La couronne d'Aragon

 

 

 

 

La couronne d'Aragon désigne l'ensemble des territoires qui étaient au Moyen Âge sous la domination des rois d'Aragon, tout en conservant chacun son propre statut juridique. Le titre de « roi d'Aragon » a le sens de « souverain de la couronne d'Aragon ». On date généralement l'apparition de la couronne d'Aragon à 1137 avec l'union du royaume d'Aragon et du comté de Barcelone par le mariage de Pétronille d'Aragon et de Raimond-Bérenger IV de Barcelone.

 

C'est l'union des deux couronnes d'Aragon et de Castille en 1479 qui donne naissance à la monarchie espagnole. Néanmoins les territoires de la couronne d'Aragon gardent jusqu'au XVIIIe siècle des statuts différents. Les royaumes de Sicile et de Naples, conquis respectivement en 1282 et 1442, ne sont pas intégrés à la couronne d'Aragon, et les souverains de la couronne qui y ont règnent portent le titre de « roi d'Aragon et de Sicile » ou « roi d'Aragon et des Deux-Siciles ».

 La mort en 1134, à la bataille de Fraga, du roi Alphonse Ier d'Aragon, dit le Batailleur provoque une crise de succession dans le royaume. Le testament de ce roi guerrier, sans descendance à la suite de ses démêlés conjugaux avec Urraque Ire de Castille et diplomatico-religieux avec le pape Pascal II, stipule qu'il lègue son royaume aux ordres militaires du Temple, de l'Hôpital et du Saint-Sépulcre. Ce testament est logiquement et vigoureusement contesté par la noblesse aragonaise qui place sur le trône le frère puîné du défunt monarque, Ramire qui règne sous le nom de Ramire II, dit le Moine. La noblesse navarraise profite de la situation pour reprendre l'indépendance perdue en 1074 en donnant le trône du royaume de Navarre à García, petit-fils du Cid Campeador.

 De son mariage avec Agnès de Poitiers, Ramire II a une fille, Pétronille, dont la main est tout d'abord sollicitée par le roi de Castille et León Alphonse VII l'Empereur mais le roi d'Aragon décide finalement de l'unir au comte Raimond-Bérenger IV de Barcelone, dit le Saint. Ce dernier, devenu prince d'Aragon prend la tête des deux États, permettant à Ramire II de se retirer de la vie politique.

 Le fils de Raimond-Béranger et de Pétronille, Alphonse II d'Aragon devient le premier roi d'Aragon à porter également la couronne comtale de Barcelone, donnant ainsi naissance à la Couronne d'Aragon.

 

Expansion territoriale de la couronne d'Aragon

 Contenue à l'ouest de la péninsule par le puissant royaume de Castille, la couronne cherche à s'étendre au sud, au détriment des Maures et au nord, vers l'Occitanie. Le comté de Provence et d'autres pays occitans appartiennent à la Couronne d'Aragon. En 1213, la mort inattendue de Pierre II d'Aragon à la bataille de Muret, alors qu'il apporte une aide militaire à ses vassaux de Toulouse, du Béarn, de Comminges lors de la croisade des Albigeois, sonne le glas des ambitions occitanes de l'Aragon. Le traité de Corbeil, signé en 1258 entre les représentants de saint Louis et Jacques Ier d'Aragon, confirme le contrôle du royaume de France sur l'essentiel de l'Occitanie.

 

Le traité de Cazola (1179) entre les royaumes de Castille et d'Aragon, assigne à la couronne la reconquête des terres d'Al-Andalus au sud de la Catalogne. Le roi Jacques Ier, qui y gagne son surnom de le Conquérant, mène à bien la conquête des Baléares[1] (1229) et celui de Valence (1232). Malgré son intervention dans le royaume de Murcie (1266), celui-ci est intégré à la couronne de Castille non sans qu'Aragon persiste à en revendiquer la souveraineté.

 

Une fois achevée sa part dans la Reconquista, la couronne se tourne vers la Méditerranée pour sa nouvelle expansion territoriale. Pierre III d'Aragon profite - et même probablement encourage en sous-main - de la révolte populaire contre Charles Ier d'Anjou, déclenchée par les Vêpres siciliennes (1282), pour prendre possession du royaume de Sicile. Quelques années plus tard, il doit faire face, avec succès, à l'offensive du roi de France Philippe III le Hardi qui déclenche la croisade d'Aragon sur l'instigation du pape Martin IV. Cette victoire permet au fils de Pierre III, Alphonse III, de conquérir Minorque et de confisquer (1286) le royaume de Majorque dont le souverain, Jacques II, a appuyé le roi de France dans son entreprise contre Pierre III. Le royaume est restitué en 1295 par le traité d'Anagni mais son souverain reste vassal du roi d'Aragon.

 

Malgré les traités de Cazola puis d'Almizra (1244), le contrôle des territoires reconquis au sud du royaume de Valence fait l'objet de frictions entre les couronnes de Castille et d'Aragon. Il faut attendre la sentence arbitrale de Torrellas (1304), complétée par le traité d'Elche (1305), pour figer la frontière du royaume de Murcie (dévolu à la Castille) et du royaume de Valence (qui reste sous contrôle aragonais après avoir amputé celui de Murcie de la région d'Alicante)

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Chronologie simplifiée

La Couronne d'Aragon à son extension maximale.

 * 1137 : union du comté de Barcelone et du comté de Provence avec le royaume d'Aragon.

* 1204 : acquisition de la seigneurie de Montpellier par le mariage du roi Pierre II et de Marie de Montpellier. Montpellier est détachée de la couronne en 1349.

* 1229 : acquisition du royaume de Majorque par le roi Jacques Ier le Conquérant, détaché de la Couronne en 1276, puis rattaché en 1286, détaché à nouveau en 1295 et rattaché définitivement en 1344.

* 1232 : établissement de la suzeraineté sur l'île de Minorque par le roi Jacques Ier le Conquérant.

* 1235 : acquisition de l'île d'Ibiza par le roi Jacques le Conquérant, détachée de la Couronne en 1276, puis rattachée en 1286, détachée de nouveau en 1295 et rattachée définitivement en 1344.

* 1238 : acquisition du royaume de Valence par le roi Jacques le Conquérant.

* 1283 : acquisition de l'île de Malte par le roi Alphonse III

* 1287 : acquisition de l'île de Minorque par le roi Alphonse III, détachée en 1295 et rattachée définitivement en 1344.

* 1295 : acquisition théorique du royaume de Sardaigne et de la Corse par le roi Jacques II. En fait seule la Sardaigne est acquise en 1323.

* 1296 : acquisition du Royaume de Murcie, aux dépens de la Couronne de Castille, et qui est restitué en 1304.

 

Composition de la couronne d'Aragon en 1479

rois d'Aragon et de Sicile

 * Royaume d'Aragon

* Royaume de Majorque

* Royaume de Valence

* Royaume de Sardaigne

* Principauté de Catalogne


o dont dépendent les comtés d'Urgell, de Vic, de Besalú, d'Empúries, de Gérone et de Paillars

* Comtés de Roussillon et de Cerdagne


o dont dépendent les pays de Vallespir, de Conflent et de Capcir

 

Institutions

Après l'unification

 Les Royaumes d'Aragon et de Valence, ainsi que le principat de Catalogne, sont dotés tous trois de Cortes. Ces assemblées disposent de nombreuses compétences, dont celle d'établir la fiscalité. Le montant qui est reversé au roi d'Espagne est négocié. Par ailleurs, Saragosse, Valence et Barcelone, les capitales respectives de ces trois entités, constituent le lieu de résidence d'un vice-roi, représentant le souverain, et d'Audiences, des tribunaux de seconde instance.

 

 

Le royaume d'Aragon

L'Aragon est l'un des royaumes chrétiens qui se partagent la Péninsule ibérique lors de la Reconquista.

 

Avant le royaume

Dans l'antiquité, les territoires de l'actuel Aragon font partie de la province romaine de Tarraconaise, et répondent en partie à la Celtibérie des anciens. La première émanation de l'Aragon, le comté, naît sur les ruines de la Marche d'Espagne carolingienne, initialement sous protectorat franc, qui confie à Aureolus le gouvernement d'une petite zone montagneuse des Pyrénées centrales.

Un chef de famille de la région, Aznar Galíndez prend le contrôle de la ville de Jaca et le titre de comte d'Aragon. Aznar se libère peu à peu de la tutelle des Francs et opère un rapprochement avec le roi de Pampelune, allié à l'époque aux Banu Qasi. L'alliance avec le royaume de Navarre perdure durant les règnes successifs des descendants d'Aznar et se renforce avec le mariage de l'arrière-arrière-petite-fille d'Aznar, la comtesse Endregoto avec García II de Navarre-

  La couronne comtale passe à leur fils Sanche II de Navarre, et reste dévolue aux rois de Navarre jusqu'en 1035, date de la mort du roi Sanche III de Navarre, du partage de la succession entre les quatre fils de ce dernier et l'erection du comté en royaume, attribué à Ramire.

 

Histoire du royaume

Le royaume d'Aragon était alors fort resserré : il s'agrandit par des conquêtes successives au XIe siècle pour rassembler, outre l'Aragon proprement dit, les comtés de Sobrarbe et de Ribagorza. Les rois d'Aragon, participant à la Reconquista, développèrent le royaume hors de son réduit pyrénéen pour le porter sur l'Èbre. Le roi Alphonse Ier le Batailleur conquit Saragosse qui devint la capitale du royaume.

L'Aragon atteignit alors ses frontières actuelles, qui sont celles de l'actuelle communauté d'Aragon. Avec le mariage de la reine Pétronille d'Aragon et du comte Raimond-Bérenger IV de Barcelone, il devint l'un des royaumes composant la Couronne d'Aragon. Il faut signaler à cet égard que le titre de « roi d'Aragon » désigne souvent non seulement le souverain du royaume d'Aragon, mais aussi et surtout le souverain de la couronne d'Aragon.

L'Aragon conserva toutefois son particularisme à l'intérieur de la couronne d'Aragon, grâce à ses Cortes (parlement général) et aux pouvoirs étendus de sa noblesse. De plus, l'Aragon était le seul royaume à l'intérieur de la couronne à parler le castillan et l'aragonais et non le catalan.

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