Haut Moyen Âge
En 406, il semblerait que les Armoricains, peut-être aidés par les Bretons de Grande Bretagne prennent leur indépendance vis-à-vis de l'Empire romain d'Occident-
Les migrations des Britto-romains
Elles ont lieu vers l'Armorique. À l'appel des Romains, des contingents bretons (fœderati) viennent de l'île de Bretagne, actuelle Grande-Bretagne et s'installent d'abord sur la frange littorale de l'Armorique où ils rejoignent des contingents peu nombreux de lètes francs arrivés dès les IIIe siècle et IVe siècles afin de la défendre contre les incursions de pirates venant du Nord de l'Europe qui sévissent en Manche, puis s'enfoncent dans les terres pour mater les révoltes des bagaudes. Lorsque les dernières légions romaines quittent l'île de Bretagne en 411, ils confient la défense de l'île aux Britto-romains. Rapidement, les raids des Pictes depuis la Calédonie (actuelle Écosse, au-delà du mur d'Antonin) et surtout des Irlandais (depuis l'Hibernie) se multiplient contre le Pays de Galles, en même temps que s'installent à l'est de l'île des peuplades germaniques, et notamment les Angles et les Saxons qui repoussent les Bretons à l'ouest. Il semblerait même que ce soient les raids et la colonisation des Irlandais qui auraient été un facteur décisif dans le départ de certaines vagues migratoires bretonnes vers le continent.
lors, des communautés entières de Bretons (cité-clan) émigrent en Armorique depuis les régions de l'ouest de la Bretagne insulaire (surtout depuis le Devon et la Cornouailles) sous la conduite de leur chefs religieux et laïcs. Ces émigrants apportent avec eux leur culture, leur organisation et probablement leur langue, bien qu'il soit difficile de dire si le breton de l'époque était similaire ou non à la langue des Gaulois armoricains. Il est également difficile de quantifier la population armoricaine au moment des émigrations. Certains auteurs, bien que les projections soient hasardeuses, estiment que les Bretons représentaient au maximum la moitié de la population de la pointe de Bretagne-
Une partie des migrations bretonnes au VIe s.
Pendant cette période de migration, l'histoire de la Bretagne recouvre à la fois la Grande-Bretagne, d'où proviennent les migrants et la plus grande des deux péninsules de l'Armorique (l'autre péninsule armoricaine étant le Cotentin) qu'on finira par appeler Petite Bretagne, puis simplement Bretagne.
Notons que l'émigration bretonne en provenance des Îles Britanniques eut lieu également sur tout le territoire normand de l'Armorique, notamment le Cotentin et le département du Calvados particulièrement la région autour de Caen, comme l'ont confirmé les recherches-
Les liens du territoire qui devint plus tard la Normandie avec l’île de Bretagne ont toujours été des plus étroits.
La Normandie a été particulièrement riche en saints bretons : sa côte faisant face à celle de la Grande-Bretagne, il serait invraisemblable que les immigrés des Ve et VIe siècles aient évité systématiquement ses rivages. Saint Patrick saint irlandais d'origine bretonne (né en Bretagne insulaire) est honoré dans plus de six paroisses normandes. Saint Méen dans trois d’entre elles. L’« exemption » de Sainte-Mère-Église est une enclave de cinq paroisses du diocèse de Bayeux survivance d’un ancien monastère de Saint Mewen, forme bretonne moderne Méen, cornique Mewan. Sainte Anne, Saint Armel, Saint Aubin, Saint Méen, Saint Samson sont honorés dans de nombreux lieux de Normandie. La densité des toponymes bretons en Normandie est également remarquable. Quatre paroisses bretonnes à l'embouchure de la Seine, en plus de l'abbaye de Pental et dans son voisinage : Saint-Maclou (variante de saint Malo), Saint-Thurien (Saint Turioult en 1376) et Saint-Samson-de-la-Roque, formèrent une entité bretonne jusqu'au Moyen Âge et restèrent dépendantes de l’évêché de la métropole bretonne de Dol en tant qu’enclaves de Neustrie et des bords de la Seine de l’Évêché de Dol-de-Bretagne jusque 1790. La métropole bretonne de Dol-de-Bretagne était la plus ancienne et la plus importante abbaye-évêché bretonne de type celtique datant des premiers temps de l'émigration.
Le morcellement et la grande étendue des possessions et dépendances du diocèse de Dol, qui est le seul diocèse breton dans ce cas - ce qui prouve son ancienneté et son importance - s'explique par la dispersion des premières colonies bretonnes des premiers temps de l'émigration des Ve et VIe siècles, dont elle avait la charge et pour lesquelles elle devait être un grand centre spirituel, sur les côtes de la Bretagne et la Normandie actuelles.
Les chefs bretons traversent la Domnonée insulaire avant de passer la Manche. Il faut avoir à l’esprit que la mer a été en général un facteur d’unité : elle unissait plus qu’elle ne divisait. Dans les traditions relatives à la colonisation de la Bretagne par les Bretons nous retrouvons des royaumes doubles de ce genre. De nombreux lieux seront nommés du nom des chefs de ces clans (plou-, tre-, lan-, ...). Les sept saints fondateurs de la Bretagne, saint Pol Aurélien (évêque de Léon), saint Corentin (évêque de Cornouaille), saint Patern (évêque de Vannes), saint Samson (évêque de Dol), saint Brieuc (évêque de Saint-Brieuc), saint Malo, évêque d'Aleth, évêché transféré à Saint-Malo) et Saint-Tugdual, appelé aussi Tudy, Tutuarn et Pabu (évêque de Tréguier), sont probablement la version christianisée de ces chefs de clan investis de pouvoirs religieux.
La plus grande des deux péninsules de l'Armorique devient alors la Bretagne mineure, ou Petite Bretagne, puis n'est plus appelée que Bretagne.
Il semble que vers l'an 600 l'émigration soit achevée.
Les Bretons et les Francs
A la fin de l'Empire romain d'occident en 471, les Wisigoths et les Francs occupent la France mais il reste, au nord, le royaume de Syagrius. On ne sait pas si l'ouest de l'Armorique ( Bretagne ) faisait partie de ce royaume. En 486, ce roi est vaincu à la bataille de Soisson. Selon Procope de Césarée, les Francs vont alors s'attaquer à l'est de l'Armorique. Mais alors qu'ils pillent et qu'ils se battent contre les "Arborykhes", ils se rendent compte qu'ils ne pourront les vaincre et s'allient donc avec eux. Ces derniers deviennent vraisemblablement alliés avec les Francs car ils ne payent pas de tribut. Il semblerait, toujours selon Procope que leur alliance fut facilités car ils étaient tous les deux chrétiens.
L'évolution de la situation en Grande-Bretagne
On peut dénombrer trois vagues d’émigration :
La première (fin IIIe siècle)
Les deux rives de la Manche étaient en contact depuis toujours de par les liens commerciaux entre l'île de Bretagne et le continent. La réorganisation du système de défense côtière par l'administration du Bas Empire romain à la fin du IIIe siècle eut pour première cause la nécessité de coordonner la lutte contre les pirates scots, frisons et saxons. Dans ce cadre, une première migration bretonne vers le continent eut un caractère essentiellement militaire.
On peut désormais dater sérieusement une implantation organisée politico-militaire de Britto-romains sur les côtes nord de la Gaule, sur l'Armorique et l'ouest de la Belgique, par décision impériale de Maxime (Magnus Clemens Maximus), prise à Tréves, à l'hiver 384, après qu'il fut reconnu empereur (= Auguste) en Occident, par Théodose et par le Sénat de Rome. Cette installation s'est faite dans le cadre du Tractus Armoricani et Nervicani, de la Pointe Saint Mathieu à l'embouchure de la Canche (Cantia Vicus)
La seconde (début ve siècle)
Après le retrait des armées romaines de Bretagne insulaire durant la première décennie du ve siècle, le mouvement s'intensifie, dû notamment à la poussée des Pictes de Calédonie (actuelle Écosse) et des Scots d'Irlande. Les migrants sont accompagnés par des « saints fondateurs » et à un certain nombre d'autres membres du clergé. Certains indices permettent de supposer que ceux-ci appartenaient à l'aristocratie britto-romaine car portant des noms latins gentilices, comme par exemple Paulus Aurelianus, saint Pol Aurélien. Cette seconde vague d'émigration fut non seulement organisée mais encouragée par l'Église et ses nouveaux alliés politiques, les rois francs Clovis et Childebert Ier.
La troisième (milieu du ve siècle)
Un dernière vague d'émigration, la plus importante, postérieure à l'arrivée des sept saints, fut provoquée par l'invasion progressive des Jutes, des Angles et des Saxons sur l'île de Bretagne, appelée depuis Grande-Bretagne.
Raisons
Les raisons du peuplement de l'Armorique par les Bretons sont mal connues . L'hypothèse courante évoque un exode: fuyant les massacres perpétrés par des ennemis supérieurs en nombre, les Bretons insulaires affluèrent d'abord vers les confins de leur grande île (les Cornouailles, le Pays de Galles et l'Écosse), puis nombre d'entre eux passèrent la Mor Breizh ou la « Mer de Bretagne » (c'est ainsi qu'ils appelaient la Manche, nom qu'elle porte toujours en breton) pour venir se réfugier sur le continent notamment dans la presqu'île armoricaine puisque la Gaule était elle-même celtique. Une hypothèse plus récente met en avant les liens ayant de tout temps existé entre les deux contrées (et non la pression des Angles et autres peuples germaniques), et cela bien avant l'arrivée de peuplades christianisées face aux barbares. Quelle qu'en soit la cause, ce mouvement d'immigration fut facilité par la proximité culturelle des bretons avec les peuples gaulois, d'ailleurs plus ou moins romanisés, bien que des conflits eurent lieu avec les autochtones privés du pouvoir et les Francs investis du pouvoir impérial depuis Clovis. Les Bretons nommèrent la péninsule armoricaine « petite Bretagne ».
Conséquences
Politique
L’installation en Armorique entraînera la création de nouveaux royaumes et autres principautés bretonnes (Broërec, Cornouaille, Domnonée, Léon, Poher, Porhoët…), aux dépens des populations celtes autochtones (Vénètes, Osismes, Coriosolites…). Celles-ci, totalement indépendantes du Domaine gallo-romain, puis de l'emprise des Francs, seront plus tard réunies au VIIIe siècle, sous l'impulsion de Nominoë au sein du Duché de Bretagne.
Religieuse
Au début de la migration au ve siècle, l'implantation du christianisme venait tout juste de commencer au nord-ouest de la péninsule, alors qu'à l'est et au sud-est, l'évangélisation avait débuté dès le IIIe siècle comme à Nantes.
Les moines bretons marqués par le monachisme irlandais et la Règle de saint Colomban, vont alors donner un souffle nouveau à l'expansion de la religion chrétienne. Ces derniers commencent souvent par mener une vie érémitique en un lieu désert ou une île. Puis, au bout de plusieurs années de pénitence, de prière et de réflexion, certains décident d'encadrer des immigrants et les populations indigènes en créant des (paroisses), alors que d'autres fondent des monastères.
À cette époque, les évêchés n'existent pas encore dans cette partie de l'Armorique. Il semble que l'on confère des pouvoirs épiscopaux à certains abbés reconnus pour leurs qualités personnelles. C'est ainsi que certains monastères deviennent plus tard des sièges d'évêchés : c'est le cas à Saint-Pol-de-Léon, à Tréguier, à Saint-Brieuc, à Saint-Malo et Dol.
Démographique
Même s'il est difficile de quantifier ces mouvements de population, certains historiens avancent le chiffre de 30 à 50 000 personnes sur une population initiale 100 000 habitants. Ces réfugiés émigraient généralement par familles ou par clans entiers ( « Tud » ou « Kenedl », chaque clan étant gouverné par un « Mac’htiern »), et débarquaient en Armorique sous la conduite de leurs chefs religieux et civils. Non seulement ces familles demeuraient entre elles, mais elles tendaient encore à se regrouper selon leurs lieux d'origine, principalement dans des contrées désertées de tout temps ou bien abandonnées.
Ainsi, le nord de la péninsule (notamment le Trégor) a été massivement peuplé par des gens originaires de Domnonée (actuels Devon et Somerset), au point de lui transmettre son nom. Il en va de même de la Cornouaille, massivement peuplée par les Bretons des Cornouailles britanniques. Tandis, les immigrants originaires de l'actuel Pays de Galles, ont plutôt peuplé le Pays de Léon et le Vannetais. Dans cette dernière région, l'immigration bretonne fut cependant moins importante, leur influence culturelle se fît donc moins ressentir, notamment au niveau linguistique.
Linguistique
L'arrivée des Bretons se traduisit par une "receltisation" linguistique de la péninsule où le gaulois s'était considérablement affaibli par la latinisation des élites. Le Gaulois parlé en Armorique semblait cependant relativement proche des langues brittonniques parlés par les migrants (cornique, gallois ou cambrien). La langue bretonne allait naître dès cette période grâce aux apports notables de ces langues. Toutefois, le clergé, les rois et princes bretons, eux-mêmes romanisés (Britto-romains), gardèrent la langue latine comme moyen de communication administratif.
Il est à noter, cependant que malgré l'arrivée de migrants dans le Vannetais, la population autochtone a dû rester suffisemment conséquente pour donner une couleur locale au brittonique. Ce qui explique probablement la différence linguistique du dialecte vannetais, par rapport aux trois autres dialectes (dits "KLT") de Cornouaille (le cornouaillais), du Léon (le léonard) et du Trégor (le trégorrois), plus proches du britonnique. Le vannetais, dialecte plus archaïque, serait ainsi plus proche du gaulois d'après François Falc'hun : les Vénètes, qui habitaient la région, dont la puissance et l'influence était reconnu jusque sous Jules César (Commentaires sur la Guerre des Gaules, III, 8.) avaient davantage imprimé leur trace sur la péninsule que les autres peuplades gauloises d'Armorique, réputées plus faibles. En réalité, il s'agit plutôt de l'influence du gallo-roman qui s'était peu à peu imposé dans une région fortement romanisée.
Sémantique
La terre des Bretons étant à l'origine l'île de Bretagne, en latin Britannia (avec un seul T), il se produisit par la suite un glissement sémantique dans la langue continentale, qui aboutit au report de ce nom de « Bretagne » sur la Gaule armoricaine, puisqu'elle était peuplée de Bretons.
Pour éviter la confusion engendrée par ce transfert, on se mit à parler sur le continent de Bretagne Insulaire, ou Grande Bretagne pour l’île d’origine, et de Petite Bretagne ou de Bretagne Armorique.
Après le départ des Romains, les Britto-romains mènent une lutte militaire contre les Saxons sous la direction de « seigneurs de guerre » issus de l'aristocratie romanisée. Le seul dont l'histoire garde le nom est Ambrosius Aurelianus(le « Riothamus » de Grégoire de Tours) qui combattit également sur le continent contre les Francs et les Wisigoths notamment. Il était allié au magister militum Ægidius (le père de Syagrius).
Ces évènements donneront naissance aux mythes de Cadwaladr et Emrys chez les Gallois et à la saga d'Arthur chez les Bretons.
Au Sud, peu à peu les Angles, les Saxons, les Jutes, les Frisons et les Francs s'établissent en nombre.
En 493 au Mont-Badon (Bannesdowne, de nos jours, près de Bath), une grande armée bretonne infligea une sévère défaite aux Saxons dont les Bretons firent un grand massacre. Cette victoire bretonne stoppa net l'avance des Anglo-Saxons et fut suivie d'une période de paix.
À partir de la bataille de Deorham (577), l'équilibre est rompu et leurs royaumes s'étendent peu à peu vers l'ouest, isolant les Bretons du sud-ouest de ceux du nord (Strathclyde, ...), puis les Gallois des Cornouaillais.
u nord, la fusion du royaume des Pictes, du royaume irlandais de Dal Riada et des peuples britonniques du nord donna naissance à l'Écosse.Au sud, les royaumes anglo-saxons commencèrent à s'unir, l'union étant parachevée durant l'occupation danoise puis normande.
Des principautés au duché : Bretons et Francs
Chronologiquement, la période traitée est celle qui date du départ des Romains de l'île de Bretagne, jusque l'avènement du souverain Nominoë en 819. Elle est indissociable des mouvements de population qui ont lieu sur la Bretagne insulaire, compte tenu de l'apparition de Saxons également dans le domaine gallo-romain.
L'île de Bretagne autour des années 500 et les royaumes insulaires sont indissociables du devenir de l'Armorique à l'époque.
Chaos en Gaule romaine
Les Armoricains font partie de la coalition réunie par Aetius pour contrer l'avancée de l'Empire hunnique en Gaule en 451. Il semble qu'ensuite ils se structurent indépendamment de l'administration romaine. Le commandement militaire du "tractus Armoricanus et Nervicanus", de la Gironde au Pas de Calais et instauré en 380, a donc vécu ; il perd de son intérêt sous les coups de boutoir des colonnes de peuples entrant en Gaule romaine par l'est (406), le nord (Francs, puis Saxons face au comte Paul, et le sud (apparition du royaume wisigoth). Ces mêmes peuples recevant le droit de s'installer dans l'empire par foedus reçurent souvent des territoires frontaliers avec pour mission la protection des frontières.
Cependant une flotte dont le commandement est attribuée aux Britto-romains entre en confrontation avec la migration des Anglo-saxons sur l'île de Bretagne (Britannia). Auparavant elle avait réglé des conflits de piraterie provenant de l'Hivernie (Irlande) et des Bagaudes d'Aquitaine venus en Armorique.
En 463, Euric (roi des Wisigoths) voulut occuper les régions au nord de la Loire (dont l'Armorique) restée fidèle à Rome. Mais les wisigoths furent arrêtés par Ægidius (le magister militum des Gaules), aidé par le roi franc Childéric Ier, père de Clovis Ier. En 469, Euric recommença ses entreprises et les Bretons, débarquant avec leur roi Riothamus sur la basse Loire, tentèrent de faire jonction à Déols avec les Francs de Childéric et du comte Paul. Mais Euric parvint à les en empêcher et les écrasa (bataille de Déols), les rescapés Bretons parvinrent à trouver refuge chez les Burgondes.
L'Armorique connaît alors une période d'instabilité liée à l'immigration des Bretons de Grande-Bretagne et la prise de pouvoir par Syagrius de la Gaule romaine (région entre la Loire et la Somme). Celui-ci prit ses distances avec l'empire et se proclama roi. C'est après la victoire de Clovis à Soissons en 486, que l'ouest du royaume passe officiellement sous l'autorité du roi franc par attribution de titres par l'empereur. La région reste toutefois instable notamment de par les luttes entre les chefs locaux et les héritiers Mérovingiens qui se battirent entre eux comme l'illustre le conflit entre Clotaire Ier et son fils Chramne, allié de Childebert Ier. Chramne mobilisa une armée avec Conomor, un comte Breton, et entreprit de défier le pouvoir du roi Clotaire mais l'affaire tourna court et Chramne fut exécuté.
L'Armorique retrouva plus de tranquillité lors de l'affermissement du pouvoir central avec l'avènement des maires du palais d'Austrasie et la renaissance carolingienne.
Politiquement, la période couverte est donc du milieu du Ve siècle à l'avènement de l'empire carolingien, premier unificateur de l'Occident tombé en délitement depuis les Grandes invasions. Décrire la zone à cette époque est problématique, la migration des Britto-romains n'étant pas toujours perçue comme l'invasion d'un peuple telle que les peuples germaniques : peu de différences culturelles (culture celtique) et affaiblissement du pouvoir romain amène à une situation sans légitimation par foedus contrairement aux autres royaumes sédentarisés. Des princes apparaissent dans trois zones au moins, éventuellement nommées des royaumes.
La fuite du roi Gradlon par Évariste-Vital Luminais, Musée des Beaux-Arts de Quimper. Le Haut Moyen Âge voit un phénomène de reprise des légendes fondatrices : une nouvelle ère s'amorce, où les peuples se réinventent un passé. La légende de Gradlon pour la Cornouaille armoricaine est un bel exemple local de réappropriation mythologique liée à un peuple de la Mer.
Désignation des potentats
Informations historiques et généalogiques hypothétiques.
Certaines informations historiques et généalogiques contenues dans cet article sont hypothétiques, à cause de la rareté des documents relatifs à cet époque. D'autre part les connaissances et les hypothèses sur la noblesse du Haut Moyen Âge évoluent relativement rapidement et le contenu de cet article peut se trouver dépassé par de nouvelles découvertes.
Au Haut Moyen Âge, l'Armorique se divisa en deux, puis trois royaumes :
la Domnonée
le royaume de Cornouaille
le Bro Waroch, puis Broërec, troisième royaume, conquis et créé au VIe siècle
Par ailleurs un État breton, plus ou moins autonome, exista entre 410 et 491 autour de Blois-
Ces potentats furent réunis sous l'autorité des ducs et rois de Bretagne au IXe siècle, sous l'égide de Nominoë, désigné par l'historiographie comme le fondateur du duché de Bretagne (Nominoë ayant reçu le titre de dux des mains de l'empereur Louis le Pieux).
Ce territoire s'érige en royaume au milieu du IXe siècle mais à peine plus de 50 ans plus tard est détruit par les Vikings au début du Xe siècle.
Historiographie
Léon Fleuriot dans Les Origines de la Bretagne est partisan d'un terme, les « Létaviens», pour décrire le peuple qui occupe l'Armorique de culture latine à l'époque. Les Vénètes opposants de Jules César ont bien changé. Son point de vue n'est pas unanimement reconnu.
Il considère également que le personnage légendaire de Ambrosius Aurelianus est Riothamus, mort au combat à Déols en se battant contre le royaume wisigoth.
Excalibur, Vortigern, Brocéliande, Camelot... sont déjà un best-seller sur les routes des Croisades en Europe, devenus intemporels depuis.
À compter du XIIe siècle, Geoffroy de Monmouth en tête introduit le cycle arthurien, embrayé par des auteurs qui viennent agréger leurs écrits. Le résultat est si ancien aujourd'hui que la situation des deux îles et de la péninsule (Irlande, Grande-Bretagne et Petite-Bretagne) ne peut être décrite sans tenir compte de cette légende. Le mythe concerne un royaume unique sur cet ensemble , unité/harmonie qui fut brisée. Or le commandement romain de la flotte abandonne la zone . En réalité, la construction identitaire celtique est effectivement un bloc commun, à défaut d'une unité politique au Ve siècle . D'ailleurs, l'Irlande a elle-aussi sa liste de souverains légendaires, qui se perd dans la brume des temps. Alors que le monde antique disparaît, que la chronologie se perd jusqu'au IXe siècle au moins, que la culture des peuples se modifie compte tenu de la survenue de la civilisation germanique dans un contexte gallo-romain, on ne parle bientôt plus ni de Celtes, de Gaulois ni de Gallo-romains, mais bien de Francs, Mérovingiens puis Carolingiens. Face à eux, la mise en place de l'identité régionale bretonne tire donc fierté d'avoir préservé l'héritage celte au cours des Grandes invasions (ce qui faillit pour les royaumes insulaires face à l'heptarchie, rupture amenant une nostalgie traduite poétiquement dans le cycle arthurien).
Histoire
Chronologie
451 : les Armoricains font partie de la coalition d'Aetius dressée face à Attila lors de la bataille des Champs Catalauniques ou Campus Mauriacus (Troyes).
469 : les Armoricains alliés au domaine gallo-romain pour la bataille de Déols
Apparition de la Bretagne
Évangélisation
Avant l'arrivée des bretons, les Armoricains sont peu christianisés en dehors des villes. Les Bretons insulaires migrent et avec eux des moines, sans volonté véritable d'évangéliser l'Armorique, mais pour pourvoir aux besoins des émigrants. Six évêchés furent créés :
À l'intérieur de la Province ecclésiastique de Tours (IIIe Lyonnaise, ancienne Armorique), création des évêchés de Nantes (IVe siècle), Rennes (IIIe siècle) et Vannes (Ve siècle) dans les chef-lieux de ces trois comtés gallo-francs, bien établis au Ve siècle.
En Bretagne proprement dite, les pouvoirs épiscopaux auraient été exercés par les abbés-évêques, mais un « évêque des Bretons » est cité en 461 au concile de Tours.
Création des évêchés de Léon (St-Pol) (VIe siècle), Dol (843), Alet et Cornouaille (en latin, Corisopitensis, Quimper) (Ve siècle)
Création des évêchés de Tréguier (848) et Saint-Brieuc (Ve siècle).
Les difficultés de l'Église bretonne
Tandis que les Bretons s'installaient en Armorique, les évêchés gallo-francs de Rennes et de Vannes sont fondés pour permettre l'évangélisation de ce qui est aujourd'hui la Haute-Bretagne. Les évêques bretons ne participèrent pas aux différents conciles de Tours. Ils ne recevaient pas davantage l'accord du siège métropolitain, avec qui ils n'étaient guère familiarisés, pour les ordinations épiscopales. L'organisation de l'Église bretonne (abbés, évêques, ordres monastiques, calendrier...) était condamnée par l'Église gallo-franque. La division reposait moins sur une divergence de confession que sur un problème de discipline. La séparation des deux Églises prenait souvent une connotation politique en raison des guerres qui opposaient les deux peuples.
Les Bretons et les Mérovingiens
Limite de la Neustrie franque jusqu'au Traité d'Angers de 851
Avant le VIIIe siècle, le territoire des Bretons sur le continent ne s'étend que sur la partie occidentale de la Bretagne actuelle. Rennes et Nantes sont ainsi des comtés francs, faisant partie du territoire de la Neustrie, et qui seront réunis par la suite dans la marche de Bretagne, afin de prévenir le royaume franc des incursions bretonnes.
* 497 : après une longue guerre, Clovis conclut un traité avec les cités armoricaines (dont certaines majoritairement peuplées de Bretons) : celles-ci reconnaissent la suprématie des Francs, combattront sous ses ordres, mais ne paieront pas de tribut[réf. nécessaire]. De plus, la colonisation bretonne, qui se faisait sur toute la Bretagne et la Normandie actuelles, est limitée aux cités osisme, coriosolite et vénète-
* 559-560 : expéditions de Clotaire contre Conomor, qui soutient son fils Chramme révolté contre son autorité. Victoire en 560 aux Monts d'Arrée-
* 578 : Vannes prise par les Bretons. Des expéditions franques sont conduites en 579, 585 et 590 pour la reprendre, sans succès.
La constitution du royaume de Bretagne
* VIIIe ou IXe siècle : premier texte contenant du vieux-breton et parvenu jusqu’à nous. Connu sous le nom de manuscrit de Leyde (parce qu'elle est conservée dans la ville de Leyde aux Pays-Bas), il s'agit d’un traité de botanique.
* 753 : raid de Pépin le Bref et reprise de Vannes par les Francs.
* à partir de 778, constitution par Charlemagne d'une marche de Bretagne, glacis défensif contre les Bretons, et comprenant les comtés de Rennes, de Nantes et de Vannes.
* 786 : raid de Charlemagne, mené par le sénéchal Audulf.
* 798-799 : première conquête de la Bretagne par le comte Gui au nom de Charlemagne.
* 801 et 811 : soulèvements. Nouveaux raids de Charlemagne.
* 818, 824 et 837 : soulèvements et expéditions de Louis le Pieux
* 831 : Louis le Pieux confie au chef Nominoë le ducatus du peuple breton et le comté de Vannes, détaché de la marche de Bretagne.
* 840 : mort de Louis le Pieux, ses fils se déchirent sur la question de la succession. Le missaticum breton, confié par Louis au Breton Nominoë, se retrouve parmi les enjeux.
* 841 : Nominoë prête serment au roi de Francie occidentale Charles le Chauve.
* 843 : bataille de Messac : victoire de Renaud, comte d'Herbauge et préfet de la Marche de Bretagne contre le chef viking Hasting, Lambert II de Nantes et Nominoë ou son fils Erispoë. Peu de temps après Renaud est battu et tué par le chef viking Hasting à Blain le 24 mai 843 soit le "IX Kalendas junii" selon la Chronique d'Aquitaine.
* 845 : bataille de Ballon. Victoire de Nominoë sur Charles le Chauve ; un traité est conclu en 846. Nominoë est alors reconnu comme le souverain de la Bretagne. Reprise des hostilités en 849 : avec la déposition des évêques et leur remplacement par des Bretons, Nominoë cherche à rendre son clergé indépendant de l'église franque. Raids en profondeur dans la Francie occidentale (Maine, Anjou, Poitou), prise des cités de Rennes et Nantes.
* 851 : mort de Nominoë en campagne près de Vendôme. Erispoë, son fils, lui succède, et écrase l'armée franque à la bataille de Jengland. Au traité d'Angers, Charles le Chauve reconnait Erispoë comme roi de Bretagne, avec les comtés de Rennes et de Nantes ainsi que le pays de Retz.
* 857 : le roi de Bretagne Erispoë est assassiné par son cousin, Salomon. Celui-ci avait reçu un tiers de la Bretagne donnée par Charles le Chauve. Il est couronné roi à son tour.
* 863 : En échange de la paix et pour combattre les Vikings, Charles le Chauve concède à Salomon le territoire d'Entre deux rivières, identifiée à la partie du comté d'Anjou située entre la Mayenne et la Sarthe.
* 867 : Traité de Compiègne. Concession de la péninsule du Cotentin et de l'Avranchin à Salomon. Extension maximale de la Bretagne-
la péninsule du Cotentin
* 868 : à Pîtres, Charles le Chauve reconnaît le titre royal à Salomon et à sa descendance.
* 874 : le roi Salomon est assassiné à son tour. S'ensuit une guerre civile où finissent par périr les deux prétendants, Gurvant et Pascweten, laissant la Bretagne de nouveau déchirée entre Judicaël et Alain.
* 888 : à la mort de Judicaël aux mains des Normands, Alain est couronné roi de Bretagne sous le nom d'Alain Ier dit « le Grand », et écrase les Normands.
* 907 : mort d'Alain Ier « le Grand ».
La destruction du royaume de Bretagne par les Normands
Après 907, les querelles des grands seigneurs affaiblissent la Bretagne. Au détriment des deux fils (Rudalt et Derien) et deux gendres d'Alain le Grand, Gourmaëlon, comte de Cornouaille, se fait reconnaître roi. Les conflits entre seigneurs provoquent insécurité et anarchie. Les raids vikings reprennent, menés par les chefs Ohtor, Hroald et surtout Ragenhold. Des groupes s'installent en différents lieux d'implantation (notamment dans la région de Nantes).
En 909, à la suite de la mort d'Alain le Grand, Foulque Ier d'Anjou reçoit le comté de Nantes. Il est chargé de lutter contre les Normands et les Bretons. Néanmoins Nantes est prise par les Normands en 914 et devient le coeur de l'implantation scandinave en Bretagne.
La Bretagne Viking
En 919, les Vikings s'emparent de la Bretagne et établissent leur capitale à Nantes.
À partir de 919 la plupart des communautés religieuses fuient en Angleterre ou en France, bientôt imitées par la noblesse et les notables. De cet exode date la vénération des reliques de saints emportés par les moines dans les lieux de leur exil : celles de saint Corentin à l'abbaye de Marmoutier de Tours, de saint Gwenaël à Courcouronnes, de saint Samson à Saint-Symphorien d'Orléans, de saint Salomon à Pithiviers, saint Guénolé à Montreuil, saint Maudez à Saint-Mandé, et de saint Magloire à Paris.
Débarqué d'Angleterre vers 931, Alain Barbe-Torte, fils de Mathuédoï, comte de Poher et petit-fils du roi Alain le Grand rejoint les Bretons révoltés de Cornouailles. Ensemble, ils tuent un chef viking nommé Félécan mais doivent battre en retraite quand les Normands de la Seine, menés par Guillaume Longue Épée, viennent prêter main forte aux Normands de Bretagne (plus exactement aux Normands de la Loire). Alain repart en Angleterre mais reste en contact avec sa patrie grâce à la médiation de l'abbé Jean de Landevennec. Lorsqu'en 936, il débarque à nouveau en Bretagne, les Normands sont affaiblis d'autant plus que Guillaume Longue Épée, ne compte pas leur venir à l'aide. Alain libère la Bretagne en les chassant de Nantes en 937, puis en gagnant la bataille de Trans le 1er août 939, date qui devint la fête nationale
La Bretagne après les Vikings
Une dispute ne tarde pas à naître entre la dynastie fondée par Alain Barbetorte, duc de Bretagne et comte de Cornouaille, et celle de Juhel Berenger, comte de Rennes. Par alliances les Thibaldiens, comtes de Chartres et de Blois, contrôlent le comté de Rennes, les comtes d'Anjou le comté de Nantes. En 930, le comte d'Anjou, Foulque Ier est reconnu comte de Nantes, Hugues le Grand le qualifiant comme tel dans une de ses chartes. Foulque Ier passe la plus grande partie de sa vie à combattre les raids vikings. Le comté de Nantes est alors étroitement lié à la dynastie angevine des Plantagenêts jusqu'au début du XIIIe siècle.
En 987, le comte de Rennes Conan Ier le Tort, bat les Nantais et prend le contrôle de la Bretagne. Cette victoire de Conan sera de courte durée.
Mais il aura le temps de s'intituler, dans une charte notice pour le Mont Saint Michel, Britannorum princeps. Raoul Glaber, moine franc contemporain (né en 985), indique qu'il s'est fait couronner à la manière des rois, sans doute par une source tierce. Cette même année, Hugues Capet se fait élire roi de France par les pairs de ce pays. Le chef de Bretagne ne fait pas partie de ces électeurs malgré son importance. Cela peut signifier que la Bretagne n'était pas considérée comme partie du royaume de France à cette époque. Une certaine suzeraineté pouvait cependant être possible mais en tant que domaine externe au royaume de France. Le nouveau comte d'Anjou, Foulques Nerra s'inquiétant de son ascension politique se proclame le défenseur des intérêts de la maison de Nantes et il lui livre combat. Conan Ier est tué dans la défaite, lors de la seconde Bataille de Conquereuil en 992.
En 1008, à la mort de Bérenger, fils de Conan Ier, la régence est exercée, jusqu'à sa mort en 1034, par Havoise de Normandie, fille de Richard Ier de Normandie pour son fils Alain III de Bretagne. En 1027, Alain III porte toujours le titre de rex mais est le plus souvent qualifié de princeps Britanniae, comes totius Britanniae. Un acte est établi in presentia domni nostri Alani totius Britanniae princeps (en 1088, la Bretagne est qualifié de royaume.). En 1033, à la suite d'un refus et d'une guerre, Alain prête allégeance à son oncle. A la mort de celui ci en 1035, il s'émancipe par deux actes fondateurs. Primo, affirmant son droit régalien, il fait son frère puiné, Eudon comte. Il fonde ainsi la maison de Penthièvre, tutrice des nouveaux évêchés de Trégor et de Saint Brieuc. Secundo, il fait de Guillaume, fils illégitime, alors âgé de huit ans, de Richard et héritier contesté par les barons normands, sa pupille. Il soutient ainsi un parti militaire normand qui donnera trente ans plus tard, lors de la reconquête de la Grande Bretagne sur les saxons, les meilleurs fiefs aux seigneurs bretons.
Moyen Âge médian
Motte castrale de Dinan, Bretagne (Tapisserie de Bayeux, XIe s.)
La participation à la conquête de l’Angleterre
En 1064, Guillaume le Bâtard soutient la rebellion de Riwallon de Dol contre Conan II de Bretagne. Aussi, quand le 6 janvier 1066, Harold Godwinson, le vainqueur du roi de Gwynedd et unificateur du Pays de Galles, Gruffydd ap Llywelyn, est couronné roi d'Angleterre, Guillaume le Conquérant n'a aucun mal à attirer les vassaux de Bretagne dans son projet de conquête de la Grande Bretagne. Il réunit une armée de 7 000 à 8 000 hommes dont environ 2 000 Bretons pour 3 000 Normands[réf. nécessaire]. Ceux-ci, deux mille bretons, essentiellement des cadets aux droits amenuïs, apportent leurs navires et reçoivent armes et chevaux. Le reste de l'armée était composée de Français et de Flamands. Parmi les chevaliers bretons, se trouvaient Josselin vicomte de Rohan, les fils puînés d'Eudon de Penthièvre, Alain Le Roux et Brient, le vicomte de Léon, Robert Baron de Vitré, Raoul fils de Main, baron de Fougères, le fils du sire de Dinan, le sire de Chateaugiron, Raoul Ier de Gaël (Gaël-Montfort), Judicaël de Lohéac, le vicomte du Halgouët, etc.
Guillaume le Conquérant attribue en récompense de leur aide de nombreuses terres et fiefs anglais à ces Bretons. Notamment le comté de Richmond, qui fut donné à Brient fils d'Eudon de Penthièvre qui le transmit ensuite à son frère Alain le Roux : Alain Ier le Roux, commandant de l'arrière-garde durant la bataille de Hastings fut créé comte de Richmond entre Noël 1069 et 1071, par Guillaume le Conquérant et fut comte de Richmond de 1070 à 1089.
Le comté de Richmond (Angleterre) occupant la pointe nord-ouest de la vaste province qui fut connue plus tard sous le nom de duché d’York était une grande seigneurie de quinze lieues de long sur dix de large et fut souvent attribué aux ducs de Bretagne, jusqu'au mariage de Jeanne de Bretagne, comtesse de Richmond, avec Raoul Basset de Drayton en 1399.
Un autre baron de Bretagne, Raoul Ier de Gaël reçut tout un royaume : un des États de l’heptarchie anglo-saxonne, l'Est-Anglie, comprenant deux des meilleurs comtés de l'Angleterre actuelle, Suffolk et Norfolk, avec les villes d’Ipswich, Newmarket, Norwich et tout le littoral baigné par la mer du nord, de l’embouchure de la Stoure au golfe de Boston. Guéthénoc de Porhoët (de Rohan) recevra des terres dans le Bedfordshire, le Buckinghamshire et le Gloucestershire dont la ville de Caerwent. Bien d’autres Bretons y firent de belles fortunes.
En 1076, Guillaume le Conquérant fait le siège de Dol. Le roi de France, Philippe Ier, vient au secours du duc de Bretagne et l'oblige à lever le siège.
En 1156, le comté de Nantes est détaché, lors d’une période de divisions internes de la Bretagne, et annexé à l’Anjou. En effet, alors que Conan IV est proclamé duc de Bretagne, les Nantais chassent son oncle Hoël comte de Nantes et choisissent pour comte le frère cadet d'Henri II, Geoffroy Plantagenêt, déjà comte du Maine et d'Anjou depuis 1156. Le comté de Nantes sort du duché. À la mort de Geoffroy, en 1158, Conan croit pouvoir reprendre le Comté de Nantes, mais doit le restituer à Henri II Plantagenêt qui le conservera en sa main pendant plus de 30 ans (1156-1189)
Henri II Plantagenêt détache de la Bretagne le comté de Nantes pendant un tiers de siècle (1156-1183), puis prend le duché sous sa coupe, les comtes bretons s’avérant incapables de lutter contre les naufrageurs qui nuisaient au commerce entre les autres domaines de l’empire Plantagenêt. Son fils Geoffroy II de Bretagne, fiancé à l'héritière du duché, se révolte contre son père, tout comme son fils Arthur (1186-1203), réfugié à la cour de Philippe Auguste, contre Jean sans Terre.
En 1185, Geoffroy II de Bretagne signe l'Assise du comte Geoffroi, qui interdit le démembrement des fiefs, ce qui renforce le régime féodal breton.
La Bretagne capétienne
En 1209, Philippe-Auguste (Philippe II de France) fit établir une convention pour régler le mariage de la jeune duchesse Alix de Thouars (9 ans) avec le petit Henri (5 ans), fils d'Alain, comte de Penthièvre. Les barons bretons rendent hommage à l'enfant Henri de Penthièvre.
Mais en 1213, dans le but de renforcer son pouvoir en Bretagne, le roi de France Philippe Auguste impose le prince capétien Pierre Mauclerc comme baillistre, c’est-à-dire administrateur du duché et tuteur de son fils, le duc Jean Ier de Bretagne. Ce fut Pierre Mauclerc qui introduisit les hermines dans le blason de la Bretagne. Il épouse la cause de son fief et défend son indépendance face au roi de France.
Dès la fin du XIIIe siècle et bien avant la réunion du Duché de Bretagne au Royaume de France, l'administration ducale abandonna le latin au profit du français, sans passer par le breton. Jusqu'au XIIIe siècle, les actes administratifs et juridiques sont rédigés en latin, puis le français concurrence le latin dans les actes de la chancellerie-
Guerre de Succession de Bretagne
En 1341-1364, la guerre de Succession de Bretagne ou guerre des Deux Jeanne, voit s’affronter le demi-frère du dernier duc, Jean de Montfort, père du futur duc Jean IV, (bientôt soutenu par le roi d'Angleterre) et sa nièce, la comtesse Jeanne de Penthièvre mariée au neveu du roi de France, Charles de Blois.
À l'issue de la guerre, une forme tempérée de la loi salique est introduite en Bretagne.
* 1351 : Combat des Trente.
* 1352 : les États de Bretagne, qui constitueront le Parlement de Bretagne, sont mis en place.
* 29 septembre 1364 : Bataille d'Auray : victoire de Jean IV et de la maison de Montfort qui était le parti breton opposé au candidat (Charles de Blois) du roi de France. La Paix est conclue par le premier traité de Guérande le 12 avril 1365 et l'abdication de la duchesse Jeanne.
* 1373 : Abandonné par sa noblesse, Jean IV repart en exil en Angleterre. Le roi de France Charles V nomme son frère le duc d'Anjou (époux d'une fille de Jeanne de Penthièvre et Charles de Blois) lieutenant-général en Bretagne.
* 1378 : Le roi de France tente d'annexer la Bretagne, ce qui provoque le rappel par les Bretons (y compris Jeanne de Penthièvre ) de Jean IV-
la duchesse Jeanne
Même l'opposante de Jean IV, Jeanne de Penthièvre déclarera: ...car le duché n'était point tenu en fief, mais était libre principauté sans autre obligation qu'un hommage d'alliance" Le second traité de Guérande (15 janvier 1381) règle la neutralité bretonne dans le conflit anglo-français.
Moyen Âge final
Durant cette période, les Ducs bretons sont de fait indépendants comme le prouvent leurs relations avec le Vatican par exemple.
en 1418, le pape Martin V qui appelle Jean V à protéger le clergé breton puisqu'il tient son pouvoir de la largesse divine comme tout roi et prince (sicut omnis rex et princeps25. En 1452 le pape autorise le Duc a choisir lui-même les candidats aptes à occuper les cinq principaux sièges épiscopaux de la péninsule.
Les Ducs de Bretagne ne prêtent pas l'hommage lige au roi de France car "le duché ne le doit pas"
- 12 février-4 juillet 1420 : Attentat de Champtoceaux, le duc Jean V est enlevé par le comte de Penthièvre, fils de Jeanne de Penthièvre. Jeanne de France, duchesse de Bretagne, assiège les places rebelles et fait libérer son mari qui confisque le biens des Penthièvre.
- 1464 : Parution du Catholicon breton, dictionnaire breton-latin-français de Jehan Lagadeuc qui est le premier dictionnaire trilingue du monde, le premier dictionnaire breton et le premier dictionnaire français de cette envergure.
- 1465 : François II participe à la ligue du Bien public, alliance avec les États bourguignons, le duc Charles de Normandie, le duc d'Alençon et le comte d'Armagnac contre le roi de France Louis XI, sans succès (traité de Caen). 1485-1488 : Guerre folle ; le duc de Bretagne participe à une rébellion contre le pouvoir royal, pendant la régence d’Anne de Beaujeu
En 1487, l'armée française achève la soumission du royaume et pénètre en Bretagne. Les places de Chateaubriant, Vitré, Ancenis et Clisson s’ouvrent à elle. L'armée française atteint Vannes : elle est forte de 12 000 hommes. Ploërmel, qui résiste, est prise et mise à sac. L’armée royale échoue au siège de Nantes : la garnison et la population, aidées par des volontaires cornouaillais conduits par le marchand Michel Marion, rennais et guérandais, appuyés par des mercenaires anglais, allemands et hollandais, brisent le blocus. L’armée française doit évacuer la Cornouaille où les paysans se soulèvent. Le baron de Rieux rallie le camp du duc et Vannes est libérée en mars 1488
La guerre reprend, et le 28 juillet 1488, a lieu la bataille de Saint-Aubin du Cormier. L’armée française, forte de ses mercenaires suisses et d'une artillerie actionnée par des spécialistes italiens et suisses, prend villes et châteaux. Après la prise de Fougères, la bataille de Saint-Aubin du Cormier oppose l'armée du duc de Bretagne, de 11 500 hommes, à l’armée française de 15 000 hommes. La victoire royale est décisive.
Août 1488 : François II doit accepter le traité du Verger, signé le 19 août 1488. Le duc s’engage à éloigner du duché les princes et tous les étrangers qui s’étaient mêlés de la guerre contre le roi de France ; il ne mariera pas ses filles sans l'avis et l'agrément du roi de France ; Saint Malo, Fougères, Dinan et Saint-Aubin sont remis en garantie au roi dont les droits sur la succession ducale sont réservés pour le cas où le duc décèderait sans enfant mâle.
septembre 1488 : le duc François II meurt d’une chute de cheval. En dépit de trente ans de politique d’indépendance, le règne de François II aboutit à un échec. L'armée bretonne était affaiblie par le double jeu de plusieurs de ses chefs, notamment aux frontières. La bourgeoisie bien qu’active, l'administration, bien que correctement organisée, ne pouvaient dégager suffisamment de moyens pour contrer une France plus forte
L'historien américain Eugen Weber pointe en ces termes les conséquences de l'annexion de facto de l'État breton : « Après l’union forcée avec la France, les villes bretonnes furent envahies par des Français qui écrasèrent ou même remplacèrent les commerçants locaux, francisèrent les gens qu’ils employaient ou touchaient d’une autre façon. Les ports du roi comme Lorient ou Brest, étaient des villes de garnison en territoire étranger et le terme de colonie était fréquemment employé pour les décrire29 ».
1490 : Anne se marie par procuration avec Maximilien d'Autriche, ce qui provoque une nouvelle guerre avec le roi de France. Charles VIII fait reconnaître la nullité de ce mariage conformément au traité de 1488, et épouse Anne en 1491 &
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