pour son successeur, et par le succès de la bataille d'Hastings, où Harold fut tué, conquit, en 1066, la couronne d'Angleterre. Il dépouilla de leurs domaines et de leurs emplois les Anglo-Saxons vaincus au profit des Normands vainqueurs; et donna le système féodal pour base au puissant État qu'il fonda. La ligne dite Normande fondée par Guillaume le Conquérant donna deux autres souverains à l'Angleterre : Guillaume Il et Henri Ier. On lui rattache par Étienne de Blois (1135), fils d'Adèle, soeur d'Henri, qui fut remplacé sur le trône, en 1154, par Henri Il' Plantagenêt, qui lui était le petit-fils de Henri Ier par sa mère Mathilde (épouse en seconde noces de Geoffroy, comte d'Anjou).

L’histoire de l'Angleterre anglo-saxonne s'étend du retrait de la puissance romaine de la province de Bretagne en 410, et de la fondation des royaumes anglo-saxons jusqu'à la conquête normande de l'Angleterre en 1066. Les ve et vie siècles sont généralement qualifiés d'« Âge sombre » ; de grands royaumes distincts commencent à émerger à partir du VIe siècle. Durant la majeure partie de cette période, l'Angleterre est divisée entre les régions contrôlées par les Anglo-Saxons et celles dominées par les Bretons. L'arrivée des Vikings, à la fin du viiie siècle, bouleverse la Grande-Bretagne. Les pillards danois lancent des attaques sur toutes les régions côtières, avant de s'établir dans l'est de l'Angleterre, tandis que les Norvégiens (via l'Irlande) s'attaquent aux côtes occidentales de l'île. Les Anglo-Saxons finissent par reprendre le contrôle de la totalité de l'Angleterre au xie siècle, mais pour peu de temps : en 1066, la mort sans descendance du roi Édouard le Confesseur entraîne une guerre de succession et la conquête du pays par Guillaume le Conquérant.

La Bretagne romaine vers 400.
Il existe une grande variété de sources concernant l'Angleterre anglo-saxonne. L'arrivée des Anglo-Saxons est le sujet de mythes et légendes, parfois basés sur des preuves documentaires. Il y a quatre principales sources littéraires.
Le De Excidio et Conquestu Britanniae de Gildas le Sage (v. 540) est une œuvre polémique, davantage une critique des rois bretons qu'une description exacte des événements de l'époque. L’Histoire ecclésiastique du peuple anglais de Bède le Vénérable est basée sur Gildas et d'autres sources et date de 730 environ. L’Historia Brittonum de Nennius date probablement des alentours de l'an 800, et se place, comme Gildas, du point de vue breton. Enfin, la Chronique anglo-saxonne, plus tardive, se base sur Bède et sur les légendes concernant les origines du Wessex

D'autres éléments viennent appuyer les sources littéraires. Les coutumes d'inhumation et l'usage des terres permettent de retracer la progression de la colonisation anglo-saxonne. Des restes humains retrouvés près d'Abingdon, en Angleterre, ont été présentés comme une preuve que les immigrants saxons et les autochtones bretons cohabitaient. La question de savoir si les Anglo-Saxons remplacèrent ou se mêlèrent aux Bretons du sud et de l'est de la Bretagne est sujette à débat. Dark et Laycock examinent tous deux la question.
De nombreuses lois existent, remontant aux règnes d'Æthelbert de Kent et Ina de Wessex et devenant bien plus nombreuses après le règne d'Alfred le Grand. Les chartes, généralement des donations de terres, fournissent de nombreuses indications pour toute la période. D'autres sources sont les hagiographies, les lettres (généralement échangées par des ecclésiastiques, mais parfois par des souverains, comme Charlemagne et Offa) et la poésie.
Plusieurs études génétiques ont été effectuées sur la population actuelle de l'Angleterre pour en déduire des informations sur la composition de la population à l'époque anglo-saxonne, et sur l'ampleur de l'immigration anglo-saxonne. Les historiens du XIXe siècle tenaient pour acquis qu'une immigration en masse avait eu lieu, mais on considère à présent comme plus probable l'arrivée d'une élite réduite


Migrations et naissance de royaumes

Flux migratoires des Anglo-Saxons au ve siècle.
Il est difficile d'établir une chronologie cohérente de la période séparant le retrait romain de Grande-Bretagne de la fondation des royaumes anglo-saxons. La version donnée par Geoffroy de Monmouth du départ des Romains dans son Historia Regum Britanniae n'est guère fiable, en dehors des informations qu'elle apporte sur la légende médiévale. D'autres sources permettent toutefois de reconstruire en partie les événements de cette période. On estime généralement que les noms des royaumes anglo-saxons de Kent, Bernicie, Deira et Lindsey sont d'origine celtique, ce qui suggère peut-être une certaine forme de continuité politique. Plus à l'ouest, les royaumes de Wessex et de Mercie ne semblent pas suivre des frontières préexistantes.
Les témoignages archéologiques des dernières années de présence romaine montrent des signes indéniables de décadence. Au ive siècle, un système de défense est mis en place contre les raids saxons, autour de plusieurs forts le long des côtes sud-est de l'Angleterre ; mais certains historiens estiment que cette « Côte saxonne » se compose en fait de comptoirs où les Saxons sont établis, non de forteresses édifiées contre leurs attaques. Les pièces frappées après 402 sont rares, ce qui suggère que l'armée n'est plus payée après cette date. En 407, l'usurpateur Constantin III est proclamé empereur par ses troupes, et traverse la Manche avec une partie des garnisons de l'île. Il meurt au combat en 411. En 410, l'empereur Honorius demande aux Romains de Bretagne de s'occuper eux-mêmes de leur défense, mais au milieu du ve siècle, ils estiment pouvoir encore faire appel au consul Aetius pour repousser les envahisseurs. Même si la puissance romaine se retire, il est possible que le mode de vie romanisé se soit perpétué pendant plusieurs générations.
 

La Bretagne romaine semble s'être divisée en plusieurs royaumes distincts, mais réunis par un conseil de contrôle commun. Selon Gildas, ce conseil invite des mercenaires saxons en Bretagne pour repousser les pillards, mais ceux-ci se révoltent lorsqu'ils ne sont plus payés. Bède date l'arrivée des Saxons de 446, une date aujourd'hui remise en question. Une période de conflits s'ensuit, marquée par des victoires saxonnes et bretonnes. Les dates, lieux et individus impliqués sont très incertains, mais il semble que vers 495, à la bataille du Mont Badon (Mons Badonicus en latin, Mynydd Baddon en gallois), les Bretons infligent une sévère défaite aux Anglo-Saxons. Des éléments archéologiques suggèrent que la migration anglo-saxonne est temporairement stoppée.


Royaumes et tribus d'Angleterre vers 600.
Un second débarquement saxon a lieu au vie siècle dans la région de Southampton, tandis que les Saxons progressent dans les Cotswolds et les Chilterns. Au viie siècle, suite à la bataille de Dyrham, ils prennent le contrôle du sud-ouest de l'Angleterre, hormis les Cornouailles, qui ne seront vraiment annexées qu'au xe siècle. Si les Bretons donnent le nom générique de « Saxons » à leurs envahisseurs, ceux-ci comprennent également des Angles, des Frisons et des Jutes. Les Saxons ont probablement donné leur nom à l'Essex (« Saxons de l'Est »), au Middlesex (« Saxons du milieu »), au Sussex (« Saxons du Sud ») et au Wessex (« Saxons de l'Ouest »). Les Angles peuplent en majorité l'Est-Anglie, la Mercie, la Bernicie et le Deira, tandis que les Jutes s'établissent dans le Kent et sur l'île de Wight.
Les premières traces archéologiques des « Saxons » ont été retrouvées dans l'est de l'Angleterre, et non, comme le suggèrent les documents historiques, dans le Kent. On a également découvert des traces dans la haute vallée de la Tamise, que l'on a interprétées comme provenant de mercenaires au service des rois bretons. Gildas indique que les Bretons ont connu une période de guerre civile, et il y en a également eu entre les proto-royaumes saxons.
Dès le ve siècle, les Bretons commencent à traverser la Manche pour s'installer en Armorique, donnant naissance à la Bretagne actuelle. Il semble y avoir eu des phases de migrations ultérieures, à partir du Devon et des Cornouailles, et également à destination de la Galice. Ces migrations, tant celles des Bretons que des Anglo-Saxons, sont à replacer dans le contexte des « grandes invasions ». Toutefois, l'ampleur de la migration anglo-saxonne vers la Grande-Bretagne a été remise en doute par divers travaux génétiques et archéologiques.

 

Les Plantagenêt

L’histoire de l'Angleterre anglo-saxonne s'étend du retrait de la puissance romaine de la province de Bretagne en 410, et de la fondation des royaumes anglo-saxons jusqu'à la conquête normande de l'Angleterre en 1066. Les ve et vie siècles sont généralement qualifiés d'« Âge sombre » ; de grands royaumes distincts commencent à émerger à partir du VIe siècle. Durant la majeure partie de cette période, l'Angleterre est divisée entre les régions contrôlées par les Anglo-Saxons et celles dominées par les Bretons. L'arrivée des Vikings, à la fin du viiie siècle, bouleverse la Grande-Bretagne. Les pillards danois lancent des attaques sur toutes les régions côtières, avant de s'établir dans l'est de l'Angleterre, tandis que les Norvégiens (via l'Irlande) s'attaquent aux côtes occidentales de l'île. Les Anglo-Saxons finissent par reprendre le contrôle de la totalité de l'Angleterre au xie siècle, mais pour peu de temps : en 1066, la mort sans descendance du roi Édouard le Confesseur entraîne une guerre de succession et la conquête du pays par Guillaume le Conquérant. 

Plantagenêt est le surnom d'une dynastie princière issue de la Maison de Châteaudun et dont les membres furent comtes d'Anjou et du Maine, puis par mariage roi d'Angleterre et ducs d'Aquitaine.

Origine du nom Plantagenêt
Plantagenêt est d'abord le surnom personnel de Geoffroy V, comte d'Anjou et du Maine (1128-1151). Il vient du brin de genêt qu'il avait l'habitude de porter à son chapeau Geoffroy V. Par la suite, le nom fut attribué rétrospectivement à tous ses descendants agnatiques, c'est-à-dire par les mâles. Ainsi, au xve siècle, pour faire valoir ses droits à la couronne, le duc Richard d'York reprit le nom de Plantagenêt, son fils devint en 1461 le roi Édouard IV d'Angleterre.


Histoire des Plantagenêts
 

 Origine de la famille Plantagenêt

 Depuis l'époque des Ingelgériens, qui après s'être émancipés des Robertiens avaient fondé l'autonomie et la puissance du comté d'Anjou entre 930 et 1060, leur successeurs comtes d'Anjou issus de la Maison de Châteaudun, Geoffroy III , Foulque IV, Geoffroy IV, Foulque V poursuivirent leur œuvre. On désigne parfois ces comtes sous le nom de Plantagenêt pour signifier qu'il s'agit d'une seule et même lignée agnatique bien que le surnom n'apparaisse qu'avec leur descendant Geoffroy V. Les Plantagenêt étant une branche de la Maison de Châteaudun, il est généralement considéré qu'ils sont issus de la famille franque des Rorgonides-

 
Origine de la puissance de la famille Plantagenêt

 La puissance de la famille Plantagenêt trouve son origine dans le mariage que fit Geoffroy V et qui permit à son lignage d'accéder à la royauté et d'échapper sur certains de ses territoires à la suzeraineté du roi de France. En effet, le 17 juin 1128, à l'âge de 15 ans, Geoffroy V , fils de Foulque V épousa Mathilde l'Emperesse, fille et héritière d'Henri Ier d'Angleterre dit Beauclerc et veuve d'Henri V du Saint-Empire, en la cathédrale du Mans. Cette union représentait un gage de paix entre l'Anjou et la Normandie, qui avaient été en conflit à de nombreuses reprises au cours du xie siècle. Mathilde l'Emperesse était plus âgée de onze ans, et leur mariage ne fut pas très heureux. 

Cette union ne créa pas immédiatement l'empire Plantagenêt. Mathilde fut évincée du trône d'Angleterre et de Normandie par Etienne de Blois à la mort d'Henri Ier en 1135. Geoffroy dut d'abord assurer ses possessions continentales en réprimant avec énergie des révoltes en Anjou (siège de Montreuil-Bellay 1149-51) et en menant plusieurs campagnes en Normandie dont il se proclama Duc en 1144. Il soutint mollement Mathilde débarquée en Angleterre en 1139 et qui renonça à la lutte en 1148 mais non à ses droits. Geoffroy V Plantagenêt mourut à Château-du-Loir le 7 septembre 1151, aux confins de l'Anjou historique et du comté du Maine. Il repose en la cathédrale Saint-Julien du Mans.


Henri II et les grands Plantagenêts
 

C'est son fils Henri II qui fit valoir ses droits par un voyage en Angleterre en 1153 où il contraignit Etienne de Blois à le reconnaître pour héritier. Il fut investi du trône en 1154. Henri II Plantagenêt put devenir roi d'Angleterre. Il avait réussi en l'espace d'une dizaine d'années, à concentrer entre ses mains de nombreux territoires : en 1154, il dominait le royaume d'Angleterre, le duché de Normandie, le comté d'Anjou, le comté du Maine, le comté de Poitou et le duché d'Aquitaine. Bien que désormais roi d'Angleterre, Henri II choisit d'être enterré dans l'abbaye de Fontevraud, aux confins de l'Anjou et de la Touraine. Richard Cœur de Lion (1189-1199), qui succède à son père Henri II, repose dans ce même monastère.
C'est à partir du règne de Jean sans Terre (1199-1216) que s'opèra un glissement du cœur de l'empire Plantagenêt vers l'Angleterre. Ce roi perdit en effet la Normandie, l'Anjou, le Maine et le Poitou en 1204-1205 et gouverna depuis l'île.
Après le règne désastreux de Jean sans Terre, l'Angleterre fut dirigée par de grands rois Plantagenêt :
 - Henri III (1216-1272)
 - Edouard Ier (1272-1307) qui met la main sur le Pays de Galles et l'Écosse
 - Edouard III (1327-1377) qui combat le royaume de France au début de la Guerre de Cent Ans.
En 1399, Richard II (1377-1399) est renversé et remplacé par un cousin germain, le duc de Lancastre, devenu Henri IV d'Angleterre.


Division de la famille Plantagenêt entre maisons de Lancastre et d'York 

L'usurpation d'Henri IV d'Angleterre entraîna une division de la famille Plantagenêt qui au final conduisit à une guerre civile. En effet, la Maison de Lancastre et la Maison d'York, sont deux branches de la famille des Plantagenêts. A partir du règne désastreux d'Henri VI d'Angleterre et en dépit du prestige d'Henri V d'Anlgleterre, la Maison d'York contesta la pouvoir de la Maison de Lancastre et de cette contestation sortit la Guerre des Deux-Roses.
Après la Guerre des Deux-Roses et l'accession au trône des Tudors en 1485 avec Henry VII, le nom de Plantagenêt disparut.


Postérité de la famille Plantagenêt

Richard III fut le dernier roi Plantagenêt. Cependant, le lignage des Plantagenêts se perpétua jusqu'à aujourd'hui chez les Somerset, issus d'un fils naturel de Henri Beaufort, 2e duc de Somerset, les Beaufort étant eux-mêmes issus de Jean de Gand, duc de Lancastre. Leur chef de famille actuel est David Somerset, duc de Beaufort.

  Pendant les 330 ans que la famille Plantagenêt conserva le trône, les princes suivants se succédèrent : Henri Il (1154), déjà nommé; Richard Ier Coeur de Lion (1189), dont le frère Jean sans Terre, devenu roi en 1199, perdit ses possessions continentales (Normandie, Bretagne et Anjou) et provoqua, par sa tyrannie, une révolte des barons anglais qui le forcèrent à leur accorder la Grande Charte (15 juin 1215). Son fils, Henri III, qui lui succéda en 1216, eut un règne long et orageux; sous la conduite de Simon de Montfort, comte de Leicester, les barons anglais se révoltèrent, battirent le souverain à Lewes et le firent prisonnier (1264); mais deux ans plus tard, Montfort fut vaincu à son tour et la puissance royale se releva. Edouard Ier, fils et successeur (1272) du précédent. conquit le pays de Galles qu'il annexa à l'Angleterre. A partir de ce moment, l'héritier de la couronne reçut le titre de prince de Galles.

 

 La période de la guerre de Cent ans.

Edouard songeait à envahir l'Ecosse, lorsqu'il mourut, le 7 juillet 1307. Son fils, Edouard II, marcha contre le chef écossais Robert Bruce, qui détruisit une grande armée anglaise à Bannockburn (1314). Pendant une révolte, dirigée par la reine Isabelle et son amant Mortimer, le parlement déposa le roi, qui fut tué à peu de temps de là (septembre 1327). Le règne de son fils, Edouard III, est l'un des plus brillants de l'histoire d'Angleterre. Associé à Balliol, qui voulait s'emparer de la couronne d'Ecosse, il remporta sur les Ecossais la victoire d'Halidon Hill (19 juillet 1333); il envahit ensuite la France dont il se disait roi (1338), déclenchant ainsi ce qu'on allait appeler sur le constinent la guerre de Cent ans. La victoire navale de la Sluis (1340), la bataille de Crécy (1346) et celle de Poitiers (1356) amenèrent un traité favorable pour les Anglais (1360).  


A la mort du roi Edouard III (1377), il fut remplacé par son petit-fils, Richard II, fils du Prince Noir. Richard dut réprimer une révolte de paysans commandés par Wat-Tyler; il fut enfin renversé du trône par le fils de Jean de Gaunt, duc de Lancastre, qui se fit proclamer sous le nom de Henry IV (1389). Avec celui-ci la maison de Lancastre commença de régner sur l'Angleterre. Richard fut jeté en prison et tout porte à croire qu'il périt assassine; mais Henri ne put jouir paisiblement de la couronne; il fut forcé de combattre plusieurs révoltes et de déjouer plusieurs conspirations. Son successeur (1413) Henri V, renversa les Lollards (Wycliffe), recommença la guerre en France, réduisit Harfleur, remporta la victoire d'Azincourt (1415) et fut reconnu (1420) comme héritier de Charles VI, dont il avait épousé la fille, Catherine. Il mourut en 1422, laissant un fils de 9 mois, Henri VI, qui fut bientôt roi d'une grande partie de la France; mais ce pays marcha à la reconquête de son indépendance (Jeanne d'Arc). En 1451, les Anglais ne possédaient plus sur le continent que Calais et deux autres petites places.

 

La guerre des Deux roses. 

 

La guerre des Deux Roses (Rose blanche et Rose rouge, du nom de l'emblème de chacun des camps en présence), qui commença en 1452, détourna les esprits des conquêtes sur le continent. Il s'agissait de la dispute du trône entre les maisons d'York et de Lancastre. Richard, duc d'York, descendant du troisième fils d'Edouard III, se considérait comme le légitime héritier. Ses partisans (Yorkistes, Roses blanches) remportèrent les victoires de Saint-Albans (1455) et de Northampton (1460); mais le duc d'Yok fut battu et tué à Wakefield (1460); son fils, proclamé roi, sous le nom d'Edouard IV, par les Yorkistes (4 mars 1461) gagna sur le parti Lancastrien la sanglante victoire de Towton (26 mars 1461). Les Roses rouges furent longtemps à se relever de ce coup; mais Warwick ayant déserté la cause d'Edouard, marcha sur Londres à la tête d'une armée de Lancastriens et rendit le trône à Henry VI (1470). Edouard s'enfuit en Hollande, assembla une armée, revint, battit les Roses rouges à Barnett (14 avril 1411) et à Tewkesbury (4 mai). La guerre fut presque aussitôt terminée par la mort de Henry VI. Edouard le suivit dans la tombe en 1483, laissant un fils âgé de moins de 13 ans, Edouard V. L'oncle de ce jeune prince, Richard, duc de Gloucester, reçut le titre de protecteur du royaume et se donna bientôt celui de roi (Richard III). Edouard V et son jeune frère, le duc d'York, enfermés dans la tour de Londres, y furent, dit-on, assassinés par l'ordre de leur oncle. Contre cet usurpateur se forma une coalition conduite par le comte de Richmond qui n'avait aucun titre à la succession des princes défunts, mais qui, après la défaite et la mort de Richard, à Bosworth (22 août 1485), fut élevé au trône, sous le nom de Henry VII. Ce monarque, le premier de la dynastie des Tudor, descendait de Jean de Gaunt, fondateur de la maison de Lancastre, et appartenait, par son père, à la famille galloise de Tudor. 

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