Le langage usuel

 

Les épousailles : le mariage.

Un bellâtre : jeune noble de "bonne mise" et "bien de sa personne : avec toutefois une connotation péjorative, qui sous entend qu'il est aussi bête et vaniteux qu'il est beau !

La langueur : la langueur qualifiait la mélancolie la tristesse : bref, la déprime, (il est à noté en outre, qu'en psychiatrie moderne, le terme de mélancolie, qualifie une des formes les plus graves de la dépression).

La disgrâce : la première signification de ce mot, (tomber en disgrâce), veut dire qu'un vassal perd la confiance de son suzerain, et généralement tous les avantages concrets et matériels qui vont avec : fiefs, cadeaux, droits de guerre etc : cela peut aller même jusqu'au bannissement de la personne disgraciée, (exil imposé). La seconde signification de ce terme est liée à la laideur ou à la malformation physique : ex : "sa bonté d'âme n'avait hélas comme égal, que la disgrâce de ses traits". Autre exemple : "quel disgracieux personnage !"

Le pal : instrument de torture : pieux épointé servant à transpercer tout vif un individu par l'anus, et à le livre à une mort lente et terrible.

L'innocence : en général, ce qui de tout temps à caractérisé et caractérise encore de nos jours l'innocence, c'est le caractère de non culpabilité d'une personne, par rapport à tel ou tel acte répréhensible. Au moyen âge ce caractère était très élargi : par expansion l'innocence était souvent synonyme de pureté absolue : tant mental et morale, que charnelle. Mentalement par exemple, une personne était définie comme innocente quand elle n'avait plus toute sa tête, ("Laissez le aller en paix, vous voyez bien que c'est un innocent"). Moralement, l'innocence était liée au jeune age, (" il avait l'innocence de sa jeunesse et ne songeait point à mal"). Charnellement l'innocence était directement, chez la femme, liée à la virginité et directement rattachée au dogme religieux du pêché originel.

Une merveille : contrairement à la signification actuelle, une merveille signifiait Quelque chose de surnaturel et surtout, foncièrement maléfique et mauvais. Un épisode des aventure du roi Arthur, met en scène le château des merveilles, château quasiment hanté, où les tentures s'enflamment toutes seules, ou les murs saignent, et où des épées meurtrières surgissent du toit de lit.

 

 Les sentiments et les actions.

Toiser : regarder quelqu'un avec insistance en le jaugeant et en le "mesurant", (la mesure reste là bien sur, au second degré : toutefois, il n'y à pas de hasard : toiser vient du mot toise, qui je le rappelle, est une unité de mesure).

Conter : dire un conte ou un histoire.

Bailler : rapporter un propos à quelqu'un, raconter quelque chose.

Mander : demander, ("Seigneur, le roi vous mande"), faire parvenir, ("mander moi de ses nouvelles")

Aller quérir ou faire quérir : aller chercher ou faire chercher.

Embrocher : mettre à la broche : terme employer aussi bien en cuisine qu'au combat !

Empaler : mettre au pal

Ouïr : entendre.

Etre quiet : inverse d'inquiet : être habiter par la quiétude, être serein.

Se cailler les sangs : s'inquiéter, avoir peur.

Etre ébaubi : être surpris.

S'esbaudir : s'exclamer, rire.

Se gausser : se moquer.

Sauvegarder : préserver, sauver, défendre.

Le courroux : la colère.

Gaillard : fort.

S'engaillardir prendre des forces, devenir fort.

S'en regaillardir : reprendre des forces, se remettre, (d'une émotion ou d'une maladie par exemple).

S'enhardir : littéralement prendre de la hardiesse : communément, agir en reprenant courage et confiance en soi : soit après avoir été encouragé par le résultat positif de tel ou tel événement, soit en prenant sur soi en s'appuyant sur ses propres valeurs fondatrices ou sur un espoir.

Question : torture.

Questionner : torturer.

S'ensauver : fuir, partir.

Enrager : être en rage : être furieux.

Heurter : même sens que de nos jours. Au moyen âge, et jusqu'au XIX e siècle, les portes étaient munis d'un heurtoir de fer ou de bronze pour frapper à la porte.

Octroyer : donner, faire cadeau, "faire l'octroie", ou faire octroie.

Espier : épier : surveiller clandestinement à l'insu de la personne.

Rober : voler, (robeur : voleur). Ce terme se transformera plus tard pour donner le mot dérober, que tout le monde connaît.

 Etre sur ses gardes : à l'origine, ce terme était employé littéralement : c'est à dire mettre ses hommes de garde en alerte lorsque l'on suspectait une éventuelle attaque, et pouvoir compter sur eux le moment venu. Bien sur, être sur ses gardes signifie être en alerte, se méfier, être prudent.

Festoyer : faire un festin.

 

Expressions usuelles

Ferrir : manier l'épée, (le fer).

Sans coup ferrir : littéralement signifie " sans donner des coups de fer", c'est à dire sans avoir besoin de combattre : ex : "il s'était rendu maître de la situation sans coup ferrir".

Brisons là : signifie "cela suffit". Etait employé pour mettre un terme à une discussion et à une relation généralement toutes deux conflictuelles. Ce terme précédait également souvent, l'intention de trancher un débat contradictoire, par une prise de décision autoritaire.

Il suffit, (ou cela suffit) : même signification que "brisons là".

Peu me chaut : "je m'en moque", ou bien "peu m'importe" ,(également lui même beaucoup employé)

Oui da (XIe siècle et après) : "oui bien sur" : ce terme sera plus tard remplacer par certes, (certainement).

Nenni : "non"

Que nenni : "que non".

Point : "pas".

Non point : "certainement pas"

Guère : "peu" : ex: "il n'était guère solide".

Clémence : attitude généreuse face à une situation sanctionnable : absence totale de sanctions, ou forte diminution de ces dernières,("être clément").

Si fait et assurément : synonymes de certes.

Charitable : faire preuve de charité.

Pieux : faire preuve de piété, (esprit religieux).

Preux : brave et courageux

Vaillance : qualifie autant la force d'âme et le courage, ("il fit preuve d'une vaillance sans pareil"), que l'état de force et de forme physique, ("il chancelait sur ses jambes et n'était encore guère vaillant").

Aller au diable : aller se faire voir !

Belliqueux : être belliqueux : avoir l'esprit guerrier et vindicatif.

Etre marri : être peiné.

Etre défait : ". Ce terme à pour origine le mot défaite : il peu donc s'appliquer à une défaite physique, (être défait au combat), qu'à une défaite morale: ex : "il avait le visage défait et portait le poids de sa faute" ou même simplement signifier être bouleversé ex "son visage était défait et portait les stigmates des épreuves traversées".

 Suppôt de Satan : serviteur du Diable.

Affront : acte méprisant de mésestime de l'autre : La moquerie particulièrement, était jugée comme le pire des affronts, et considérée comme méritant la mort immédiate, cependant, au moyen âge, l'affront avait un sens très large, et pouvait recouvrir beaucoup de choses, (à tort ou à raison). Synonyme d'outrage.

Subir un camouflet : subir un affront, souvent conjuguer en outre, avec le fait de subir un échec.

Rendre raison : (fin du moyen âge, début renaissance et après), est employé pour dépeindre la volonté de se venger ex : "c'est un affront ! vous m'en rendrez raison" : d'une façon plus moderne cela signifie, "vous allez me le payer !" Toutefois, même si cette expression traduit la volonté de vengeance, elle garde malgré tout une connotation de justice, ("se" faire justice !): en quelque sorte, comme un retour de bâton qui ne serait qu'un juste retour des choses.

Rendre gorge : employé du XIIe au XIVe siècle, (environs) : même signification que rendre raison : bien que cette fois dans ce terme ci, la vengeance soit seule exprimée et totalement omniprésente : avec même une connotation de vengeance sans merci et sans quartier.

Débonnaire : inspirer une certaine joie de vivre naturelle, être accueillant et paisible et surtout avoir la capacité à rester soit même, (ce qui au moyen âge, n'était pas toujours facile !). Ce terme contient une connotation de gentillesse et de tolérance.

Bel : était utilisé comme singulier de beaux, et s'employait au masculin : exemple "voilà du bel ouvrage", autre exemple : "en un lieu mystérieux et à l'insu de tous, elle allait voir son bel", (son amoureux).

Grand : au moyen âge, l'adjectif grand qualifiait indifféremment, un terme masculin comme un terme féminin : ex : "la grand messe", ou la "grand foire".

La courtoisie : aux origines c'était l'exercice de l'amour courtois, un amour mythique plongeant ses racines dans l'épopée Arthurienne et les romans de la table ronde, qui au moyen âge faisaient figure de Best-Sellers et inspiraient toute la chevalerie européenne. Bien entendu la réalité n'avait qu'un très lointain rapport avec cette littérature, néanmoins il en restait malgré tout, un esprit général qui faisait que la grande majorité des chevaliers accordait respect dévouement et marques de déférence et de politesse à toutes nobles et Gentes Dames, même les plus inconnues. Par extension au fil des siècles, ces marques extérieures furent généralisées et systématisées pour fonder une de nos règles de savoir vivre en vigueur jusqu'au début du XXe siècle, et telle que nos grand parents ou nos arrières grand parents l'on connue : être courtois, c'est être poli et respectueux.

L'amour courtois : c'est un amour idéal, philosophique, spirituel et platonique,(du moins dans sa définition !), qui pousse le chevalier à se surpasser en permanence et dans tous les domaines pour l'amour d'une noble Dames.- C'est en fait la recherche de la perfection par amour pour l'autre, mais au delà de ça, c'est l'idéal chrétien qui est transposé et promu à travers l'amour courtois et les romans de la table ronde, car qu'est ce qu'un amour platonique sinon l'amour de l'âme sans "le péché" de chair, et partant donc, l'amour qui vient de Dieu, et ce, par l'intermédiaire du dogme religieux, (d'autant que la notion de virginité du corps est directement rattachée à l'image de la vierge Marie !). C'est également la recherche de dieu lui même, car du point de vue de l'église, la perfection ne peut être que divine, et par conséquent, sa recherche par l'homme ne peut conduire qu'à Dieu. Dans l'épopée magique du cycle Arthurien, derrière la beauté romantique de l'idéal courtois et le formidable roman d'aventure, se cache en fait le plus puissant, le plus manipulatoire, et le plus intelligent des outils de propagande que l'église ait fabriqué !!

 Quête : démarche de l'esprit servant un projet à forte charge symbolique, et visant à son aboutissement : amour, vengeance, recherche de Dieu ou du sacré, amitié, pouvoir, ascension sociale etc… En premier lieu la quête se caractérise par sa durée : de fait, il s'agit toujours d'un projet qui ne peut voir le jour que sur le long terme, ensuite la quête s'appuie toujours sur un support matériel : voyage, combat, aventure, mariage, acquisitions etc… Enfin la quête se singularise surtout par une succession d'épreuves, le plus souvent à caractère initiatique : c'est à dire que celui qui poursuit une quête s'en trouve transformé, et quand celle ci arrive à son terme, (avec ou sans succès), il est le plus souvent devenu quelqu'un de différent de ce qu'il était auparavant. La plus célèbre des quêtes reste bien entendu la recherche du Graal, mais il en existe d'autres : notamment toutes celles liées à l'amour courtois, ou encore le trésor des templiers ou la recherche alchimique. Si la quête à trouvé ses lettres de noblesse au moyen âge, elle reste cependant intemporelle, car elle peut concerner n'importe qui, à n'importe quelle époque, et pour n'importe quel motif.

Pâmoison :tomber en pâmoison : se pâmer. Définition du dictionnaire : "évanouissement syncope. "Se pâmer de" : sembler défaillir sous l'emprise de tel ou tel sentiment : ex se pâmer d'effroi." La seconde partie de la définition semble relativement plus proche de l'emploi réel de ce terme : En fait cette expression était employée presque exclusivement pour les femmes, et qualifiait généralement l'expression particulière d'un sentiment amoureux, où l'émotion était si grande, que la jeune femme concernée ne pouvait qu'être au bord de la défaillance et tomber en pâmoison, (ou parfois, faire semblant de l'être !) . Il faut dire que pour une femme du moyen âge, (et même après), les choses de l'amour étaient tellement tabous et culpabilisées par l'église, (surtout pour les femmes de la noblesse), qu'un simple mot d'amour, qui à nous nous semblerait banal, pouvait prendre à cette époque, une valeur érotique telle, qu'il pouvait aisément conduire une Gente Dame dans un tel état !

 

 Les métiers des armes.

L'écuyer : au service personnel du chevalier : à la fois serviteur et homme de confiance, l'écuyer seconde et sert du mieux qu'il peut son Seigneur, et ce, dans tous les domaines : le combat, mais aussi la vie quotidienne : organisation, entretient du matériel en général et du matériel de combat, et en particulier, responsabilité des chevaux du chevalier, (soins, nourriture, entraînement) : soit directement, soit par l'intermédiaire du palefrenier et du garçon d'écurie, (du moins pour les soins et l'alimentation). L'écuyer suit son Seigneur partout et en toute circonstance : à la bataille comme en pèlerinage et à la taverne comme à l'église : c'est le garde du corps N° 1 du chevalier,( "garde corps"). Le statut d'écuyer se situe bien au dessus du simple soldat et à plusieurs niveaux: C'est d'abord un rang et non pas un grade : rang d'honneur qui place automatiquement l'écuyer en position de pouvoir aspirer à la chevalerie et de pouvoir y accéder par la suite : l'écuyer est donc déjà, potentiellement presque un noble, (si il ne l'est pas déjà !) : rang que ne pourra jamais avoir un simple soldat. On dit alors qu'il est "jeune", c'est le terme employé pour signifié qu'un écuyer à atteint la valeur nécessaire pour devenir chevalier, mais qu'il ne l'est pas encore. Il arrivait parfois qu'un écuyer reste "jeune" toute sa vie et qu'il ne soit jamais chevalier, si toutefois, telle était la volonté du Seigneur qu'il servait, (ainsi pouvait on rester jeune assez vieux !)… Il s'agissait aussi d' un rang hiérarchique : cette hiérarchie pouvait s'exercer de deux façon différentes. En règle générale, lorsque le chevalier ne possédait que quelques compagnons, le lien unissant l'écuyer aux autres soldats, était d'avantage celui d'un frère d'arme que celui d'un supérieur : encore que chacun restait cependant, toujours à la place qui était la sienne : c'est à dire que si l'écuyer donnait une consigne à un soldat il était obéit sans discussion, mais néanmoins, au travers d'une relation amicale, de proximité et de respect mutuel. Au contraire, plus le Seigneur était grand et sa troupe importante, plus l'écuyer avait un statut distancié, hiérarchique, fort et formel, relevant autant d'un grade que d'un rang.

Maître d'arme : homme expérimenté spécialisé dans le maniement et l'enseignement des armes de combat : il enseigne également aux futurs chevaliers l'art de l'équitation : tant au quotidien, que dans le combat équestre.

L'archer : homme d'arme se servant d'un arc. L'archer français se sert d'un petit arc court redoutable en tir tendu à courte distance. L'archer anglais, soldat d'élite sur-entraîné, se sert d'un arc long en bois d'if appelé "long Bown", et extrêmement meurtrier sur des tirs paraboliques, (courbes), à longue distance.

L'arbalétrier : homme d'arme se servant d'un arbalète : arme capable de percer une armure à 150m grâce à un carreau atteignant la vitesse de 250 km/H. Les génois étaient des arbalétriers réputés et redoutables : ils étaient la seule réponse véritable au fléau de l'archerie Anglaise : du moins utilisés à bon escient, car le tir rapproché de l'arbalète et sa faible cadence, impliquait une utilisation stratégique intelligente et au moins sur quatre rangs minimum de décoche.

 Soldat : homme d'arme "soldé" et qui donc, percevait une solde. Le soldat appartenait toute sa vie à la même maison et au même Seigneur.

Routier : le routier était à la fois un homme de guerre de métier ainsi qu'un brigand endurci. C'était un mercenaire qui proposait ses services et son bras, au plus offrant : soit de façon personnelle et indépendante, soit dans le cadre d'une troupe dont il faisait partie,(la compagnie). Le routier avait exactement le même rapport à la loi et au butin que les flibustiers du 18e siècle. Soit, (à l'exemple des pirates), le routier combattait et brigandait pour son propre compte, soit pour un Seigneur de plus ou moins haut rang et plus ou moins fortuné,(à l'exemple des corsaires) : à la grosse différence, que même pour son propre compte, le routier lui, n'était jamais considérer comme un hors la loi, mais comme un guerrier à part entière, et ce, avec toute la place et le statut social correspondant. Néanmoins, il est arrivé souvent pendant la guerre de cent ans que certaines grandes compagnies Anglaise échappent totalement au contrôle de leurs chefs :voir au pouvoir Royal lui même !

Le droit de pillage : chez le soldat le pillage était quasiment un droit coutumier et une compensation. C'était un "plus" qui lui était accordé par le Seigneur dont il dépendait. Cependant le Seigneur étant seul maître, il pouvait parfois, dans certaines circonstances, interdire totalement le pillage à ses hommes. Toutefois, C'était assez rare, car le seigneur savait que ce faisant, il prenait le risque d'être impopulaire auprès de sa troupe, avec toutes les perturbations, qui le cas échéant, pouvaient en découler : rixes, rébellion, baisse de motivation et contre performance au combat… Chez le routier au contraire, le droit de pillage faisait partie d'un engagement contractuel "de la part de l'employeur !" En effet un contrat écrit en bonne et due forme, était contracté entre les deux partis, déclinant très précisément en cas de victoire, la nature exacte du pillage, le pourcentage respectif du partage du butin, ainsi que les droits particuliers : comme celui par exemple, de "disposer à merci, des femmes et des pucelles". Les prises d'otages et de demande de rançon étant une pratique courante, le droit de tuer était de ce fait, particulièrement et sévèrement réglementé. La mort, ou le mauvais état d'un otage de haut rang étant considérée comme une perte sèche par le commanditaire, en cas de non respect des règles instituées, la compagnie concernée pouvait être sanctionnée et se voir infligé des sortes de pénalités qui lui étaient directement défalquées de sa part de butin.

Engineur : l'engineur est un artisan spécialisé dans la conception et la réalisation des engins de siège. Par la suite son nom donnera naissance au mot "ingénieur".

Sapeur : à la fois mineur et charpentier, le sapeur est un ouvrier très qualifié, ayant une grande connaissance des constructions, de la résistance des matériaux, ainsi qu'une certaine expérience en géo-physique appliquée. Lors d'un siège d'un château ennemi, son travail consiste à creuser une galerie sous la forteresse afin de parvenir sous les fondations du Donjon ennemi. Là, un grand feu est alors allumé. Sous l'effet de la chaleur la pierre éclate et le Donjon s'effondre.

 Le coutilleux : homme d'arme usant d'un "coutil" : couteau très effilé à large lame plate et triangulaire, de 40 cm environ…. Afin de faire tomber les Chevaliers ennemis de leur monture, le coutilleux était spécialisé dans le tranchage des jarrets des chevaux.

L'entraînement : un chevalier du XIIe siècle s'entraînait 6 à 8 H par jour, (équitation, course à pied et combat) : c'était un athlète complet d'un poids moyen et d'une taille moyenne d'environ 75 à 80kg pour environ 1,60m. Le chevalier du XIIe siècle était donc petit mais costaud ! En contact constant avec la nature, (chasse, natation), la plupart des chevaliers étaient en très bonne santé et en excellente forme, d'autant qu'il mangeaient plus sainement et respiraient un air plus pur et d'avantage chargé en oxygène que de nos jours. Les chevaliers formaient l'élite guerrière de l'époque médiévale. Il est intéressant de noter également qu'un archer anglais s'entraînait lui, 4 à 6 H par jour et qu'il était capable de décocher un nombre incroyable de flèche à la minute !(ce qui explique beaucoup de nos défaites !). A l'époque de la guerre de cent ans le roi d'Angleterre, très bon archer lui même, prenant conscience de l'engouement du peuple pour cette discipline, avait promu le tir à l'arc au niveau d'un sport national, et encourageait chaque Anglais à posséder son arc personnel : d'ailleurs de très nombreuses compétitions de tir à l'arc avaient lieu chaque année.

Les croisades : dans beaucoup de domaine, et notamment dans celui du métier des armes, le monde arabe apporta beaucoup de connaissance à l'Europe occidentale et médiévale…Si le haut moyen âge arabe fut le phare culturel de l'occident grâce à l'avènement de l'écriture et du livre, les XIIe et XIIIe siècles furent celui de la science et des techniques…Saladin, souverain et chef suprême des armées Sarasines, avaient à son service, non seulement les plus grands scientifiques militaires de l'époque : experts en balistique, chimistes etc, mais également des engineurs et des sapeurs très compétents, ainsi que les meilleurs artisans qu'il soit : forgeron cordier etc.

 

L'équipement du chevalier des XIIIet XIVe siècle, (le harnois)

Les sous vêtements :

La cale : coiffe de tête

La chemise : contrairement à la chemise du vilain qui était de toile grossière, celle du chevalier était faite dans une fine toile de lin.

Les chausses :sorte de bas de coton, étaient réservés au personnes de rang, (chevaliers Seigneurs etc), ou de fortune, (bourgeois ou notables).

Les pièces de protection :

Le gambison : gilet de toile matelassé. Le gambison se passait sur la chemise, (il se trouvait donc sous la cote de maille).

Le camaille : cagoule de maille, (par dessus la cale), tombant sur les épaules,

Le haubert : cotte de maille longue, qui ors mis la tête, habillait tout le corps. Le haubert s'enfilait par dessus le gambison. A la fin du XIe siècle et au tout début du XIIe, le camaille n'existait pas : le chevalier portait donc le grand haubert : celui ci le recouvrait complètement de la tête aux pieds. Parfois à la place du haubert, et toujours accompagné du camaille, certain chevaliers passaient un haubergeon. L'haubergeon était un haubert à manches courtes. A l'origine fabriqué spécifiquement pour les archers, il n'était pas rare qu'il soit porté par le chevalier, car l'haubergeon était plus pratique, et surtout plus léger.

La cote d'arme : la cote d'arme se portait par dessus le haubert.

Le baudrier : ceinture de cuir comprenant le fourreau d'épée et le fourreau de dague.

L'épée : il s'agissait dune épée à une main

La dague : souvent confondue avec le poignard, la dague était une épée en modèle réduit : à lame courte et généralement étroite, mesurant entre 40 et 60 cm suivant les modèles.

L'écu : petit bouclier triangulaire

 

Epées et boucliers.

Les épées : Contrairement à ce que l'on voyait dans certains films des années 50, jusque dans le milieu du XIIe siècle environ, les simples hommes d'arme ne portaient pas l'épée : d'une part parce qu'ils n'en avaient pas le droit, car l'épée était le privilège exclusif du chevalier : son arme attitrée et la preuve de sa chevalerie, et d'autre part, parce que les épées coûtaient chers. A cette époque précise, l'homme d'arme portait soit, un bouclier accompagné d'une arme d'assaut, (hache, masse etc..), soit une dague et un bouclier, soit enfin une arme d'Hast. Cependant la normalisation progressive et catégorielle du soldat, l'accroissement permanent des troupes armées, l'évolution constante de l'armement militaire, offensif et défensif, ainsi que les croisades changèrent rapidement la donne. Dans la seconde moitié du XIIe siècle, (approximativement), progressivement le simple soldat commença à ceindre l'épée. L'épée est une arme blanche dite "de taille", d'ailleurs les points d'attaque portés à la base du cou, (entre le cou et l'épaule), se nomment des "taillants", et sont portés de haut en bas. Contrairement aux épées "d'estoc", (extrémité de la lame), de la renaissance, élégantes et effilées, qui elles transperçaient l'adversaire de la pointe de l'épée, le fer de l'épée de taille était large et servait sauf exception, presque exclusivement à porter les coups avec le tranchant de la lame. En fait l'épée de taille broyait et arrachait davantage quelle ne tranchait : néanmoins le fil en était toujours bien aiguisé tout de même, et faisait l'objet de toute l'attention du Chevalier.

 Il existe trois grandes familles d'épées :

- l'épée à une main, appelée "cadette" en Espagne, (cadetta),et appelée communément en France, "petite" et parfois même, "jouvencelle".

- l'épée à deux mains, ou épée d'arçon, ou encore brand, (car on la brandissait).

- l'épée à une main et demie, dite bâtarde : la bâtarde est de poids et de taille intermédiaires entre la petite et le brand, (d'où son nom).

Epoque et usage :

La petite : c'est l'arme privilégiée du Chevalier. L'épée à une main est l'épée de tous les jours : à l'exception de l'office, le Chevalier la porte en toute circonstance. Au combat elle est presque toujours utilisée avec un bouclier. Légère courte et maniable, c'est une arme idéale en terrain couvert, ou pour monter à l'échelle. Elle apparaît dès le Ve siècle, et perdurera jusque vers la fin du XIVe.

Le brand : (XIVe,XVe),elle était aussi appelée épée d'arçon , car elle se fixait à l'arçon de la selle. Son poids et sa grande taille en interdisait l'usage en espace clos, (couloir de château), ou couvert, (forêt etc..). Le brand était une épée principalement équestre : son poids favorisait les grands coups portés à une main de haut en bas, ainsi que de grands moulinets destructeurs lorsque le cheval était lancé au grand galop : ce qui donnait alors un résultat à peu près similaire au pales d'une machine agricole, ravageant tout sur son passage !(du moins tant que le rythme de frappe était conservé)… Cependant, le brand pouvait être utilisé en d'autres circonstances : à outrance lors d'un duel de justice, ou encore, par exemple, en terrain découvert lors d'une grande bataille en plaine. Dans ce dernier cas, le chevalier la gardait comme arme de réserve transporté par un roncin avec le reste de son armement : l'écuyer tenant la monture par la bride, prêt à donner à tout moment, l'arme demandée par son chevalier.

La bâtarde : avec l'avènement de l'armure de plate à la seconde moitié du XIVe siècle et pendant tout le XVe, le bouclier devint inutile et finit par disparaître. De la même façon, la petite devint insuffisante face aux armures : c'est donc à ce moment précis qu'intervient la bâtarde, et quelle prend toute sa place. Epée restant maniable et redoutable en toute circonstance, la bâtarde, grâce à sa force de frappe et à son poids permet de fausser efficacement les armures et aussi, (malgré la protection des plates), de briser les membres : surtout les bras et les vertèbres de la base du cou. Le fait que la bâtarde pâlie à la fois à la légèreté de la petite, et à la trop grande taille du brand, fait d'elle en quelque sorte, l'épée idéale du XVe siècle. Dite à une main et demie elle s'utilisait généralement avec des gantelets.

Les boucliers : De très grand à son origine, (la taille du corps), le destin du bouclier va être de diminuer de taille aux fil des siècles, et ce, en fonction de l'évolution permanente des protections de corps : ceci, pour enfin, atteindre, avec la targe du XVe siècle, l'ultime "rétrécissement" ! (avant de disparaître complètement),la targe en effet ne mesurait que 25 cm de diamètre environs et était exclusivement un bouclier de poing, c'est à dire beaucoup plus intégré aux attaques qu'un bouclier défensif classique. Maniée uniquement du poignet, la targe était complètement coordonnée et intégrée aux mouvements de l'épée, (de taille et plus tard, d'estoc), et permettait des attaques globales et très élaborées…. Il existait selon les pays différentes formes de boucliers, (particulièrement en Espagne ou au Portugal), cependant il en existait trois catégories principales :

- les grands boucliers de guerre

- les rondaches

- les écus d'arme, (ainsi appelés car les "armes" du chevalier y figuraient).

Les grands boucliers : jusqu'à l'aube du XIIe siècle, il n'en existait en forme longue, qu'une seule sorte : le bouclier Normand en forme d'amande, (utilisé en outre, à la bataille d'Hasting)… A peu près vers le milieu du XIIe apparu le grand bouclier triangulaire en forme d'arche d'ogive inversée. De la taille d'un homme, (1,60 m environ),ces deux boucliers étaient d'une protection quasi parfaite, surtout contre les archers, d'autant qu'au temps de Guillaume le conquérant, l'archerie Anglaise n'avait pas encore atteint, (loin s'en faut), le niveau qu'elle eut par la suite. En outre, à cette époque les hommes d'arme ne portaient pas tous des cotes de maille, mais le plus souvent, de simples cuirasses de cuir renforcées, (la Broigne), d'ou l'intérêt de ces boucliers : cependant le gros inconvénient, c'est qu'ils étaient lourds et peu maniables.

Les rondaches : comme le nom l'indique les rondaches sont des boucliers ronds. Né à l'aube du moyen âge, vers le VIIIe siècle, le grand rondache de guerre, était un bouclier viking entièrement métallique : il fut très vite adopté par la suite, par beaucoup d'autres pays, et devint par excellence "le bouclier" de l'an 1000. Très efficace en plaine dans les combats en ligne, sa forme très bombée permettait en outre, de se débarrasser facilement d'un revers de bras d'un ou deux ennemies venant sur la gauche.

Le rondache commun : apparu à la même époque que le grand rondache nordique : le rondache, beaucoup plus plat et de taille beaucoup plus petite, pouvait être parfois en métal, mais aussi simplement en bois renforcé, (le plus souvent).Contrairement au grand rondache, il était léger et très maniable : particulièrement efficace pour les escarmouches ou les embuscades. Sa forme le rendant très pratique, il était aussi beaucoup utilisé pour monter à l'échelle à l'assaut d'un château ennemi. Même après l'apparition de l'écu, (en quelque sorte, la version triangulaire du rondache), le rondache continua longtemps à être privilégié pour les échellades, (même par les chevaliers). Pendant les croisades, le rondache fut le bouclier quasiment exclusif des armées Turcs et Sarasinnes

 Les écus d'armes : s'appuyant sur le même modèle que le grand bouclier triangulaire de guerre, l'écu n'en est en fait qu'une simple réduction : réduction de 1/5e entre 1200 et 1300,(soit environ 1,3 m) et réduction de 2/5e après 1300,(soit environ 1m). L'écu est le bouclier préféré et personnel du chevalier , c'est sur l'écu que celui ci va peindre ses armoiries, appelées également "armes". Les armes d'un chevalier sont à la fois un signe de reconnaissance et d'identification-Employé dans toute forme de combat, l'écu reste particulièrement utilisé pour la joute : véritable carte d'identité du Chevalier : lors de joute, les armes portées sur l'écu permettent l'identification, l'inscription, la désignation, la récompense ou l'éviction du chevalier de la compétition et des différentes épreuves.

Les heaumes et les casques.

Le Heaume : le heaume en règle générale, était surtout d'usage équestre. Bien que les heaumes pouvaient être de formes diverses, jusqu'à la fin du XIIIe, il n'en existait toutefois, à peu près qu'une seule sorte : le grand heaume : il était fait d'une seule pièce cylindrique percée de trous pour la respiration. Au XIVe siècle, apparu le bec de passereau, forgé de deux pièces et reconnaissable à sa face pointu en forme de bec d'oiseau, et articulé en visière, (ce dernier heaume était d'avantage utilisé par les Français). Par la suite, progressivement , le heaume fut remplacé par le bassinet à visière, judicieux compromis entre le heaume et le casque, et surtout beaucoup plus pratique et léger.

Les casques : l'usage du casque remonte à l'antiquité : de cette époque deux grandes tendances ont perduré dans le temps : d'une part le casque rond semi sphèrique , et d'autre part le casque conique : forme que l'on va retrouver pendant presque tout le moyen âge, (au moins jusqu'au milieu du XIVesiècle).

La cervellière pour sa part, fait partie de la première catégorie. C'est une simple calotte de métal, qui comme son nom l'indique est destinée à protéger la cervelle! Elle peut être avec ou sans nasal : le nasal étant une pièce métallique longue et étroite, plate ou en cornière, destinée à protéger le nez. Le chapel de fer, (chapeau de fer) : le chapel de fer, très pratique pour dévier les coups d'épée au visage, est en fait une cervellière à large bord. 

 Le casque normand à nasal : ce casque fait partie des casques coniques. A la base sa forme particulière revenant légèrement sur le devant , un peu à la manière d'un bonnet Phrygien, souligne indubitablement son origine celte. Par la suite ce casque évoluera et perdra cette particularité pour, finir par prendre totalement la forme d'une arche d'ogive. Par la suite , au XVe, le casque conique disparaîtra complètement au profit, d'une version améliorée des casque semi sphèriques : c'est à dire des casques plus ou moins arrondis sur le dessus , mais descendant cette fois en protection sur la base du cou, et ce, avec une recherche de lignes et de forme, ainsi qu'un certain souci d'élégance, trahissant déjà la proche renaissance, (salade barbutte etc…).

 

Les armes d'assaut.

La masse : la masse est sans doute la plus ancienne des armes d'assaut : simple gourdin de bois à son origine, elle sera façonnée et renforcé par la suite de métal et de pointes meurtrières. Presque entièrement métallique vers le XIIIe siècle, elle fera place par la suite, au XIV, XV, et XVIe siècle à la masse à ailette, très connue -

Le goupillon : à mi chemin entre la masse et l'arme d'hast, le goupillon est une boule d'acier munie de pointes et emmanchée sur une hampe d'environs 2m.

Le fléau d'arme :c'est la version militaire et métallique du fléau de battage des paysans : du moins le fléau Français : les fléaux à boules, (lisses ou à pointes), étant pour leur part, d'avantage d'origine Anglo Saxonne et Germanique. Le fléau à trois boules munies de pointes appelé "Scorpion," reste lui, exclusivement d'origine Allemande. Arme commune le fléau était très prisé par les Anglais, mais peu utilisé par les hommes d'arme et les Chevalier de France, qui eux préféraient de loin l'usage de la masse.

La hache commune : petite hache à une main et à fer biseauté, elle était indifféremment utilisée à pied ou à cheval, et presque toujours accompagnée, à pied, d'un bouclier, (souvent un rondache).

La grande hache de guerre : grande hache à deux mains et à fer plat, qui de par sa taille était exclusivement utilisée par les piétons.

Le marteau d'arme : sorte, de synthèse entre le marteau de chaudronnerie et le piolet d'alpiniste, le marteau d'arme était composé d'un marteau à une extrémité et d'un pic acéré et recourbé à l'autre. Très efficace pour les attaques au visage, le marteau d'arme était également très pratique pour percer les cuirasses !

 

Couleurs blasons et héraldique.

Les couleurs : portant indifféremment plusieurs noms, l'usage toutefois, donnait cependant aux couleurs un patronyme relativement spécifique et différent selon l'endroit où elles étaient dépeintes : portées sur l'écu d'un chevalier les couleurs se nommaient "armes" : sur un arbre généalogique ou sur des lettres de noblesse, on parlait d'avantage d'armoiries, (d'ou le terme d'armorial : registre héraldique traitant des armoiries) : enfin, gravées dans la pierre au fronton d'un château ou d'un manoir, les couleurs devenaient alors Blason.

…. A la base les couleurs étaient strictement de simples couleurs vives recouvrant soit tout le bouclier, soit un motif géométrique simple, avec comme seule et unique raison d'être que de se reconnaître au combat : plus tard, (sans doute avec la résurgence de certaines anciennes pratiques claniques et tribales), on vit apparaître sur les boucliers certains motifs animaliers simples. Avec l'apparition de ces motifs, les couleurs passèrent brusquement, et de surcroît, d'un simple signe de reconnaissance individuel et collectif d'un groupe armé, à un signe d'identité individuel fortement chargé en signification et en symbole. Cette identité s'enrichira et se complexifiera tout au long du moyen âge, jusqu'à représenter totalement la personnalité du Seigneur, ainsi que son parcours familial, (descendance mariage etc..), tout en gardant ces deux composants de base : la géométrie et les motifs figuratifs, mais dans un système de codage, cette fois beaucoup plus complexe qu'à son origine : si complexe, que dépeindre des armes devint un vrai savoir, un art certain, et presque une véritable science que l'on nommera : l'héraldique. En joute, seul le héraut d'arme est habilité et autorisé à lire l'héraldique des différents écus…. Dans une même famille noble, les différences héraldiques entre le père, l'aîné, le cadet, le benjamin et même éventuellement l'enfant naturel, (le "bâtard"), étaient très précises et là encore, très codifiées, (il est à noter que le bâtard, terme hélas encore employé de nos jours, avait tout de même sa place héraldique au sein de la famille). Il est également à préciser que même les femmes avaient droit à un écu frappé à leurs armes : cet écu était soit ovale, soit en forme de losange : toutefois, si on retrouve ses formes sur les traités d'héraldique de l'époque ou sur d'autres documents, on n'a pas encore à ce jour, retrouvé d'écu de fer ou des restes d'écu de bois ayant pu avoir ces formes, 

Commentaires (1)

1. Emergency watch 20/02/2012

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